Liban

Trois réalisateurs iraniens interdits du Festival du film de Beyrouth, jugé « hostile à la révolution »

Libertés Le Festival international du film de Beyrouth (BIFF) retire de son programme un documentaire iranien à thème politique, après que son réalisateur eut été empêché de voyager au Liban.
10/10/2011

Le documentaire Rouge, Blanc et Vert, du réalisateur iranien Nader Davoodi, devait être projeté dans le cadre du 11e Festival international du film de Beyrouth, qui se déroule du 5 au 13 octobre. Hier, la direction du BIFF a déclaré avoir choisi de retirer le film de son programme, après que M. Davoodi eut été interdit de se rendre au Liban par les autorités iraniennes. Datant de 2010, le documentaire, qui était prévu pour la section « Film documentaire du Moyen-Orient », traite en effet des événements violents ayant marqué les trois semaines qui ont précédé la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, en juin 2009.
« Nous avons choisi de retirer le film de la programmation afin d’éviter que cette affaire ne fasse plus de bruit », a confié hier la directrice du BIFF Colette Naufal pour L’Orient-Le Jour. Elle a toutefois déploré cette interdiction imposée à M. Davoodi, la qualifiant de « choquante ». La direction du BIFF fait remarquer, dans un communiqué de presse hier, que cette interdiction fait écho à la diffusion d’un rapport de l’agence nationale iranienne Fars samedi, publié hier dans les journaux iraniens, notamment le Tahran Times. Selon ce rapport, le BIFF « commercialise des films hostiles à la révolution iranienne ». En réponse à ces informations, diffusées par les organes de presse iraniens, Mme Naufal explique que « nous (les organisateurs du BIFF) sommes pour les libertés de pensée et d’expression. Quand un film est bon, nous aimons bien le projeter dans le cadre du festival ».
Le retrait du film en question ne semble donc pas le résultat d’une censure entreprise par la Sûreté générale, qui avait pourtant interdit en juin la projection du film iranien Green Days, de la réalisatrice Hana Makhmalbaf, traitant des protestations contre la réélection contestée de M. Ahmadinejad.
Un haut responsable de l’ancien gouvernement libanais avait alors expliqué à l’AFP que la décision d’interdire la projection du film était intervenue à la suite d’un appel de l’ambassadeur d’Iran.
Cette fois, le retrait du film paraît être la conséquence d’une contrainte imposée au réalisateur à partir d’Iran directement. D’ailleurs, deux autres réalisateurs iraniens ne pourront prendre part au festival, mais leurs films respectifs « étroitement sociaux et éloignés de la politique ont été maintenus au programme du festival ». Ainsi, le réalisateur du film Mandoo, le Kurde Ibrahim Seaidy, a fait état de « certaines difficultés qui l’empêchent de quitter Téhéran pour le moment, sans toutefois définir la nature de ces difficultés », selon le communiqué du BIFF.
Au niveau local, Mme Naufal a insisté sur le fait que la Sûreté générale a donné « son accord au film », confirmant ainsi les déclarations d’un responsable de ce service sécuritaire, interrogé par L’OLJ. « Ce sont les organisateurs du BIFF qui ont retiré le film de leur programmation, à la demande du réalisateur iranien lui-même », a ajouté le responsable. Il explique que ceux-ci ont informé la Sûreté générale vendredi de leur décision, dans le cadre de « notre constante coopération ». De son côté, Mme Naufal confie avoir informé la Sûreté générale de cette décision, lorsque celle-ci a demandé à revoir le film de M. Davoodi.
« Je suis pour la liberté, tout genre de liberté, et si cela ne tenait qu’à moi, je n’empêcherais rien », affirme enfin le ministre de la Culture Gaby Layoun, en reconnaissant toutefois « la censure basée sur des critères sécuritaires, correctement évalués par la Sûreté générale ».

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Ali Farhat

M. Pierre Hadjigeorgiou,
Vous n'avez rien compris... je ne mettais pas évidemment en doute qu'ils ont un Turban sur la tête, mais diasis de pas utilisé des termes péjoratifs quand on nomme les hommes de dieu de n'importe quelle religion ou croyance que ce soit! ça n'aide en rien!! Tout comme c'etait le cas lors des dessins sur le prophète des musulmans ou sa tête est dessinée en forme de bombe pour représenter le terrorisme de toute une religion, pour moi, ça, ça va au delà de la simple liberté d'expression! Mais cela a été longuement débattu et les avis divergent... Maintenant que vous jugiez que ces cheikhs ou les Ayatollahs soit des criminels et des dictateurs, c'est évidemment votre droit et votre de point vue... et n'y avez pas l'exclusivité! Concernant le reste, Vous êtes tellement hors sujet, excité et postillonnant que je ne vous répondrai pas. Vous aurez l'occasion de lire mes opinions quand le sujet sera abordé!

Pierre Hadjigeorgiou

Enturbanné ils le sont, dictateurs et criminels aussi. Appeler les poires des poires et les pommes des pommes c'est aussi un aspect de la démocratie M. Farhat même si cela pourrai offusquer certains. Lorsque l'ont cherche a étouffer toutes sortes d'expressions contraire a notre façon de penser, c'est que l'on a peur. L'Iran nous promet l’état providence a travers la doctrine et l’idéologie du Hezbollah et vous vous attendez a ce qu'ils nous laisser montrer le revers de la médaille? L'Iran est cette fois intervenue directement pour ne pas mettre justement le Hezbollah sur la sellette, une fois de plus, après le oh-la provoqué pour le journal d'Anne Frank, les divers films Iranien censuré, l'interdictions des débits de boissons alcoolisé, les occupations forces de terrains de l'Etat, de l'Eglise, les coups d’états, les gangs, etc... Le Hezbollah n'a plus le vent en poupe et nous sommes aux portes a des échéances cruciales. Ce derniers ne peut plus supporter plus de déboires au niveau social, élections prochaines exigent.

Ali Farhat

C'est bien dommage d'interdire n'importe quelle forme d'expression culturelle fut-elle politiquement "engagée"! Par contre, il se trouve que dans notre région, la stabilité politico-religieuse est entrelacée et est actuellement très fragilisée sans compter que certains sujets fâchent en Iran et pourraient porter de nouveau à des remous dont les conséquences peuvent extrêmement nuisibles et dont les effets collatéraux permettraient à l'ennemi d'en tirer un immense profit. Critiquons, certes, mais ne nous plaçons pas en première ligne des défenseurs de opprimés culturels de la planète car y a pas mal à faire chez nous et pour cause, je voulais rappeler dans ce forum même que la liberté d'expression ne peut en aucun cas se substituer l'éducation lorsque nous appelons librement et en publique, sans se soucier de blesser la sensibilité de certaines personnes, les hommes de dieu par "turbans" ou "enturbannés" etc... Commençons par balayer devant notre porte!!

Halim Abou Chacra

S'il se confirme que c'est sur le demande expresse du réalisateur du documentaire, M Nader Dovoodi, c'est à dire sous la contrainte des turbans d'Iran, que la direction du BIFF a retiré ce documentaire de sa programmation, alors on ne peut que souhaiter aux turbans d'Iran qu'ils se réveillent du 12e siècle au 21e. Mais alors le "responsable de la Sûreté générale" peut-il expliquer pourquoi celle-ci "a demandé de revoir le film de M Davoodi", comme le dit la directrice du Festival, si elle y avait donné son accord ? N'y aurait-il pas eu un turban local intrus dans cette affaire ?

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