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Étudiante et déjà un premier roman en librairie

Sahar Moukaddem, 21 ans, s’est découvert une vocation cachée pour l’écriture, et cela par pur hasard. En effet, le choix arbitraire d’une matière optionnelle en première année de journalisme à la LAU a pratiquement scellé son destin.

Belle brunette au sourire rayonnant, Sahar s’enflamme quand elle raconte l’histoire de son premier roman. Karim, le sushi et moi a vu le jour, en arabe, le 13 décembre 2011 aux éditions Dar es-Saqi. « C’est l’histoire d’une jeune fille de 16 ans qui écrit son journal intime », explique Sahar. « Mon héroïne tombe enceinte, décide de garder le bébé et emménage à Londres où elle découvre le véritable amour », poursuit la jeune fille. Lorsqu’elle décrit l’attachement qu’elle ressent pour ses personnages, ses grands yeux noirs pétillent de fierté. « Ils m’aident à extérioriser mes émotions et je me découvre moi-même à travers eux », dit-elle.

Le début de l’aventure
« Cela a commencé quand je me suis inscrite dans une matière optionnelle intitulée creative writing donnée par le Dr Rachid Daïf », raconte la jeune écrivaine. Une rencontre décisive pour Sahar, qui ajoute : « Mon professeur m’a beaucoup aidée, m’a révélée à moi-même. Je ne savais pas que j’avais une passion pour l’écriture. » L’aventure commence par l’écriture des devoirs relatifs au cours puis se poursuit avec l’écriture des chapitres de son roman. Elle précise : « Au lieu d’écrire des livres lui-même, le Dr Daïf préfère former des écrivains. » Son mentor l’encourage beaucoup ; il est le premier à lire ses écrits et à lui donner son avis objectivement. « Parfois, il me disait : “Cela ne m’a pas convaincu”. Alors, je savais que c’était à refaire », explique Sahar modestement. Bravant les difficultés, elle n’a jamais baissé les bras. Elle eut par exemple recours à un professionnel pour lui corriger les erreurs de grammaire qui ont pu se glisser dans son manuscrit. Et le succès fut au rendez-vous, surtout parmi les jeunes universitaires.

Une passion dévorante
À propos de l’écriture, Sahar raconte : « Ce fut une révélation. J’ai découvert ce que j’aimerais faire toute ma vie et qui me procure le plus de plaisir. Écrire me complète et comble un manque. » Ses lectures alimentent ses écrits bien que ses personnages soient inspirés de la réalité. Parfois, à travers une rencontre, une idée germe dans son esprit et finit par prendre forme. Sahar insiste, avec force gestes comme pour extérioriser la passion qui l’anime : « L’écriture est pour moi une zone de confort où je me dévoile et me relâche. » Écrire ne nécessite pas pour elle un rituel particulier : « Je n’ai aucune difficulté à écrire. Lorsque je me décide, je peux écrire n’importe où et je termine un chapitre en deux heures. » La jeune fille cultive actuellement sa passion en écrivant pour la revue de son université autour de différents thèmes sociaux.

Une féministe convaincue
Pour Sahar, chaque femme est une héroïne potentielle. Cadette de cinq filles, originaire de Tripoli, elle vit à Hamra dans un foyer de filles et « pense que la vie de chaque femme est digne d’un roman ». Elle se décrit comme quelqu’un de calme, qui aime beaucoup travailler mais qui a peur de la solitude. Indépendante et de caractère bien trempé, elle aimerait que la femme libanaise obtienne tous ses droits. « Surtout le droit de passer la nationalité à ses enfants », précise-t-elle. Sahar revendique aussi le droit pour son héroïne de vouloir choisir et assumer son destin en gardant son bébé malgré tous les obstacles. En effet, vivant dans une société faussement émancipée, ses choix ne sont pas évidents. La jeune écrivaine raconte : « Un jour, j’ai été attaquée par un collègue à l’université qui me reprochait mon “culot” d’écrire une histoire défiant les préjugés sociaux. ».
Actuellement en dernière année de journalisme, Sahar voudrait poursuivre un master en sciences politiques et contribue depuis peu à Nahar ach-Chabab. Fiancée à un jeune ingénieur – « qui croit énormément en mon talent » –, elle considère qu’il est encore trop tôt pour franchir le pas. Mais le vrai projet qui lui tient à cœur reste le nouveau livre qui mijote à petit feu.

Rima HARFOUCHE
Belle brunette au sourire rayonnant, Sahar s’enflamme quand elle raconte l’histoire de son premier roman. Karim, le sushi et moi a vu le jour, en arabe, le 13 décembre 2011 aux éditions Dar es-Saqi. « C’est l’histoire d’une jeune fille de 16 ans qui écrit son journal intime », explique Sahar. « Mon héroïne tombe enceinte, décide de garder le bébé et emménage à Londres...
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