Les voisins sont des gens très, très propres. Dès que le précieux liquide vital fait mine de gargouiller dans les canalisations, madame se rue sur son tuyau d'arrosage pour lessiver murs et fenêtres et rampes et escaliers et plafonds et parterres et immobilier et mobilier. Même le bitume de la rue y passe, et monsieur se jette sur l'autre tuyau d'arrosage (mais oui, ils en ont plusieurs !) pour faire rutiler le 4 x 4 rouge sang de bœuf, puis la belle berline noire très BCBG, ensuite la petite grise du fiston et l'autre petite bleue de sa frangine, à grand renfort d'eau savonneuse bien mousseuse qui vous transforme le paysage en une imprenable vue hivernale immaculée et qui vous fait grelotter par 33 degrés. Et pour évacuer tout ce blanc et redonner la place aux couleurs, monsieur actionne la pompe pour un jet plus abondant et plus vigoureux qui vous vire tout ça à fond et sans fatigue. Leur petite brunette d'importation ne sait plus où donner de la tête ces jours-là. En fin de journée, Noé pourrait venir nous jouer son déluge au bas de la rue ! Les voisins sont des gens très, très prévoyants aussi. Pour faire face à la pénurie saisonnière qui fait souffrir leurs voisins (nous), ils ont fait creuser un puits devant chez eux, l'année passée. Il a une capacité approximative d'une trentaine de milliers de litres et il leur permet de rester propres contre vents et coupures d'eau. À noter : leur puits, en contrebas, doit se remplir à ras bord avant la moindre minuscule étincelle d'espoir d'avoir la moindre larme dans nos robinets. Étant donné leur aversion pour la poussière, nos robinets ne pleurent pas souvent ! Mon petit basilic bio, sans pesticides ni fertilisants, qui lutte vaillamment contre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre sur mon balcon, est irrigué au compte-gouttes récupéré dans le flacon qui a soigné mon otite cet hiver. Il ne peut plus vivre que d'amour, l'eau fraîche manquant cruellement.
Nada YAMMINE Citoyenne qui deviendra poussière un jour (les voisins le deviendront aussi)
Les voisins sont des gens très, très propres. Dès que le précieux liquide vital fait mine de gargouiller dans les canalisations, madame se rue sur son tuyau d'arrosage pour lessiver murs et fenêtres et rampes et escaliers et plafonds et parterres et immobilier et mobilier. Même le bitume de la rue y passe, et monsieur se jette sur l'autre tuyau d'arrosage (mais oui, ils en ont plusieurs !) pour faire rutiler le 4 x 4 rouge sang de bœuf, puis la belle berline noire très BCBG, ensuite la petite grise du fiston et l'autre petite bleue de sa frangine, à grand renfort d'eau savonneuse bien mousseuse qui vous transforme le paysage en une imprenable vue hivernale immaculée et qui vous fait grelotter par 33 degrés. Et pour évacuer tout ce blanc et redonner la place...
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