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Dernières Infos - Transport Aérien

Vols directs Liban–États-Unis : des lacunes à l’aéroport de Beyrouth risquent de retarder la reprise

Un rapport de l’OACI relève notamment l’absence de certification valide et de plan d’urgence. Le ministre des Transports assure que des mesures correctives sont engagées.

Vols directs Liban–États-Unis : des lacunes à l’aéroport de Beyrouth risquent de retarder la reprise

Un avion de Middle East Airlines survole Raouche alors qu’il approche de l’aéroport de Beyrouth, le 26 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

Un nouvel obstacle se dresse sur la voie d’une reprise des vols directs entre le Liban et les États-Unis. Alors que le président Donald Trump a levé début octobre les restrictions qui entravaient ces liaisons depuis plusieurs décennies, un rapport de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) relève plusieurs lacunes à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), notamment l’absence de certification valide et de plan d’urgence.

Ces insuffisances devraient retarder le rétablissement des liaisons, estiment deux hauts responsables du secteur aérien au fait du dossier. La reprise reste également soumise à des évaluations de la sécurité aérienne et de la sûreté aéroportuaire par l’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) et l’Administration américaine de la sécurité des transports (TSA).

Les conclusions de l'OACI font suite à une mission d’assistance technique menée au Liban en juillet, qui a relevé des défaillances à l’aéroport et dans le système national de l’aviation civile. Réalisé à la demande de l’autorité libanaise de l’aviation civile, le rapport interne a été transmis aux responsables libanais en septembre.

Des moyens de secours inadaptés aux gros-porteurs

Selon le texte consulté par l'agence Reuters, les moyens de lutte contre les incendies à l’aéroport de Beyrouth sont adaptés aux avions monocouloirs, mais pas aux appareils à deux couloirs utilisés pour les vols long-courriers. Le document relève également l’absence de plan d’urgence et l’expiration de la certification conditionnelle de l’aéroport. « Il s’agit d’une question grave et urgente, qui doit être traitée immédiatement pour préserver le statut opérationnel de l’aéroport », souligne le résumé du rapport.

L'OACI constate aussi que l’autorité libanaise de l’aviation civile manque d’inspecteurs qualifiés pour superviser la délivrance des licences des contrôleurs aériens. Le Liban ne dispose pas non plus d’une autorité d’enquête opérationnelle et indépendante sur les accidents aériens pleinement constituée, et aux responsabilités clairement définies.

Ces préoccupations ont été soulevées lors d’un atelier de deux jours organisé en septembre dernier, consacré aux efforts visant à rétablir les vols directs. Des représentants de l’OACI, du gouvernement libanais, de la FAA et d’autres acteurs y ont participé, selon les responsables du secteur et un programme de la rencontre.

Une certification conditionnelle attendue

Le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rassamny a assuré que le Liban prenait des mesures pour remédier aux problèmes relevés. Selon lui, les démarches de certification de l'AIB doivent débuter samedi, et l’autorité libanaise de l’aviation civile prévoit de délivrer une certification conditionnelle dans les prochains jours. « La plupart des problèmes soulignés dans le rapport avaient déjà été identifiés par l’autorité libanaise de l’aviation civile, et des mesures correctives avaient déjà été engagées », a affirmé le ministre, précisant que la guerre en avait retardé les progrès. Trois responsables de compagnies aériennes américaines ont toutefois confié sous couvert d’anonymat qu’ils ne s’attendaient pas à ce que des transporteurs américains reprennent leurs vols vers le Liban à court terme, invoquant des préoccupations de sécurité.

Les vols américains vers le Liban avaient été suspendus en 1985 après le détournement par des éléments présumés du Hezbollah du vol 847 du transporteur américain TWA (Trans World Airlines), qui reliait Athènes à Rome, avant d'être contraint d'atterrir dans la capitale libanaise. Au cours de cette prise d'otages de 17 jours, un plongeur de la marine américaine avait été assassiné.

Début octobre, des sources de la Middle East Arlines et de l’aviation civile libanaise interrogées affirmaient à L'Orient-Le Jour que plusieurs obstacles réglementaires, sécuritaires et opérationnels restent à surmonter. Beyrouth et Washington devront notamment travailler à l’élaboration d’un nouvel accord de transport aérien, celui actuellement en vigueur remontant à 1972 et étant considéré comme « obsolète ». Plusieurs autorisations américaines restent également nécessaires, ainsi qu’un audit préalable, notamment en matière de sécurité aérienne et de sûreté aéroportuaire. La MEA, qui doit réceptionner huit nouveaux appareils entre la mi-novembre et fin juin 2027, dont quatre Airbus A330neo adaptés aux vols long-courriers, pourrait ainsi reprendre ses liaisons directes « vers la fin de 2027 ou en 2028 », selon une source de la compagnie.

Un nouvel obstacle se dresse sur la voie d’une reprise des vols directs entre le Liban et les États-Unis. Alors que le président Donald Trump a levé début octobre les restrictions qui entravaient ces liaisons depuis plusieurs décennies, un rapport de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) relève plusieurs lacunes à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), notamment l’absence de certification valide et de plan d’urgence.Ces insuffisances devraient retarder le rétablissement des liaisons, estiment deux hauts responsables du secteur aérien au fait du dossier. La reprise reste également soumise à des évaluations de la sécurité aérienne et de la sûreté aéroportuaire par l’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) et l’Administration américaine de la sécurité des transports...