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À La Une - Présidentielle

La France plus rose que bleue

Forte participation à 80 % ; Hollande donné gagnant au deuxième tour par les sondages ; Marine Le Pen s’offre un score historique.

François Hollande a fait mieux que François Mitterrand en 1981 avec près de 28,8 % des voix, contre 26,68 % à Nicolas Sarkozy, et Marine Le Pen a explosé le score de son père arrivé en 2002 au 2e tour en imposant 18,5 %. Photos AFP

François Hollande, arrivé en tête hier devant Nicolas Sarkozy, aborde le second tour en position favorable. Le candidat PS l’emporterait ainsi le 6 mai à au moins 54 % des voix contre 46 % au président sortant, selon des études de l’IFOP et d’Ipsos réalisées juste après la fermeture des bureaux de vote.

 

Pour sa première candidature, M. Hollande arrive en tête avec un score compris entre 28,6 % et 29,3 %, selon les estimations des instituts de sondages régulièrement affinées depuis 20h00. Fort du meilleur score pour un candidat socialiste depuis François Mitterrand en 1988, le député de Corrèze obtient environ trois points de plus que Ségolène Royal au premier tour de 2007 (25,87 %) et a déjà enregistré les soutiens de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Eva Joly (EELV) et Philippe Poutou (NPA).

 

Alors qu’il avait viré nettement en tête en 2007 avec 31,18 % des voix, M. Sarkozy, 57 ans, affiche un score compris entre 25,5 et 27 % et échoue à aborder – comme il l’ambitionnait – l’entre-deux-tours en pole position. C’est en outre la première fois sous la Ve République qu’un président sortant n’est pas devant au soir du premier tour.

 

Marine Le Pen, candidate du FN, a quant à elle réussi le pari d’améliorer le score de Jean-Marie Le Pen en 2002 (16,86 %) en obtenant un historique 18,5 %. Elle gagnerait sept à huit points par rapport à son père il y a cinq ans (10,4 %). « La bataille de France ne fait que commencer, rien ne sera plus comme avant », a-t-elle lancé devant ses militants réunis dans une ambiance de victoire à Paris. Dans de nombreux départements de l’est et du sud de la France, elle fait jeu égal avec les deux finalistes. La leader frontiste a indiqué qu’elle donnerait une indication de vote le 1er mai. Mais il y a fort à parier que celle qui se place déjà comme la « chef de l’opposition » à M. Hollande ne choisira pas entre les deux qualifiés. Le FN pourrait en outre compliquer la donne à droite pour les législatives de juin, où Mme Le Pen, si elle transforme l’essai, pourrait imposer de nombreuses triangulaires.

 

Pour la finale du 6 mai, l’équation s’annonce d’autant plus compliquée pour Nicolas Sarkozy qu’il devra tabler sur de très bons reports des électeurs du FN mais aussi de ceux du candidat centriste François Bayrou. À moins de 10 % (il est donné entre 8,8 et 9,1 %), M. Bayrou est très loin de sa performance de troisième homme en 2007 (18,57 %). Le centriste a indiqué qu’il « écouterait dans les jours qui viennent » les « réponses » des deux finalistes, avant de se prononcer.

 

Soutien de Joly

À gauche, François Hollande a déjà engrangé les soutiens : révélation de la campagne 2012, Jean-Luc Mélenchon obtiendrait entre 10,8 et 11,7 %, bien en-deçà des 15-17 % que lui promettaient de récents sondages. Affirmant malgré tout détenir « la clé du résultat final », il a appelé ses partisans à se « retrouver le 6 mai, sans rien demander en échange, pour battre Sarkozy ». « J’appelle tous ceux qui ont voté pour moi à tout faire pour que notre pays sorte du sarkozysme, en se rassemblant derrière François Hollande », a clamé de son côté Eva Joly, créditée de 2 % à 2,2 %.

 

Relevant le score élevé de Marine Le Pen, Ségolène Royal (PS) a de son côté ajouté qu’il fallait « s’adresser » aux électeurs du FN, « les comprendre ».

 

Le scrutin, qui consacre un affrontement droite-gauche classique, a connu, avec environ 80 %, une participation parmi les plus élevées pour un premier tour. Hormis 2007 (83,77 % de participation), il faut remonter à 1988 pour trouver un chiffre supérieur à 80 %. Le taux d’abstention serait de moins de 20 %, contre 16,2 % au premier tour de 2007, 28,4 % en 2002 et 21,6 % en 1995.

 

Le candidat socialiste, qui a voté et attendu les résultats dans son fief de Tulle en Corrèze, obtient notamment de bons scores dans les départements et territoires d’Outre-mer, augmentant les résultats de Mme Royal.

D’après les dernières estimations, aucun des « petits » candidats n’atteint les 5 % : outre Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) est donné à 1,7 %-1,9 %, Philippe Poutou (NPA) 1,2-1,3 %, et Nathalie Arthaud 0,5-0,7 %. Jacques Cheminade recueillerait 0,2-0,3 % des voix.

 

 

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