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À La Une - Revue De Presse

Plus "chef de guerre" que "président normal", Hollande se "sarkozyse"

Certains éditorialistes dénoncent l'"étouffoir fiscal" annoncé par le président français, d'autres les "élites du pays qui témoignent toujours de la même légèreté morale".

Lors d'une intervention télévisée le 9 septembre 2012, le président français François Hollande a annoncé un futur "agenda du redressement" sur deux ans. AFP PHOTO TF1

François Hollande a-t-il fait du Nicolas Sarkozy dimanche à la télévision ? Le président français a en tout cas troqué ses habits de président "normal" pour ceux de "chef de guerre", selon les éditorialistes qui y voient lundi une posture similaire à celle de son prédécesseur à l'Elysée.

 

Rejetant avec vigueur les critiques sur son inaction, François Hollande, à la popularité en chute, a annoncé dimanche un futur "agenda du redressement" sur deux ans - avec des hausses d'impôts - et promis une baisse du chômage d'ici un an, lors d'une intervention sur la chaîne de télévision privée TF1.

L'enjeu de cette intervention était pour François Hollande de convaincre qu'il est bien l'homme du "changement maintenant" - son slogan de campagne - et non celui de "l'immobilisme", comme l'en accusent la droite et la presse y compris de gauche.

 

Pour boucler le budget 2013 avec l'objectif de réduction des déficits publics à 3% du PIB pour respecter les engagements européens, le président a annoncé 20 milliards d'euros de hausses d'impôts l'an prochain, une augmentation sans précédent depuis 30 ans qui concerne pour moitié les ménages et pour moitié les entreprises. François Hollande a aussi assuré que sa promesse emblématique de campagne d'instaurer une taxe exceptionnelle de 75% sur les revenus dépassant 1 million d'euros ne souffrirait "pas d'exception". Il a toutefois précisé qu'elle serait limitée dans le temps, prenant place dans l"'agenda du redressement" sur deux ans qu'il se fixe.

 

Des propos qui ont trouvé une résonance particulière en pleine polémique autour de Bernard Arnault, selon plusieurs quotidiens nationaux.

 

La demande de nationalité belge du richissime patron de LVMH est "une honte, une lâcheté, une évasion morale" et une "raison de plus pour ne pas vider de sa substance la taxe à 75 %", martèle Jean-Emmanuel Ducoin dans L'Humanité. En tout cas, l'affaire Arnault "complique d'éventuelles concessions, concernant par exemple le projet de taxation à 75 % des plus hauts revenus", analyse Dominique Quinio dans La Croix. "Alors que se profilent -qu'importe les mots- rigueur, austérité et récession pour tous, les +élites+ du pays témoignent toujours de la même légèreté morale", dénonce pour sa part Nicolas Demorand dans Libération.

 

La une de Libération sur l'affaire Bernard Arnault.

 

 

Point de vue diamétralement opposé dans Le Figaro, où Paul-Henri du Limbert déplore que "François Hollande privilégie la fiscalité" : "redressement national? Il vaudrait mieux parler de redressement fiscal..." "Etouffoir fiscal", renchérit Jean-Francis Pécresse dans Les Echos.

 

 

"Déclarations martiales de chef de guerre contre la crise"


Mais c'est surtout le style Hollande qui a retenu l'attention des éditorialistes. Pour Francis Laffon (L'Alsace), "à la première personne du singulier - +je suis en première ligne+ - il a tenté de reprendre l'offensive".

"Menton relevé, mais gestes apaisants. Déclarations martiales de chef de guerre contre la crise, (...), mais ton de père de famille tranquille ou d'instituteur à l'ancienne", croque Christine Clerc (Le Télégramme).

Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace, l'a trouvé "tendu, hors du registre de la séduction". "Sérieux, presque austère, il a montré qu'il était le patron", relève, de son côté, Bertrand Meinnel du Courrier picard.

"Le président socialiste n'a pas promis de la sueur et des larmes face à une situation dont il ne cache pourtant plus la gravité. Il a seulement exhorté à l'effort", remarque Bruno Dive (Sud-Ouest), pour qui "on attendait Churchill et on a eu Schröder, ce qui n'est déjà pas si mal".

 

Mais c'est surtout à Nicolas Sarkozy qu'est comparé François Hollande tel qu'il est apparu sur TF1. Philippe Waucampt (Républicain lorrain) a retenu un "ton plus viril et décidé" visant à "démontrer qu'il y a un taulier à l'Elysée, pour parler comme son prédécesseur dans cette excellente maison".

"A son entrée en fonction, il avait pourtant promis : je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout. Nous avons compris hier soir que la promesse ne tient plus (...) Qu'on nous pardonne ce néologisme, M. Hollande se sarkozyse", observe Francis Brochet dans Le Progrès. Le voilà "condamné à l'hyperprésidence", juge également Patrice Carmouze dans L'Eclair des Pyrénées.

"Il parle de +combat+ et promet de +rendre des comptes+ devant les Français quitte à faire du Sarkozy bis", note aussi Yann Marec dans Le Midi libre. Un "Nicolas Sarkozy dont le style va-t-en-guerre pourrait bien s imposer à cet homme qui se voyait en président normal", prédit encore Philippe Marcacci (L'Est républicain).

 

Or dimanche soir, François Hollande a "eu le souci de ne surtout pas apparaître en président +normal+ dans une situation, celle de la France, qui ne l'est pas", abonde Ivan Drapeau (La Charente libre).

 

Pour mémoire

Mauvais bilan pour Hollande, trois mois et demi après son arrivée au pouvoir

 

François Hollande a-t-il fait du Nicolas Sarkozy dimanche à la télévision ? Le président français a en tout cas troqué ses habits de président "normal" pour ceux de "chef de guerre", selon les éditorialistes qui y voient lundi une posture similaire à celle de son prédécesseur à l'Elysée.
 
Rejetant avec vigueur les critiques sur son inaction, François Hollande, à la popularité en chute, a annoncé dimanche un futur "agenda du redressement" sur deux ans - avec des hausses d'impôts - et promis une baisse du chômage d'ici un an, lors d'une intervention sur la chaîne de télévision privée TF1.
L'enjeu de cette intervention était pour François Hollande de convaincre qu'il est bien l'homme du "changement maintenant" - son slogan de campagne - et non celui de "l'immobilisme", comme l'en accusent la droite et la presse y...
commentaires (1)

Chef de guerre ? mais il n'a même pas la carrure d'un président normal en paix ...! en moins...., que soit le chef de guerre, dans la guerre des boutons ..., avec sa nouvelle guillotine fiscale pour dépouiller les français...

M.V.

05 h 17, le 10 septembre 2012

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Commentaires (1)

  • Chef de guerre ? mais il n'a même pas la carrure d'un président normal en paix ...! en moins...., que soit le chef de guerre, dans la guerre des boutons ..., avec sa nouvelle guillotine fiscale pour dépouiller les français...

    M.V.

    05 h 17, le 10 septembre 2012

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