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Moyen Orient et Monde

Moscou déplore la réaction « hystérique » des Occidentaux

La Russie et la Chine justifient leur veto.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Quel message va-t-il délivrer à Damas ? Yuri Kadobnov/AFP

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déploré hier la réaction « hystérique » de l’Occident après le veto russe et chinois à la résolution de l’ONU condamnant la répression en Syrie. « Certaines voix en Occident qui réagissent au vote à l’ONU sont indécentes et presque hystériques », a ainsi déclaré M. Lavrov. « Un proverbe dit “Celui qui se fâche a rarement raison”. Les déclarations hystériques ont pour but de dissimuler ce qui se passe, à savoir le fait qu’il y a plusieurs sources à l’origine des violences en Syrie », a-t-il poursuivi en citant notamment des « groupes extrémistes armés » proches de l’opposition. « C’est pour cette raison que nous avons soutenu de manière active en novembre l’initiative de la Ligue arabe sur la nécessité de faire cesser les violences d’où qu’elles viennent », a souligné M. Lavrov. Il a rappelé que cette disposition était présente dans le projet de résolution voté au Conseil de sécurité samedi, mais qu’il ne préconisait de mesures détaillées que pour le gouvernement syrien.

Lavrov aujourd’hui à Damas
M. Lavrov qui se rend aujourd’hui à Damas en compagnie du chef des services de renseignements extérieurs russes, Mikhaïl Fradkov, a par ailleurs déploré le fait que la résolution avait été votée avant leur mission en Syrie. « Nous avons demandé aux coauteurs de la résolution d’attendre encore quelques jours pour qu’on puisse discuter de la situation » après cette visite, a souligné M. Lavrov, ajoutant qu’il « est déplorable que la résolution ait connu un tel sort ». Il a refusé de révéler le message qu’il allait transmettre au président syrien, mais plusieurs experts russes ont estimé qu’il pourrait négocier les conditions de son départ. « Le départ de M. Assad, un thème-clé pour les Occidentaux, sera à l’ordre du jour » de cette mission après « cette impasse à l’ONU qui se déroule sur fond de guerre civile en Syrie », estime Evguéni Satanovski, président de l’Institut pour les études sur le Proche-Orient. Pour l’historien Vladimir Akhmedov, spécialiste du Proche-Orient, la Russie « effectue une mission de reconnaissance » pour évaluer la situation sur place. « Il est possible qu’il y ait une tentative de convaincre le président Assad d’accepter la proposition de la Ligue arabe », c’est-à-dire céder sa place à un vice-président, poursuit l’expert cité par l’agence RIA-Novosti. L’objectif de Moscou est de montrer aux Occidentaux qu’après avoir mis son veto, la Russie est prête à « prendre des mesures concrètes pour trouver des solutions politiques », selon lui. Boris Dolgov, de l’Institut de l’Orient de l’Académie des sciences russes, pense en revanche que la Russie va insister sur « les réformes démocratiques, l’organisation d’un référendum constitutionnel et la tenue de nouvelles élections législatives ». « Le départ d’Assad entraînerait le chaos. Il a un fort soutien populaire et son départ est impossible, à moins d’une intervention étrangère », poursuit l’analyste, estimant que si « la Russie laisse tomber la Syrie », son allié traditionnel à qui elle vend des armes, « elle perdra son influence dans la région ».

Poutine vs Occident
Pour de nombreux analystes, le veto russe s’explique moins par un soutien indéfectible à M. Assad ou à l’espoir de voir la Syrie revenir à la situation d’avant mars 2011 qu’à la volonté de Vladimir Poutine, qui entend être réélu à la présidence en mars, de démontrer qu’il est prêt à s’opposer aux initiatives occidentales visant à produire des changements politiques dans des États souverains et à défendre les intérêts géostratégiques de son pays. « L’objectif extrême de la Russie est double : sauver ce qui peut être sauvé d’un naufrage du régime Assad et contenir l’influence occidentale sur son allié le plus important du monde arabe », estime Shashank Joshi, chercheur au Royal United Services Institute. Dans la situation présente, où M. Assad est soumis aux pressions conjuguées des capitales occidentales, de ses pairs arabes et de la contestation, la meilleure carte de la Russie pour préserver son influence pourrait être de rechercher « une transition contrôlée vers un nouveau régime dépouillé de M. Assad mais édifié autour des loyalistes de la dynastie Assad », ajoute-t-il. Mais Moscou joue serré. En bloquant à deux reprises l’adoption de résolutions condamnant la répression, en octobre puis samedi dernier, en refusant de recevoir des groupes de l’opposition syrienne, la Russie a peut-être déjà dilapidé ses dernières chances d’être acceptée par les opposants syriens.
Côté chinois, Pékin a rejeté les accusations américaines selon lesquelles il protégeait la Syrie. Il a, en revanche, renvoyé pouvoir et opposition syriens dos à dos en appelant « toutes les parties » à cesser les violences. « Nous ne protégeons personne. Nous défendons la justice sur la question syrienne », a assuré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le porte-parole a en outre assuré que la Chine « était prête à travailler avec la communauté internationale pour jouer un rôle positif et constructif dans la résolution de la question syrienne », sans toutefois dire comment.
Enfin, une cinquantaine de manifestants ont jeté des pierres, des œufs et des tomates sur l’ambassade de Chine à Tripoli pour dénoncer le veto.
(Source : agences)
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déploré hier la réaction « hystérique » de l’Occident après le veto russe et chinois à la résolution de l’ONU condamnant la répression en Syrie. « Certaines voix en Occident qui réagissent au vote à l’ONU sont indécentes et presque hystériques », a ainsi déclaré M. Lavrov. « Un proverbe dit “Celui qui se fâche a rarement raison”. Les déclarations hystériques ont pour but de dissimuler ce qui se passe, à savoir le fait qu’il y a plusieurs sources à l’origine des violences en Syrie », a-t-il poursuivi en citant notamment des « groupes extrémistes armés » proches de l’opposition. « C’est pour cette raison que nous avons soutenu de manière active en novembre l’initiative de la Ligue arabe sur la nécessité de faire cesser les...
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