Jean-Luc Mélenchon appelle ses électeurs sans ambiguïté à voter « sans traîner les pieds » au second tour pour battre le président sortant Nicolas Sarkozy. Martin Bureau/AFP
Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, avec quelque 11 % de voix au premier tour de la présidentielle française, a échoué à voler la troisième place à l’extrême droite et fait un score décevant, même s’il a revigoré un courant politique que l’on pensait épuisé.
Il a appelé hier soir ses électeurs sans ambiguïté à voter « sans traîner les pieds » au second tour pour battre le président sortant Nicolas Sarkozy. Une allusion de soutien à François Hollande, qu’il n’a cependant à aucun moment de son allocution nommé. « Il n’y a rien à négocier », « Ne demandez rien en échange », leur a-t-il déclaré lors d’un rassemblement en plein air place de Stalingrad à Paris.
La plupart le feront sans état d’âme, désireux de se débarrasser de M. Sarkozy et de secouer le joug de l’axe Sarkozy-Merkel, présenté par M. Mélenchon comme le principal artisan des politiques d’austérité qui s’imposent un peu partout en Europe. Mais alors que le parcours flamboyant de leur champion a été le phénomène de la campagne, ils ressentaient hier soir une certaine amertume face à son score décevant, surtout comparé à Marine Le Pen dont il voulait enrayer l’ascension en lui ravissant les voix des milieux populaires.
Cet ancien ministre socialiste de 60 ans, allié aux communistes dans le Front de gauche, n’entend pas en rester là. Il pense déjà aux prochaines étapes de l’« insurrection citoyenne » dont il a fait son objectif : les élections législatives de juin pour constituer un groupe politique à l’Assemblée nationale, et la « mobilisation populaire » pour peser sur le futur gouvernement. Car Jean-Luc Mélenchon, qui proposait une forte hausse du salaire minimum et la confiscation des revenus supérieurs à 360 000 euros par an, ne mâche pas ses mots contre le programme du candidat socialiste qu’il juge trop conciliant envers les forces du marché. « Ce sera la première fois dans l’histoire qu’un candidat socialiste appelle à voter pour lui sans proposer aucune conquête sociale d’aucune sorte », avait-il dénoncé vendredi dans un entretien au journal communiste L’Humanité.
M. Mélenchon a finalement réuni moins de voix que les 15 % que lui prédisaient certains sondages. Les appels insistants de M. Hollande au vote « efficace » pour battre M. Sarkozy ont apparemment porté leurs fruits sur une frange de ses électeurs. En additionnant les scores des deux candidats trotskystes, Philippe Poutou et Nathalie Artaud (2 % à eux deux), il ne fait pas mieux que le total de ceux des candidats d’extrême gauche en 2007. Il peut cependant se targuer d’avoir marqué de son empreinte une campagne par ailleurs plutôt morose. Devant l’énorme succès de ses rassemblements en plein air, MM. Hollande et Sarkozy se sont lancés dans l’expérience avec chacun un meeting à Paris le 15 avril.
Il revendique aussi d’avoir imposé des thèmes politiques : la dénonciation de « l’hyperrichesse » (M. Hollande a ajouté à son programme la taxation à 75 % des très hauts revenus) ou encore le rôle de la Banque centrale européenne dans la gestion de la crise de la dette (M. Hollande a ainsi estimé jeudi que la BCE pourrait « en dernier ressort » prêter directement aux pays membres). « Nous aurons été la force politique nouvelle qui soit née de cette élection », a lancé hier soir M. Mélenchon.
Il revendique d’avoir « fait renaître un courant politique, philosophique et culturel » qui marie « la philosophie des Lumières, le républicanisme révolutionnaire et le socialisme historique », et assure que grâce au Front de gauche, « la gauche va être au rendez-vous du défi de la crise du capitalisme ».
Il a appelé hier soir ses électeurs sans ambiguïté à voter « sans traîner les pieds » au second tour pour battre le président sortant Nicolas Sarkozy. Une allusion de soutien à François Hollande, qu’il n’a cependant à aucun moment de son allocution nommé. « Il n’y a rien à négocier », « Ne demandez rien en échange », leur a-t-il déclaré lors d’un rassemblement en plein air place de Stalingrad à Paris.
La plupart le feront sans état d’âme, désireux de se débarrasser de M. Sarkozy et de secouer le joug de...


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