Quel silence! Le paysage est surréaliste : un quartier entier de la capitale complètement détruit, désert à l’infini, fumant encore par endroits, dégageant les odeurs de la mort mêlées à celles des détritus, émergeant de l’enfer, sous un soleil de plomb. Nous sommes le lundi 14 août. Il est 7h50. Soudain, venu de je ne sais où, le bourdonnement incroyable de la vie se fait entendre. Quelques minutes seulement après la proclamation du cessez-le-feu sous les auspices des Nations unies, une marée humaine déboule, mêlant sa joie aux larmes, hurlant entre deux accolades des «hamdellah al-salameh». Une dame voilée, la petite quarantaine, fend la foule silencieuse et contemplative. Elle escalade prestement une pyramide de souvenirs. À mains nues, elle creuse, soulève difficilement quelques pierres,...
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le 24 août 2006 à 00h00
Quel silence! Le paysage est surréaliste : un quartier entier de la capitale complètement détruit, désert à l’infini, fumant encore par endroits, dégageant les odeurs de la mort mêlées à celles des détritus, émergeant de l’enfer, sous un soleil de plomb. Nous sommes le lundi 14 août. Il est 7h50. Soudain, venu de je ne sais où, le bourdonnement incroyable de la vie se fait entendre. Quelques minutes seulement après la proclamation du cessez-le-feu sous les auspices des Nations unies, une marée humaine déboule, mêlant sa joie aux larmes, hurlant entre deux accolades des «hamdellah al-salameh». Une dame voilée, la petite quarantaine, fend la foule silencieuse et contemplative. Elle escalade prestement une pyramide de souvenirs. À mains nues, elle creuse, soulève difficilement quelques pierres,...


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