En général, l’excès d’alcool est souvent vu comme une sorte de dérapage. Mais la nouvelle jeunesse ne perd pas le contrôle, elle recherche pourtant cette perte de contrôle. Ces excès pourraient être expliqués par un certain mal de vivre, la recherche d’une échappatoire, l’oisiveté, la nécessité de transgresser la règle pour devenir adulte et rejoindre le groupe, le soulagement des blessures de l’enfance, la timidité... à un âge ou rien n’est facile.
Ziad, 22 ans, a commencé à boire quelques verres pour « oser parler aux filles ». Fêtes étudiantes, Binge Drinking... Jusqu’où vont ces soirées organisées par les jeunes ? Comment vend-on de l’alcool aux mineurs ? Il est un fait que les fabricants de boissons alcoolisées au goût masqué ciblent les jeunes, indifférents à la sensibilité du cerveau à tous les produits toxiques avant l’âge de 16 ans (la consommation prématurée d’alcool peut provoquer un retard mental).
Raja, ancien alcoolique, témoigne : « L’alcool est la manière la plus largement acceptée au monde de se tuer, de tuer des familles entières et des enfants. On croit qu’il nous donne une vie, mais il ne fait qu’en éteindre. » Il est évident que l’industrie de l’alcool est florissante et engendre des profits monstres ; et sa portée publicitaire est considérable. Par conséquent, le nombre de publicités associées à l’alcool dépasse grandement celles conçues à des fins de sensibilisation. De même, l’alcool fait partie intégrante des vidéoclips et des rencontres sportives en plus de figurer sur des objets de toutes sortes. Ce qui permet d’accroître la visibilité des boissons alcoolisées en tentant de joindre un auditoire plus jeune qui a rarement atteint l’âge de la majorité. Est-il permis encore qu’en 2011, le Liban ne soit pas doté d’une loi qui organise la vente de l’alcool ? Cela fait des années que notre société encourt de sérieux risques comportementaux. Il n’est pas illégal de vendre de l’alcool à un mineur et les supermarchés, les kiosques ouverts parfois 24 heures sur 24 ne rechignent pas à approvisionner les plus jeunes. Depuis quelque temps, le ministère du Tourisme a publié une circulaire rappelant que les mineurs sont interdits d’entrée dans les boîtes de nuit et les bars, et que les restaurants n’ont pas le droit de leur servir de l’alcool. Les infractions à ces règles sont passibles de poursuites judiciaires. Mais tout le monde ne semble pas faire cas de ce règlement. Certains établissements fonctionnent sous l’œil tolérant des autorités. D’où l’urgence pour l’État de promouvoir une loi interdisant la vente d’alcool aux mineurs, prévoyant l’augmentation des prix et des taxes sur l’alcool et ses dérivés, le rendant plus difficilement accessible aux jeunes, ainsi qu’une collaboration avec la police touristique dans les boîtes de nuit afin de veiller à les protéger contre l’alcool.


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