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À La Une - Syrie

Offensive US tous azimuts pour contrer le veto russe

Washington ferme son ambassade à Damas ; Riyad met en garde contre une « catastrophe humanitaire ».

Le canon d’un char complètement détruit après des combats entre l’armée et des soldats rebelles à Khalidiyeh. Photo Reuters

Barack Obama s’est engagé à rester ferme hier dans l’application des sanctions infligées à la Syrie et à accentuer la pression sur son homologue Bachar el-Assad pour l’amener à renoncer au pouvoir. « Je pense qu’il est très important pour nous d’essayer de résoudre cela sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c’est possible », a ainsi déclaré le président des États-Unis dans un entretien diffusé hier par la chaîne NBC. Joignant la parole aux actes, les États-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et évacué leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie, le régime n’ayant pas répondu aux inquiétudes de Washington en matière de sécurité, a rapporté CNN. Citant un haut responsable du département d’État, la chaîne d’information a expliqué que l’ambassade était devenue « une cible potentielle » d’attentat-suicide. Washington a confié à la Pologne la tâche de la représenter en Syrie.

 

Les propos de M. Obama interviennent alors que le blocage reste entier au niveau de la communauté internationale face au conflit en Syrie. Samedi, la Chine et la Russie ont opposé au Conseil de sécurité de l’ONU leur veto au projet de résolution condamnant la répression en Syrie et soutenant le plan arabe de sortie de crise. Le porte-parole du président Obama, Jay Carney, a affirmé, sans toutefois citer Pékin ou Moscou, que certains pays « ne devraient pas essayer de parier sur le régime Assad, car c’est un pari perdu d’avance ». « Tout miser sur Assad, c’est se vouer à l’échec », a insisté M. Carney, en assurant que M. Assad possédait un contrôle « au mieux très limité » sur son pays et que ses ressources financières se tarissaient. Il a aussi qualifié le pouvoir en place à Damas de « régime criminel ».

Dans la soirée, les États-Unis ont annoncé avoir dépêché à Moscou un haut responsable du Trésor chargé des régimes de sanctions du gouvernement américain. Daniel Glaser, sous-secrétaire adjoint au Trésor chargé de la lutte contre le financement du terrorisme, doit se rendre dans la capitale russe entre lundi et vendredi à l’occasion d’une tournée internationale consacrée à une « large palette de sujets », notamment l’Iran et la Syrie.

 

La Grande-Bretagne a quant à elle rappelé pour consultations son ambassadeur à Damas afin de protester contre la répression, a annoncé au Parlement le chef de la diplomatie britannique, William Hague. L’ambassadeur de Syrie à Londres a pour sa part été convoqué au Foreign Office où lui a été remise une protestation officielle contre la poursuite des violences. L’ambassadeur de Belgique en Syrie a également été rappelé immédiatement à Bruxelles par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders pour consultation.

 

Après l’échec des efforts diplomatiques à l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas. Et à Paris, le président français Nicolas Sarkozy a promis que l’Allemagne et la France ne laisseraient « pas tomber le peuple syrien » et n’accepteraient pas « le blocage d’une communauté internationale », lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel. Plus tôt, Gérard Longuet, ministre de la Défense, s’était lui aussi indigné du veto sino-russe, assurant qu’il y a « des cultures politiques qui méritent des coups de pied au cul ». La Suisse a de son côté allongé une nouvelle fois la liste des personnes en Syrie faisant l’objet de restrictions de déplacements, en ajoutant 34 personnes, qui en compte désormais 108, selon un communiqué publié à Berne.

 

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a pour sa part averti le gouvernement syrien que le blocage d’une résolution au Conseil de sécurité ne lui donnait aucun droit d’accentuer la répression contre son propre peuple. Le président turc Abdullah Gül a exprimé de son côté la déception de son pays après le double veto, appelant les différentes parties à « se rappeler que la guerre froide est finie ».

 

À Riyad, le Conseil des ministres saoudien a appelé à « des mesures décisives » pour arrêter « l’effusion de sang en Syrie », mettant en garde contre « une catastrophe humanitaire » dans ce pays. L’Arabie saoudite, qui a fait montre de fermeté à l’encontre du régime syrien depuis le début des troubles en Syrie, n’a pas précisé la nature des mesures décisives qu’il préconise. L’appel de Riyad intervient alors que les ministres des Affaires étrangères des six monarchies pétrolières du Golfe, dont l’Arabie saoudite, doivent tenir une réunion samedi dans la capitale saoudienne consacrée à la crise syrienne.

 

Sur un ton beaucoup plus alarmiste, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, a affirmé hier que l’usage des armes lourdes contre la population en Syrie marque une escalade qui pousse le pays vers la guerre civile, estimant que la Russie et la Chine ont perdu de leur crédit diplomatique dans le monde arabe.

Les Frères musulmans de Syrie ont en outre accusé la Russie, la Chine et l’Iran d’être « complices des massacres » commis dans le pays, en fournissant au régime « soutien » politique et « armes ».

Par ailleurs, une source diplomatique européenne a indiqué à notre correspondante aux Nations unies, Sylviane Zéhil, que dans cette affaire de veto, le rôle du représentant russe aux Nations unies Vitali Tchourkine tiendrait plus du « télégraphiste que du véritable négociateur », M. Tchourkine s’étant vu opposé deux « niet » de Moscou, après avoir laissé entendre, la semaine dernière, que des progrès étaient possibles sur la question de la résolution.

 

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition, a quant à lui appelé à encercler les ambassades syriennes à travers le monde pour dénoncer un « génocide » mené par le régime de Damas. Une manifestation a d’ailleurs eu lieu à Alger où un imposant dispositif de sécurité a maintenu les protestataires à distance de la représentation syrienne.

 

Enfin, le chef de la diplomatie française Alain Juppé a reçu à Paris le président du CNS Burhan Ghalioun, lui exprimant le « soutien » de la France au peuple syrien. Le ministre s’est également entretenu au téléphone avec le secrétaire général de la Ligue et avec le Premier ministre du Qatar cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, avec qui il a eu des « consultations intenses » en vue de la constitution d’un « Groupe des amis de la Syrie ».

 

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