Une Syrienne criant des slogans anti-Assad lors d'une manifestation de l'opposition en Turquie. Bulent Kilic/
"Les corps d'au moins 26 enfants et 21 femmes ont été retrouvés dans les quartiers de Karm al-Zeitoun et Al-Adawiyé" dans la ville syrienne de Homs (centre), a affirmé à l'AFP Hadi Abdallah, militant local de la Commission générale de la révolution syrienne, vidéo à l'appui.
Selon M. Abdallah, "des membres de l'Armée syrienne libre (ASL, formé des militaires dissidents) sont parvenus à transporter les corps au quartier de Bab Sebaa (à Homs), plus sûr". C'est ainsi que les militants ont pu filmer les corps, a-t-il indiqué. "Certaines victimes ont été égorgées avec des couteaux, d'autres poignardées par les chabbiha (milices pro-régime). D'autres, notamment des enfants, ont été frappés à la tête par des objets tranchants. Une fillette a été mutilée et certaines femmes ont été violées avant d'être tuées", a indiqué M. Abdallah.
Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition, a réagi en appelant la communauté internationale "à une intervention militaire internationale et arabe urgente", à la mise en place "d'une zone d'exclusion aérienne" et à des "frappes" contre l'appareil militaire du régime syrien.
Le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud a, de son côté, imputé à des "gangs terroristes" la tuerie de Homs et accusé l'Arabie saoudite et le Qatar d'être "complices" de ces groupes, dans une déclaration lundi à l'AFP. Le ministre s'en est également pris à la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira et la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, accusé par le régime d'alimenter la révolte à travers leur couverture en continu des violences sur le terrain. "Les chaînes du terrorisme sanguinaires, dont Al-Jazira et Al-Arabiya, sont complices de ces crimes. Leurs correspondants sur le terrain à Homs sont des hommes armés et des terroristes qui participent à ces crimes, les filment et diffusent des allégations mensongères en inversant les faits", a-t-il dit.

Encore des corps entassés à Bab Amro, àHoms.
Photo publiée par l'opposition syrienne/ AFP
Dimanche, le prince saoudien Saoud al-Fayçal s'en est pris au régime syrien, l'accusant de commettre une "boucherie" en Syrie, où les violences ont fait plus de 8.500 morts depuis le début, en mars 2011, de la révolte populaire, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
La veille, le Premier ministre du Qatar a dénoncé un "génocide systématique de la part du gouvernement syrien" et estimé qu'il était temps d'envoyer des forces arabes et internationales en Syrie.
Réagissant au massacre de Homs, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé lundi que les autorités syriennes "devront répondre de leurs actes devant la justice" internationale, tout en suggérant de "préparer (...) les conditions d'une saisine de la Cour pénale internationale".
Dans un discours devant le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Juppé a aussi appelé "la Chine et la Russie à entendre la voix des Arabes et de la conscience mondiale et à se joindre à nous" pour condamner la répression en Syrie. Washington et Londres ont lancé un même appel. "La communauté internationale doit dire d'une seule voix, sans hésitation (...), que les meurtres de Syriens innocents doivent cesser et qu'une transition politique doit commencer", a dit la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
Moscou et Pékin ont mis leur veto au Conseil à deux résolutions sur la Syrie, en octobre 2011 et en février 2012, et continuent de soutenir le régime de Bachar el-Assad.
Lundi à New York, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé que le Conseil de sécurité est "manipulé" sur la crise syrienne comme il l'avait été sur la Libye. Selon M. Lavrov, les sanctions unilatérales, les tentatives pour favoriser un "changement de régime" à Damas et les encouragements donnés à l'opposition armée syrienne constituent des "recettes risquées d'ingénierie géopolitique qui ne peuvent aboutir qu'à une extension du conflit" en Syrie.
Dans son deuxième rapport la situation en Syrie, le président de la commission d'enquête internationale, Paulo Pinheiro, a affirmé qu’un accès humanitaire sans entrave est une "règle", et non pas une "exception".
Depuis le début de la révolte, il y a un an, plus de 70.000 personnes ont été déplacées en raison des violences, et des milliers d'autres ont trouvé refuge dans les pays voisins de la Syrie, a fait valoir le Brésilien lors de la présentation de ce rapport devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. "Ceux qui ont fui la région ont fait état d'exécutions sommaires et de campagnes d'arrestations arbitraires massives", a-t-il par ailleurs souligné, appelant à la fin de l'impunité.
Mandatée en août 2011 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la commission avait conclu dans un premier rapport publié en novembre 2011 que les forces de l'ordre syriennes avaient perpétré des crimes contre l'humanité lors de la répression brutale des manifestants.
Lundi, l'armée syrienne a de nouveau bombardé la ville rebelle d'Idleb (nord-ouest) et sa province, où les habitants manquent d'eau et d'électricité, ont rapporté une ONG et des militants syriens.
Au moins 18 personnes, en majorité des militaires, ont été tués lundi dans des violences à travers le pays.
"La mort de civils doit s'arrêter maintenant" en Syrie, a déclaré lundi à Ankara l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan après de entretiens dimanche à Damas avec le président Assad.
M. Annan avait présenté ce week-end au président syrien des "propositions concrètes" pour mettre fin au bain de sang mais n'est pas parvenu à obtenir un cessez-le-feu.
Parallèlement, des membres de l’opposition syrienne ont affirmé à l’AFP que l'ancien ministre syrien de la Défense, Mustafa Tlass, se trouve à Paris depuis cinq jours. Selon Mohamad al-Raschdane, membre du Comité national de soutien à la révolution syrienne (CNSRS), M. Tlass aurait quitté Damas après "une dispute avec Assef Chaoukat, le beau-frère de Bachar el-Assad".
Assef Chaoukat, qui a épousé la soeur de Bachar el-Assad, Bouchra, est le vice-ministre syrien de la Défense.
"Je ne crois pas qu'il s'agit d'une défection, a toutefois estimé une source proche de la communauté syrienne en exil. Il est ici avec l'autorisation du régime".
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Selon M. Abdallah, "des membres de l'Armée syrienne libre (ASL, formé des militaires dissidents) sont parvenus à transporter les corps au quartier de Bab Sebaa (à Homs), plus sûr". C'est ainsi que les militants ont pu filmer les corps, a-t-il indiqué. "Certaines victimes ont été égorgées avec des couteaux, d'autres poignardées par les chabbiha (milices pro-régime). D'autres, notamment des enfants, ont été frappés à la tête par des objets tranchants. Une fillette a été mutilée et certaines femmes ont été violées avant d'être...




Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il n'y a pas de mesures a la souffrance qu'elle soit celle d'un Aborigène, d'un Pygmée ou d'un Européen. Il n'y a pas un seul Libanais qui n'y a pas goûté a travers la guerre suivie de l'occupation. Cependant, il est des faits qui font que nous donnons plus d'importance a un cas plus qu'a d'autres. Les Palestiniens sont partis (1982-83) et les Libanais a ce jour essayent de les oublier. Il est normale qu'il ne porte plus a leur cause beaucoup d’intérêt. La Syrie elle a fait bien plus de mal et sa présence pèse toujours aussi lourd sur nos problèmes, aujourd'hui, malgré son départ forcé, a travers ses hommes de mains et vous espérez que les Libanais pensent aux Palestiniens alors que l'ennemi le plus dangereux est en débandade? Dans le passé, les Palestiniens étaient le danger, aujourd'hui c'est la Syrie. Alors nous nous occupons de commenter ce qui est d’actualité. Ils ont suffisamment mis le feu aux poudre chez nous, a chacun a son tour!
09 h 31, le 13 mars 2012