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Liban - Hezbollah

La majorité s’insurge contre la proposition de Nasrallah d’unir la résistance et l’armée

Après l'annonce de son document politique, le Hezbollah a été hier sous le feu des critiques de la majorité qui s'est insurgée contre la proposition d'unir l'armée et la résistance, pendant que l'opposition s'en félicitait.
Réagissant au document politique rendu public par le Hezbollah hier, le ministre d'État Adnane Hussein a affirmé hier que « la République ou État islamique n'est pas à l'ordre du jour du Hezbollah, même si certaines personnes pensent que ce parti continue de prôner cela ». « Il y a une tendance claire à la libanisation » au sein du Hezb, a également souligné M. Hussein. « La table de dialogue tente d'harmoniser les différents points de vue toujours dans le cadre de la souveraineté nationale et en prenant soin de ne pas faire du Liban un passage ouvert à Israël », a-t-il ajouté avant de relever que « le secrétaire général du Hezbollah a présenté une matière propice à la discussion, une discussion rationnelle, objective et respectueuse, autour de la table de dialogue ». Il faut garder à l'esprit que le sujet « n'est pas simple et a besoin de temps pour être traité correctement ». « Les propos de Hassan Nasrallah signifient que la résistance est liée à l'image de l'État et lorsque l'État sera fort et capable, il sera alors temps de reconsidérer le rôle de la résistance », a-t-il aussi déclaré.
Le député Nabil de Freige a de son côté affirmé que « la stratégie du Hezbollah demeure inchangée ». « Hassan Nasrallah n'a laissé qu'un léger espoir de parvenir à un accord autour de la stratégie de défense nationale », a ajouté M. de Freige, qui a également relevé que « le grand titre de cette stratégie demeure la dualité de décision qui existe entre l'armée d'une part et la résistance d'autre part ». Le député a estimé qu'il y a véritablement un changement « au niveau des expressions et des mots utilisés, mais aussi au niveau interne, puisqu'en 2006 il appelait la majorité à gouverner et la minorité à s'opposer alors qu'aujourd'hui dans le nouveau document, il a demandé la participation de la minorité au sein du gouvernement ».
Pour le député Ahmad Fatfat en revanche, le document du Hezbollah n'offre en fait rien de nouveau car il « confirme ses positions antérieures sous une nouvelle forme ». Le Front de la liberté a, lui, indiqué hier dans un communiqué qu'il saluait la proposition faite par Michel Sleiman de « faire migrer le sujet des armes du Hezbollah du Conseil des ministres à la table de dialogue ». Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a quant à lui accusé le Hezbollah d'être atteint de « mégalomanie politique » et souligné que le document politique du parti « complète la charte de 1985 mais en adoptant un style plus intelligent ». Pour lui en effet, « l'union entre l'armée et la résistance n'est rien de moins qu'une impossible équation ». « Le Hezbollah tente de se poser en remplaçant de l'Union soviétique et en porte-étendard des déshérités de ce monde face à la mondialisation rampante », a-t-il d'autre part relevé, avant de noter que « pas une seule fois Hassan Nasrallah n'a insisté sur le caractère définitif de l'entité libanaise, même s'il a indiqué que le Liban est le sol des ancêtres et des petits-fils ». Même son de cloche du côté du député Ammar Houry, pour qui « l'union proposée entre l'armée et la résistance est prématurée car elle ne prend pas en considération les décisions à venir de la table de dialogue ».

L'opposition approuve
Par contre, pour le député Simon Abi Ramia, le document politique du Hezbollah est le résultat « d'une profonde expérience dans le domaine politique. Son contenu est beaucoup plus développé que par le passé pour pouvoir suivre l'étape à venir ». « Tout le monde considère ce document comme un saut qualitatif pour le parti, et nous sommes tranquilles parce que notre relation avec ce parti a été couronnée par une confiance réciproque. Ce qui a été dit autour du document n'est donc pas loin du climat que nous connaissons déjà (...) et la surprise a été positive pour tous ceux qui avaient peur du Hezbollah. » L'ancien Premier ministre Sélim Hoss a souligné pour sa part que le document politique du Hezbollah reflète « la maturité et la responsabilité politique » du parti et s'est caractérisé par « la franchise et la clarté ». Le représentant du Jihad islamique au Liban, Abou Imad Rifaï, a de son côté félicité le parti de Dieu pour « le succès enregistré lors de son assemblée générale » et pour son document politique. Enfin, pour l'ancien député Fayçal Daoud, « le document du Hezbollah est en fait une réaffirmation de son intégration dans l'État ».

Réagissant au document politique rendu public par le Hezbollah hier, le ministre d'État Adnane Hussein a affirmé hier que « la République ou État islamique n'est pas à l'ordre du jour du Hezbollah, même si certaines personnes pensent que ce parti continue de prôner cela ». « Il y a une tendance claire à...

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