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Terrorisme - La mort d’un policier secoue l’opinion publique britannique Blair s’engage à redoubler ses efforts pour protéger le territoire

Londres s’est engagé hier, au lendemain de la mort d’un policier à Manchester, à « redoubler » ses efforts dans la lutte antiterroriste qui semble avoir connu un coup d’accélération depuis la découverte, début janvier, de traces de ricine dans un appartement londonien. Le Premier ministre Tony Blair s’est engagé personnellement, devant les députés, à ce que le gouvernement mette tout en œuvre pour enrayer les activités liées au terrorisme sur le territoire britannique. Le décès de Stephen Oake est le premier d’un policier britannique dans des opérations antiterroristes lancées après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis par la Grande-Bretagne, souvent accusée par d’autres pays européens d’accueillir des individus liés à des activités terroristes. Londres s’est ainsi vu affublé en France du surnom de « Londonistan ». Stephen Oake, 40 ans, père de trois enfants, a été poignardé au moment de l’arrestation de trois hommes d’origine nord-africaine dans un appartement d’un quartier de Manchester. Quatre autres de ses collègues ont été blessés, mais leur vie n’est pas en danger, selon la police, qui a ouvert une enquête interne. Le tueur présumé du policier, 27 ans, a été maintenu en détention à Manchester. L’opération était liée à la découverte, début janvier, d’un mini-laboratoire dans un appartement du nord de Londres contenant des traces de ricine, un poison mortel. Quatre des sept hommes arrêtés les 5 et 7 janvier dans cette affaire, Mouloud Feddag, son frère Samir Feddag, Mustapha Taleb, ainsi qu’un mineur de 17 ans, tous des Algériens selon la presse, comparaîtront vendredi, soupçonnés d’être liés à la production d’une arme chimique. Mustapha Taleb fréquentait la mosquée « radicale » de Finsbury Park, dans le nord de Londres. Cette opération semble avoir été le coup d’envoi d’une vaste offensive contre une filière terroriste qui prend ses racines en Algérie, estime Frank Gardner, spécialiste de la sécurité de la BBC. Selon lui, cette filière avait mené les policiers à Bornemouth (sud), où cinq personnes ont été arrêtées lundi avant toutefois d’être innocentées, et à Manchester. Beaucoup d’Algériens considérés comme dangereux en France se sont réfugiés en Grande-Bretagne en 1995, fuyant des opérations antiterroristes menées par les autorités françaises après les attentats dans les trains et le métro parisiens, affirme-t-il. « Pendant les deux dernières années, ces personnes sont devenues dangereuses car elles ont été converties aux idées développées par le réseau el-Qaëda », oubliant leur propre lutte contre le régime algérien, affirme M. Gardner. « Les policiers britanniques ont sous-estimé les informations fournies par leurs homologues français » depuis des années sur des groupes soupçonnés de terrorisme, a souligné, pour sa part, Paul Wilkinson, de l’université écossaise de St Andrews, l’un des meilleurs spécialistes britanniques dans le domaine du terrorisme. L’opération antiricine a notamment été rendue possible par des renseignements des services français. Deux des sept suspects étaient arrivés de France la semaine précédente, avaient indiqué des sources proches du dossier en France. Plusieurs liens entre la France et la Grande-Bretagne avaient déjà été mis en exergue, notamment après l’arrestation le 16 décembre à La Courneuve, au nord de Paris, de cinq islamistes présumés, chez qui les enquêteurs devaient découvrir deux flacons contenant des substances chimiques. L’un d’eux, Mirouane Benahmed, 29 ans, était lié au groupe de Francfort démantelé en décembre 2000 et soupçonné de projeter des attentats à Strasbourg. Il avait été un proche de Rabah Kadre, alias « Toufik », qui est considéré comme l’ancien bras droit d’Abou Doha, chef présumé des réseaux d’Oussama Ben Laden en Europe. Toufik et Abou Doha sont tous deux incarcérés en Grande-Bretagne.
Londres s’est engagé hier, au lendemain de la mort d’un policier à Manchester, à « redoubler » ses efforts dans la lutte antiterroriste qui semble avoir connu un coup d’accélération depuis la découverte, début janvier, de traces de ricine dans un appartement londonien. Le Premier ministre Tony Blair s’est engagé personnellement, devant les députés, à ce que le...