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Culasse de basse-fosse

Les obus, la kalachnikov et le temps aidant, Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen ont fini par gagner leurs galons dans le patrimoine mondial de l’art de vivre. Plus de 25 ans que des dizaines de milliers de pauvres hères croupissent dans ces deux favelas de non-droit où champignonnent des patibulaires armés, qui cliquettent de la culasse au milieux des torchis. Un tableau féérique façon Jardin, Nature, Obscurantisme et Traditions.
À partir de là, on distingue deux groupes de bipèdes à quelques nuances de philosophie comportementale près, qui n’échappent pas au regard du chercheur averti. D’abord le bouvier de Jabal Mohsen, qui sous prétexte qu’il est alaouite manie la lèche double face avec une rare vigueur sur la trombine avenante de Bachar el-Assad. Pour lui, le Phénix de Damas est le mec plus ultra de la pensée profonde. D’ailleurs, le rouleau compresseur syrien n’a même pas besoin de l’écraser. Il s’écrase tout seul sans broncher.
Ensuite, il y a le gougnafier de Bab el-Tebbaneh qui, lui, partage son lot de polish entre le Barbichu des palmiers et les allumés de l’intégrisme sunnite. Le premier lui agite les biftons verts, pendant que les seconds lui fournissent le logiciel islamiste dernier cri, livré avec tous ses périphériques : la barbe amazonienne, la chemise de nuit flottante, les babouches clignotantes, la ceinture d’explosifs, la prière et la poussière. Mieux encore, il a réussi le tour de force d’engager son ping-pong obusier sans même s’embarrasser du verbiage libérateur anti-israélien, un copyright exclusif de ses cousins du Hezbollah.
Voilà, le décor est planté, ne reste plus qu’à assurer l’animation entre deux trêves bidon. Départ programmé de la machine à remonter le temps. L’époque héroïque des immeubles-gruyère, des accords rabat-joie de cessez-le-feu, du énième déploiement de l’armée qui joue les plantons sur la ligne de démarcation... Tout cela rappelle les bons vieux souvenirs de Beyrouth et surtout nous rajeunit.
Difficile d’espérer un calme durable dans un tel climat de tendresse.

 

gabynasr@lorientlejour.com

Les obus, la kalachnikov et le temps aidant, Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen ont fini par gagner leurs galons dans le patrimoine mondial de l’art de vivre. Plus de 25 ans que des dizaines de milliers de pauvres hères croupissent dans ces deux favelas de non-droit où champignonnent des patibulaires armés, qui cliquettent de la culasse au milieux des torchis. Un tableau féérique façon Jardin, Nature, Obscurantisme et Traditions.À partir de là, on distingue deux groupes de bipèdes à quelques nuances de philosophie comportementale près, qui n’échappent pas au regard du chercheur averti. D’abord le bouvier de Jabal Mohsen, qui sous prétexte qu’il est alaouite manie la lèche double face avec une rare vigueur sur la trombine avenante de Bachar el-Assad. Pour lui, le Phénix de Damas est le mec plus ultra de la pensée...
commentaires (8)

Faudrait traduire en arabe et en faire une BD sur Facebook !

Carol Ghazal

11 h 51, le 18 mai 2012

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Commentaires (8)

  • Faudrait traduire en arabe et en faire une BD sur Facebook !

    Carol Ghazal

    11 h 51, le 18 mai 2012

  • Triste de revoir touts ces immeubles-gruyère de nouveau à la mode dans notre style purement libanais dans un pays ou on doit toujours avouer ses qualités à voix basse est sa défaite à haute voix. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 18, le 18 mai 2012

  • C'est marrant, bien partagé mais toujours dans la logique du coup de savate vaccinatoire, celui qui permet à son auteur de "vivre" parmi les morts.

    Jaber Kamel

    05 h 17, le 18 mai 2012

  • Entre le"bouvier" et le "gougnafier" un Etat en léthargie profonde..., heureusement que vous êtes toujours là cher Monsieur, pour souffler votre humour et réveiller nos neurones atrophiés par tellement de médiocrité et de sous-développement politique, social et culturel. Bravo encore !

    Salim Dahdah

    04 h 21, le 18 mai 2012

  • - - Excellent surtout la deuxième partie avec un bémol si vous le permettez cher gaby Nasr ! Comparaison avec la resistance nationale n'est pas raison puisque cette dernière combat aux côtés de la troupe et les autres tirent sur elle !! Merci quand même pour votre billet du vendredi qui est un régal qui reste inégalable avec votre humour dans la recherche et le jeu de mots qui s'adaptent à la très pauvre situation de notre pays .

    JABBOUR André

    03 h 03, le 18 mai 2012

  • Sublissime Gaby Nasr !!!! Troop bien écrit, décrit et senti….. Tellement drôle ce matin! Un vrai délice à savourer sans modération…. Merci pour ce moment de détente.

    Nadine N

    02 h 43, le 18 mai 2012

  • Comme d'habitude, superbe texte de M. Gaby Nasr : "le logiciel islamiste dernier cri, livré avec tous ses périphériques : la barbe amazonienne, la chemise de nuit flottante, les babouches clignotantes, la ceinture d’explosifs, la prière et la poussière." !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 37, le 18 mai 2012

  • Exceptionnel votre billet ce matin M. Nasr .felicitations et merci .

    Salame Mary

    23 h 24, le 17 mai 2012

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