Les indicateurs montrent une croissance relativement modérée du secteur bancaire au deuxième trimestre.
Dans son rapport économique sur le deuxième trimestre, Bank Audi a souligné un ralentissement de l’activité. En effet, affectée par les incidents sécuritaires, et en sus des répercussions continues des troubles dans la région, l’économie réelle a perdu de l’élan au deuxième trimestre de cette année. La plupart des indicateurs du secteur réel indiquent que l’économie a connu un ralentissement, mais a tout de même réussi à éviter le piège de la récession ou des taux de croissance négatifs du PIB réel tout en maintenant les indicateurs de stabilité monétaire et financière.
En effet, la croissance de la facture d’importations, les conditions économiques mondiales difficiles et l’intensification de la crise dans les pays voisins ont contribué à élargir davantage le déficit de la balance commerciale qui a atteint de nouveaux records, mettant ainsi davantage de pression sur les comptes extérieurs. En fait, ce déficit a progressé de 22,6 % sur base annuelle en atteignant 8,7 milliards de dollars US au premier semestre de 2012, soit plus que la totalité des flux financiers à l’entrée, générant un déficit net de la balance des paiements de quelque 1 milliard de dollars US.
Selon le rapport économique, les conditions monétaires du premier semestre de 2012 ont été caractérisées par une expansion modérée de la masse monétaire, des conversions nettes en faveur de la livre libanaise et un niveau record des avoirs extérieurs de la Banque du Liban (BDL). D’autre part, l’inflation est demeurée contenue, affichant une moyenne de 5,1 % sur base annuelle au premier semestre. Favorisés par des conversions de dollars US en livres et une opération de swap d’un montant de 2 milliards de dollars US, ces avoirs de la BDL ont atteint un nouveau record de 35,2 milliards de dollars US en juin 2012 (excluant les réserves d’or), couvrant ainsi 85,5 % de la masse monétaire en livres et 19,3 mois d’importations durant ce même mois. Mais en incluant les réserves d’or, ces avoirs seront de 50 milliards de dollars, soit environ 2,5 fois la dette en devises. Même en considérant les réserves nettes plutôt que brutes de la BDL (incluant ces réserves d’or), de telles réserves dépassent le montant total de la dette en devises.
Quant au secteur bancaire, qui est à l’image de la macroéconomie, ses indicateurs ont connu une croissance relativement modérée depuis le début de l’année. L’actif total des banques opérant au Liban a progressé de 5,3 milliards de dollars US au premier semestre, soit 18,2 % de moins que la croissance enregistrée au cours de la période correspondante de 2011 et 15,1 % de moins que celle enregistrée en moyenne pendant les cinq dernières années. Les conditions d’exploitation continuent d’être difficiles avec des pressions sur les spreads et revenus hors intérêt, les profits nets relatifs aux opérations locales, avec la deuxième contraction de ces profits pour le secteur bancaire libanais de 3,9 % au cours des cinq premiers mois de 2012.
Un autre aspect positif de cette période est la ratification du budget 2012. Effectivement, le gouvernement a ratifié son projet de loi relatif au budget 2012 et l’a transféré au Parlement pour approbation, avec un déficit public de quelque 5 900 milliards de livres, soit 9,2 % du PIB du Liban, sans compter un nombre de dépenses supplémentaires qui ont été supprimées et estimées à non moins de 2 200 milliards de livres pour lesquelles le gouvernement s’efforce de trouver des sources de financement à travers des augmentations alternatives des recettes publiques. La ratification de ce projet de budget survient dans un contexte actuel mondial atypique où les investisseurs de par le monde captent les problèmes d’endettement et de déficits publics. La question d’éviter des dérives au niveau des finances publiques est une des priorités les plus importantes, malgré certaines conditions économiques et celles de marchés atypiques et propres au contexte libanais.
Alors que ce déficit public, qui pourrait augmenter potentiellement davantage, compte tenu des dépenses décidées hors budget, est indiscutablement élevé et doit être restreint, et un nombre de facteurs doit être pris en considération en abordant les finances publiques.
Quoique le Liban affiche des ratios d’endettement élevés, les dynamiques ont été en faveur du pays au cours des dernières années. Le ratio dette publique/PIB, qui était de 180 % en 2006, est actuellement de 135 %. Cette amélioration de ratio est survenue alors même que les ratios d’endettement de par le monde connaissent une détérioration nette, progressant en moyenne de 30 % pour les pays développés durant cette même période.
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