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À La Une - Révolte

L’opposition syrienne réunie au Caire pour « gommer » ses divisions

L’ASL boycotte la rencontre ; au moins 73 morts hier.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Turquie, de l’Irak et du Koweït étaient présents à la réunion du Caire, hier. Khaled Desouki/AFP

Des opposants syriens tentaient hier au Caire, sous l’égide de la Ligue arabe, d’élaborer une vision commune de l’après-Assad. Cette réunion, qui se déroule sur deux jours, « est une opportunité qu’il ne faut perdre en aucun cas », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, à son ouverture, en appelant l’opposition à s’unir. Nasser el-Qidwa, l’adjoint du médiateur international Kofi Annan, a également appelé l’opposition à s’unir. « Ce n’est pas un choix, mais une nécessité si l’opposition veut gagner la confiance de son peuple en Syrie », a-t-il ainsi estimé. Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Turquie, de l’Irak et du Koweït étaient également présents.
L’objectif est de « parvenir à une vision unifiée concernant la période de transition et l’avenir de la Syrie », avait indiqué Georges Sabra, porte-parole du Conseil national syrien (CNS). Cette coalition, la principale formation de l’opposition à l’étranger, participait à la réunion.
En revanche, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), force armée d’opposition principalement composée de soldats dissidents, ont annoncé leur intention de boycotter la rencontre, la qualifiant de « complot » et rejetant toute négociation avec le régime, selon un communiqué signé de l’ASL et de militants « indépendants ». Ils reprochent aux participants de « refuser l’idée d’une intervention militaire étrangère pour sauver le peuple » et « ignorer la question des zones tampons protégées par la communauté internationale, des corridors humanitaires, de l’embargo aérien et de l’armement des rebelles ».
Toujours sur le plan diplomatique, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a indiqué hier que la Russie et la Chine n’ont toujours pas répondu à l’invitation de participer à la réunion des Amis du peuple syrien qui se réunissent vendredi à Paris. Cette réunion « aura notamment pour objectif d’accroître la pression sur le régime syrien pour que soit appliqué le plan de Genève », d’après M. Valero. Samedi à Genève, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) mais aussi la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe s’étaient accordés sur les principes d’une transition en Syrie. L’accord n’avait pas satisfait l’opposition ni les membres du Groupe d’action qui ont divergé sur son interprétation, les États-Unis estimant qu’il ouvrait la voie à l’ère « post-Assad » tandis que la Russie et la Chine, alliées du président Assad, réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de choisir leur avenir. En attendant, les États-Unis ont jugé hier que le plan international adopté ce week-end à Genève offrait à l’opposition des « garanties en acier » pour que Bachar el-Assad ne participe jamais à un futur gouvernement, selon les termes de la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland.
Dans ce contexte, le Conseil des ministres saoudien a réclamé hier des mesures « décisives » pour mettre fin aux « massacres » perpétrés en Syrie par le régime du président Assad.
Sur le terrain, les violences ont fait hier 73 morts au moins, selon des militants. L’armée syrienne a aussi continué hier le bombardement des quartiers rebelles de Homs, où des médecins se voient forcés d’amputer des blessés en raison du manque d’aide médicale. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), plus d’un millier de familles sont bloquées et manquent de tout dans certains quartiers de la ville où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge syrien ont tenté à plusieurs reprises d’entrer, en vain.
De même, des hélicoptères de combat ont bombardé hier les faubourgs de Damas, notamment Douma, toujours selon des militants. L’opposition a signalé aussi hier d’intenses combats dans la province de Deir ez-Zor, où les rebelles ont détruit deux chars, et dans la région d’Alep. D’autres bombardements sont signalés dans la province de Deraa.

Défection
de 85 militaires
 Par ailleurs, de nombreux soldats syriens fuyant le conflit dans leur pays se sont réfugiés hier en Turquie, a affirmé l’agence semi-officielle turque Anatolie. Parmi les 85 militaires qui ont fait défection figurent un général, un colonel, un lieutenant-colonel et 18 autres officiers, déclare l’agence, citant les autorités locales.
Concernant l’avion turc abattu par la Syrie, la Russie détient des données positionnelles précises qui prouvent que l’avion avait violé l’espace aérien syrien, selon une source militaire russe citée hier par l’agence de presse Interfax. L’information n’a pas été confirmée officiellement à Moscou, mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait déclaré au cours du week-end que la Russie disposait d’informations sur la position de l’avion turc et qu’elle était disposée à partager ces données.

Graves violations des droits de l’homme
 Parallèlement, la haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Navi Pillay, a dénoncé hier de nouvelles violations « graves » des droits de l’homme de la part du gouvernement comme de l’opposition, qui s’en prennent notamment à des hôpitaux. Mme Pillay a aussi renouvelé son appel à porter le conflit syrien devant la Cour pénale internationale, « étant donné que je crois qu’il y a des indications de crimes contre l’humanité ». Elle a également déclaré hier que le gouvernement syrien et les insurgés reçoivent toujours plus d’armes, ce qui alimente les violences en Syrie. Elle n’a pas précisé l’origine des armes, mais la Russie et l’Iran figurent parmi les principaux fournisseurs d’armes du gouvernement syrien. Selon des diplomates onusiens, le Qatar et l’Arabie saoudite transfèrent pour leur part des armes aux rebelles.
Enfin, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé hier la communauté internationale à s’entendre sans délai pour mettre en œuvre une solution politique en Syrie, en réaffirmant qu’une intervention militaire de l’Alliance n’était pas envisagée.
(Sources : agences
et rédaction)
Des opposants syriens tentaient hier au Caire, sous l’égide de la Ligue arabe, d’élaborer une vision commune de l’après-Assad. Cette réunion, qui se déroule sur deux jours, « est une opportunité qu’il ne faut perdre en aucun cas », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, à son ouverture, en appelant l’opposition à s’unir. Nasser el-Qidwa, l’adjoint du médiateur international Kofi Annan, a également appelé l’opposition à s’unir. « Ce n’est pas un choix, mais une nécessité si l’opposition veut gagner la confiance de son peuple en Syrie », a-t-il ainsi estimé. Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Turquie, de l’Irak et du Koweït étaient également présents.L’objectif est de « parvenir à une vision unifiée concernant la période de...
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