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À La Une - Revue De Presse

En Syrie, un scénario à part

Pour la presse arabe, à Damas rien n’est prédictible ni acquis.

Après la suspension, l’ultimatum. Lors d’une réunion mercredi à Rabat, la Ligue arabe a donné à la Syrie un nouveau délai de 3 jours pour mettre fin à la répression sanglante, faute de quoi des « sanctions économiques » seront adoptées contre le régime de Damas.

 

Une dernière chance ? Pour le ministre qatari des Affaires étrangères, Hamad Ben Jassem, la patience des Arabes est à bout. « Nous sommes presque au bout du chemin », a-t-il déclaré mercredi à l’issue de la réunion panarabe.

Mais, aujourd’hui, la presse arabe est unanime : derrière les propos sévères et les menaces sérieuses de la Ligue, le scénario en Syrie ne ressemblera pas aux autres (Tunisie, Egypte, Libye).

Une différence qui tient au poids politique régional et international du pays. La Syrie est frontalière de la Turquie, du Liban, d’Israël, de la Jordanie et de l’Irak. Changer son régime, c’est mettre en cause la stabilité politique du monde arabe. Ainsi, en Syrie, tout peut encore arriver.

 

Même un compromis avec Bachar el-Assad. Malgré les appels de la communauté internationale, suivie dernièrement par les Arabes*, au départ du président syrien, la porte reste ouverte à un accord avec le président syrien, écrit Rosana Boumounsef, dans le quotidien libanais an-Nahar, citant des sources diplomatiques non-libanaises. Avec 3.500 victimes à son actif, le régime baasiste ne peut plus survivre, estime-t-elle. Mais cela ne veut pas dire que la fin de Bachar el-Assad ressemblera à celle de Ben Ali, de Moubarak ou de Kadhafi. « L’Occident laisse la porte ouverte à Assad pour qu'il œuvre à une transition du pouvoir par des élections législatives puis présidentielles », explique Mme Boumonsef. Parce que, encore une fois, Assad n’est pas Kadhafi : il n’est pas entièrement lâché par son peuple, même après huit mois de crise. Il n’est également pas délaissé par tous ses « amis » de poids, la Russie et la Chine le soutenant toujours envers et contre tous.

 

Damas bénéficie aussi et surtout du soutien de Téhéran. Ibrahim el-Amine, éditorialiste du quotidien libanais al-Akhbar, citant des sources diplomatiques arabes, affirme que l’enjeu aujourd’hui n’est pas uniquement de mettre un terme à la confrontation entre régime et opposition en Syrie. L'enjeu est l’ébranlement de l’alliance syro-iranienne. Selon un diplomate arabe, cité par M. el-Amine, une décennie et des milliards de dollars n’ont toujours pas convaincu Bachar el-Assad de signer le divorce avec la République islamique. La proposition a même été modifiée, explique M. el-Amine citant le diplomate : que Damas reste l’allié de l’Iran, mais qu’il change sa politique étrangère vis-à-vis de deux dossiers principaux, l’Irak et le Liban. « Si un accord est conclu avec Assad (sur ces deux dossiers), la position de l’Iran et du Hezbollah libanais seraient nettement affaiblies », ajoute le journaliste. Si l'Iran est affaibli, cela profiterait aux pays occidentaux qui estiment que Téhéran est en train de chercher à se doter de l'arme atomique. Et si le régime syrien cesse de soutenir le Hezbollah (chiite), cela modifiera la configuration confessionnelle et politique du Liban. 

 

Malgré la complexité de la situation, Yehya el-Jamal, du quotidien Acharq el-Awsat, reste optimiste et voit dans les dernières décisions de la Ligue arabe « un début de la fin pour une tragédie douloureuse ». Aujourd’hui, jeudi 17 novembre, la suspension de la Syrie prend effet et le régime syrien perd sa légitimité arabe, ce qui laisse la voie libre à toutes les possibilités, dont une avancée vers la chute du régime Assad, explique le journaliste.

 

 

Depuis le début de la crise, le président Assad ne se lasse pas de dénoncer « un complot étranger visant à torpiller l'unité du peuple syrien ». Pour lui, la Syrie fait objet des pressions militaires, diplomatiques et financières ayant pour but de briser sa résistance. 

 

Cette théorie du complot ne convainc pas Yasser el-Zaatera, éditorialiste du quotidien jordanien ad-Doustour. « Pourquoi la révolte des Tunisiens, des Egyptiens, des Yéménites et des Bahreïnis est appelée une révolte pour la liberté et la dignité et seul le soulèvement du peuple syrien servirait un agenda impérialiste visant à détruire la Syrie ? », demande M. el-Zaatera. Pour lui, la révolte du peuple syrien ressemble à celles qui l'ont précédée, « le régime baasiste étant le pire, un régime avec lequel on ne peut pas aboutir à un accord ».

 

 

* Le 14 novembre, le roi Abdallah II de Jordanie fut le premier dirigeant arabe à appeler le président Bachar el-Assad à « quitter le pouvoir »

 

Après la suspension, l’ultimatum. Lors d’une réunion mercredi à Rabat, la Ligue arabe a donné à la Syrie un nouveau délai de 3 jours pour mettre fin à la répression sanglante, faute de quoi des « sanctions économiques » seront adoptées contre le régime de Damas.
 
Une dernière chance ? Pour le ministre qatari des Affaires étrangères, Hamad Ben Jassem, la patience des Arabes est à bout. « Nous sommes presque au bout du chemin », a-t-il déclaré mercredi à l’issue de la réunion panarabe.
Mais, aujourd’hui, la presse arabe est unanime : derrière les propos sévères et les menaces sérieuses de la Ligue, le scénario en Syrie ne ressemblera pas aux autres (Tunisie, Egypte, Libye).
Une différence qui tient au poids politique régional et international du pays. La Syrie est frontalière de la Turquie, du...
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