Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a apporté sa caution politique aux positions de Walid Joumblatt, assurant que ce dernier cherche à dissiper les dernières séquelles des affrontements sectaires du 7 mai 2008 entre le Hezbollah et le Courant du futur, c'est-à-dire entre sunnites et chiites.
Du reste, cité par ses proches, Walid Joumblatt aurait admis que le mot « rassemblement » qu'il a utilisé pour parler de « la scène musulmane » peut prêter à confusion et faire croire qu'un bloc s'apprête à se former, face à d'autres blocs. Ce qui, a-t-il fait savoir, n'est pas le cas.
Enfin, une source du Hezbollah a clairement affirmé hier qu'il n'était pas question d'un retour à l'alliance quadripartite « aux dépens d'un de nos alliés », entendre aux dépens du Courant patriotique libre.
Ce qui inquiète Walid Joumblatt, ce sont les prévisibles retombées, sur la scène interne, d'un acte d'accusation émanant du TSL qui impliquerait le Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri, selon les indications qui en ont filtré dernièrement dans un article publié par le magazine allemand Der Spiegel. Les manœuvres du chef du PSP ne seraient donc pas en rapport avec la formation du gouvernement.
Ainsi, parallèlement au processus de formation du nouveau gouvernement revient avec insistance le dossier du Tribunal spécial pour le Liban et la question de l'assassinat de Rafic Hariri. L'ancien ministre Wi'am Wahhab a même conseillé hier aux autorités d'interdire de séjour le chef du TSL, Daniel Bellemare, et les membres de son équipe. Il a en outre conseillé au Premier ministre désigné, Saad Hariri, « de se transporter à Damas » sans autre forme de procès, et de mettre les intérêts du Liban et de sa communauté en tête de ses priorités.
La journée du Premier ministre désigné a été plutôt ordinaire, hier. Il a reçu en soirée le conseiller politique du secrétaire général du Hezbollah, Hajj Hussein Khalil, sans que rien ne filtre sur la teneur de cet entretien. Dans la journée, le député Okab Sakr a affirmé avoir compris, d'une source de l'opposition qu'il n'a pas nommée, que cette dernière a renoncé à exiger le « tiers de blocage », mais une source proche de Nabih Berry s'est empressée de préciser que cette information n'émane pas de lui...
Au lendemain d'une déclaration dans laquelle Nabih Berry prévoyait que le gouvernement serait formé d'ici à la fin du mois, les pronostics à ce sujet semblent s'être assombris.


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