Manifestation anti-Assad dans la localité de Hass, dans la province d'Idleb le 20 avril 2012. Sham News Network/
Des milliers de manifestants anti-régime défilaient vendredi en Syrie où plus de 120 civils ont été tués en huit jours d'un cessez-le-feu qualifié de "très fragile" par l'émissaire international Kofi Annan.
Pour cette journée de mobilisation placée sous le slogan "Nous serons victorieux et Assad sera défait", des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des milliers de manifestants à Qamichli, dans le nord-est kurde, scandant "Homs, nous sommes avec toi jusqu'à la mort".
D'autres vidéos ont montré des rassemblements hostiles au régime de Bachar el-Assad à Damas ainsi que des manifestations importantes à Herak, dans la province de Deraa, dans la région d'Idleb (nord-ouest) et à Al-Boukamal (est).
A travers le pays, les militants ont fait état d'un déploiement militaire massif, bloquant de nombreuses mosquées, point de départ traditionnel des manifestations.
L'équipe restreinte d'observateurs internationaux déjà sur le terrain dans le cadre de l'application du plan Annan avait indiqué qu'elle n'assisterait pas aux manifestations afin d'éviter que sa "présence ne soit utilisée" pour favoriser "une escalade" de la violence. Lors de déplacements des observateurs dans la région de Damas et dans celle de Deraa (sud), l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté que des tirs sur des rassemblements avaient fait un mort et des blessés après leur passage.
Violée quotidiennement depuis son instauration le 12 avril, la trêve a de nouveau été mise à mal vendredi.
Selon les médias officiels, "un groupe terroriste armé a fait exploser une charge de 100 kilogrammes à Sahm al-Jolane (sud) tuant 10 membres des forces de l'ordre" et trois autres ont péri ailleurs dans le pays.
L'OSDH a, de son côté, affirmé que les forces syriennes avaient tué un militant et un civil dans la région d'Idleb et à Alep (nord), tandis que Homs, surnommée la "capitale de la révolution" par les militants, était bombardée "à raison d'un obus de mortier toutes les cinq minutes".
Dans ce contexte, et malgré les engagements répétés de Damas au plan de l'émissaire international Kofi Annan, son porte-parole Ahmed Fawzi a jugé que la situation sur le terrain "n'est pas bonne. Moscou, pour sa part, a jugé que la trêve était "dans l'ensemble" respectée, malgré des "violations et des provocations".
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a fait porter la responsabilité des violences au régime qui n'a pas retiré ses troupes des villes et "continue à défier les observateurs en dépit du soutien international unanime au plan Annan".
La France, qui considère également que le cessez-le-feu n'est pas appliqué, déposera prochainement un projet de résolution au Conseil de sécurité pour mettre en place une mission d'observation "aussi robuste que possible", après que le chef de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé l'envoi de 300 observateurs au total.
Le porte-parole de Kofi Annan a précisé que pour le moment l'équipe avancée comptait 7 membres sur le terrain et ajouté espérer que les 30 membres de l'équipe avancée soient sur place dans le courant de la semaine prochaine et que le Conseil de sécurité donne le plus rapidement possible son feu vert pour l'envoi de la mission complète d'observateurs (300 personnes).
Après avoir tergiversé, Damas a signé jeudi le protocole organisant le travail, et en particulier la liberté de mouvement, des observateurs, condition sine qua non de la poursuite de leur mission. En Syrie depuis cinq jours, la première équipe d'observateurs n'a toutefois toujours pas pu se rendre à Homs, les autorités syriennes avançant des "raisons de sécurité".
Estimant le plan Annan "voué à l'échec" à cause du manque de coopération du régime, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont réclamé une intervention militaire passant outre le Conseil de sécurité de l'ONU, longtemps paralysé par les veto russe et chinois. Le général Moustapha Ahmed Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL a appelé de ses voeux "des frappes chirurgicales sur les installations clés du régime" menées par "une alliance militaire des pays amis du peuple syrien".
Si les pays occidentaux continuent de rejeter tout recours à la force hors mandat onusien, une quinzaine de chefs de diplomatie arabes et occidentaux réunis jeudi à Paris ont évoqué une implication de l'Otan.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé la communauté internationale à s'"orienter vigoureusement vers le Conseil de sécurité en vue d'une résolution sous le chapitre 7" de la charte de l'ONU qui permet d'imposer, y compris par la force, des mesures en cas de menace contre la paix. Elle a en outre révélé que la Turquie envisageait d'invoquer la charte de l'Otan, qui prévoit la solidarité entre ses Etats membres, à propos des bombardements sur sa frontière avec la Syrie.
M. Juppé a de son côté expliqué qu'en cas d'échec du plan Annan, qui ouvrirait "le chemin vers la guerre civile", "d'autres options" seraient envisagées, sans plus de détails.
Favori de la présidentielle en France, François Hollande, a déjà déclaré que s'il était élu et qu'une intervention militaire était décidée par l'ONU, la France "y participerait".
L'UE prépare, en outre, un quatorzième train de sanctions contre le régime syrien, en limitant les exportations de matériel répressif mais aussi de produits de luxe, pour s'en prendre symboliquement au train de vie du couple Assad, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques. La presse avait récemment épinglé les goûts de luxe de l'épouse du président Assad, Asma.
Le directeur du Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), John Ging, a, de son côté, expliqué vendredi à Genève que l'ONU attendait le feu vert de Damas pour aider un million de personnes en Syrie.
Pour cette journée de mobilisation placée sous le slogan "Nous serons victorieux et Assad sera défait", des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des milliers de manifestants à Qamichli, dans le nord-est kurde, scandant "Homs, nous sommes avec toi jusqu'à la mort".
D'autres vidéos ont montré des rassemblements hostiles au régime de Bachar el-Assad à Damas ainsi que des manifestations importantes à Herak, dans la province de Deraa, dans la région d'Idleb (nord-ouest) et à Al-Boukamal (est).
A travers le pays, les militants ont fait état d'un déploiement militaire massif, bloquant de...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Ah oui ! Collaborationnisme qui va très vite s’écraser.
14 h 24, le 20 avril 2012