Il est formel. Il a horreur des décorations. Il les trouve ridicules. Enfin, pas toutes. Celles des autres. « Aujourd’hui, il suffit d’être chanteur et de montrer ses fesses pour être décoré », dit-il. Ce monsieur oublie une chose : nous sommes au Liban et le Liban est le paradis de la breloque. Approchez, approchez, qui veut quoi ? Cuirasse, cravate, rosette, poireau, plaque commémorative, palmes académiques, on est équipé. Des médailles au kilo. Infatigables, les responsables libanais et les ambassadeurs épinglent à tour de bras : les amis tout d’abord, les crooners ensuite, suivis des playboys, des rois de la gonflette, des cuisiniers... personne n’y échappe. Tout est bon. Même les étrangers qui passent. Dès qu’ils posent un orteil sur notre sol, ils sont menacés du ruban et de l’accolade qui va avec. Et ce n’est pas tout. Vous êtes militaire ? Vous voilà bardé d’une brochette. Vous êtes salarié ? Voici la médaille du travail. Vous faites dans la publicité ? À vous les sept d’or, les minerves, les lions de je-ne-sais-quoi... Le sportif n’est pas épargné. Il a son trophée. Le franchisé son challenge. Et le politique ? Qu’il soulève une polémique... La télévision lui accordera une médaille de la gloire. Avalanche d’étoiles, d’oursons, de flocons, dans les écoles. Restent les animaux. C’est fait. Le cou des vaches, des taurillons, des pintades s’orne de médailles. On décore la viande froide et le gibier faisandé. Chez le boucher, les pièces sont au garde-à-vous. Premier choix. Premier prix : le plus beau canard de sa génération. Pour les palmes sans doute... Quant au vrai mérite, à lui le Panthéon. C’est-à-dire la reconnaissance posthume. Mais c’est la seule qui dure. May MAKAREM
Il est formel. Il a horreur des décorations. Il les trouve ridicules. Enfin, pas toutes. Celles des autres. « Aujourd’hui, il suffit d’être chanteur et de montrer ses fesses pour être décoré », dit-il. Ce monsieur oublie une chose : nous sommes au Liban et le Liban est le paradis de la breloque. Approchez, approchez, qui veut quoi ? Cuirasse, cravate, rosette, poireau, plaque commémorative, palmes académiques, on est équipé. Des médailles au kilo. Infatigables, les responsables libanais et les ambassadeurs épinglent à tour de bras : les amis tout d’abord, les crooners ensuite, suivis des playboys, des rois de la gonflette, des cuisiniers... personne n’y échappe. Tout est bon. Même les étrangers qui passent. Dès qu’ils posent un orteil sur notre sol, ils sont menacés du ruban et de l’accolade qui va avec. Et...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.