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Économie - Électricité

Le Qatar envisagerait de construire deux centrales au Liban en trois ans

Le plan, daté d’octobre 2026 et baptisé « Programme national intégré d’investissement dans l’énergie », doit encore être approuvé par les deux gouvernements et pourrait être modifié.

Le Qatar envisagerait de construire deux centrales au Liban en trois ans

Des techniciens à l’œuvre sur un pylône électrique surchargé de câbles à Mansouriyé, le 6 octobre 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L’Orient-Le Jour

Le Qatar prévoit de construire deux centrales électriques au Liban au cours des trois prochaines années et de signer un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de 20 ans, dans le cadre d’un projet visant à relancer le secteur de l’électricité, à la peine depuis des décennies.

Le Premier ministre qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, est venu au Liban la semaine dernière et a publiquement promis d’aider à relancer le secteur de l’électricité du pays. Peu de détails avaient alors été communiqués aux journalistes.

Selon des sources proches du dossier contactées par L’Orient-Le Jour, le ministre de l’Énergie Joe Saddi a eu plusieurs échanges avec des interlocuteurs qataris depuis sa prise de fonction, en février 2025. Ces sources ont également confirmé les éléments du plan préparé par le Liban et le Qatar. Ni le ministre libanais ni le ministère qatari des Affaires étrangères n'ont souhaité pour l’instant faire de commentaire. Le plan consulté par l'agence Reuters, daté d’octobre 2026 et baptisé « Programme national intégré d’investissement dans l’énergie », doit encore être approuvé par les deux gouvernements et pourrait être modifié, a affirmé un responsable au fait du dossier.

Gaz, solaire et éolien

Élaboré avec la participation des gouvernements libanais et qatari, le plan « couvre la production d’électricité à partir du gaz, l’approvisionnement en GNL et sa regazéification, les énergies renouvelables, le stockage sur batteries et les interconnexions électriques régionales ». Il vise aussi « à attirer des financements privés et des financements de projets sans dépenses d’investissement initiales à la charge du Trésor public libanais ; les obligations de paiement et les garanties restent à négocier ». La mise en œuvre de ce plan pourrait prendre trois ans si les approbations sont rapidement obtenues.

Plus en détail, le document prévoit la construction de deux nouvelles centrales à cycle combiné fonctionnant au gaz, l’une sur le site de Deir Ammar au Liban-Nord, et l’autre à Zahrani dans le Sud. Chacune disposerait d’une capacité de 825 mégawatts (MW). Les deux sites accueillent actuellement les deux centrales thermiques qui fournissent l’essentiel des quelques heures de courant par jour qu’Électricité du Liban est en mesure de distribuer aux abonnés. Ces derniers sont obligés de compter sur des générateurs privés qui produisent du courant à prix fort, avec un coût financier et environnemental élevé.

L’accord d’approvisionnement en GNL serait conclu entre le Qatar, via QatarEnergy, et le Liban. Celui-ci s’appuierait à la fois sur une unité flottante de stockage et de regazéification, d’une capacité de 3,5 millions de mètres cubes par jour, et sur le gazoduc arabe passant par la Syrie, d’une capacité de 4,5 millions de mètres cubes par jour.

Le projet prévoit également le développement de capacités de production de 800 MW d’énergie solaire et de 440 MW d’énergie éolienne, des capacités de stockage sur batteries, ainsi que des importations d’électricité depuis la Syrie dans un premier temps à hauteur de 300 MW, au moyen de deux voies distinctes.

Délai, gazoducs et terrains

La mise en œuvre de ce plan suppose que les travaux de remise en service des gazoducs existants, nécessaires pour acheminer le GNL qatari jusqu’au Liban, soient achevés et que le réseau relie également le site de Zahrani, celui de Deir Ammar étant déjà branché. Elle suppose aussi que le projet ne soit pas affecté par les retards de livraison des turbines nécessaires à la construction des centrales à gaz, provoqués par le boom de l’intelligence artificielle et la forte demande mondiale en équipements de production électrique.

Si le plan prévoit la construction des centrales en trois ans, cela pourrait signifier que l’opérateur chargé du chantier a déjà réservé ses turbines auprès des fabricants. Ce point reste toutefois à confirmer, le plan devant encore être approuvé par les deux gouvernements. Les retards de livraison des turbines constituent en effet un enjeu pour les projets de centrales au gaz.

Pour le solaire et l’éolien, cela suppose que suffisamment de terrains compatibles ont été identifiés pour déployer les nouvelles capacités.

Enfin, de manière plus globale, l’exécution de ce plan devrait en principe aller de pair avec la mise en œuvre de la réforme du secteur de l’électricité, préparée par l’Autorité de régulation. Celle-ci prévoit la privatisation d’EDL ainsi que le démembrement de ses différentes composantes — production, transport, distribution, etc. — pour les confier à des acteurs privés. Aucun élément ne permet cependant d’avoir de certitudes sur ce point.

Le Qatar soutient depuis longtemps le Liban sur les plans financier et politique. Il est intervenu à plusieurs reprises au cours des dernières décennies, lors de crises politiques et économiques. Le projet s’inscrirait dans le prolongement du renforcement de la présence qatarie en Syrie voisine, où le conglomérat qatari Power International Holding a obtenu des contrats portant sur 5 000 MW de capacités de production électrique, ainsi que sur l’extraction de pétrole et de gaz et la construction de gazoducs.

Le secteur de l’énergie est au cœur des difficultés financières et économiques du Liban. Il a contribué à creuser la dette publique de plusieurs dizaines de milliards de dollars depuis la guerre civile de 1975-1990, tandis qu’EDL ne fournit actuellement que quelques heures de courant par jour.

Le Qatar prévoit de construire deux centrales électriques au Liban au cours des trois prochaines années et de signer un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de 20 ans, dans le cadre d’un projet visant à relancer le secteur de l’électricité, à la peine depuis des décennies.Le Premier ministre qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, est venu au Liban la semaine dernière et a publiquement promis d’aider à relancer le secteur de l’électricité du pays. Peu de détails avaient alors été communiqués aux journalistes.Selon des sources proches du dossier contactées par L’Orient-Le Jour, le ministre de l’Énergie Joe Saddi a eu plusieurs échanges avec des interlocuteurs qataris depuis sa prise de fonction, en février 2025. Ces sources ont également confirmé les...
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