Rechercher
Rechercher

Économie - Finance

La Banque du Liban révoque la licence de la banque iranienne Bank Saderat

« Nous voulons protéger notre secteur bancaire contre d’éventuelles sanctions ou pressions extérieures », a déclaré Karim Souhaid.

La Banque du Liban révoque la licence de la banque iranienne Bank Saderat

L'agence de la Banque du Liban à Jounieh. Photo P.H.B.

La Banque du Liban (BDL) a révoqué cette semaine la licence de la banque iranienne Bank Saderat, l’une des principales banques commerciales de la République islamique, dans un contexte de pressions américaines accrues sur les pays pour qu’ils réduisent leurs liens économiques avec Téhéran.

Cette décision vise à « envoyer un signal clair au monde extérieur : nous sommes déterminés à protéger notre secteur bancaire de toute entité susceptible de présenter un risque de contamination », a déclaré le gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, dans un entretien accordé à Bloomberg.

Cette mesure s’inscrit dans un durcissement régional des restrictions visant le système financier iranien, notamment aux Émirats arabes unis et en Turquie, sur fond d’intensification des pressions américaines à l’échelle internationale. Washington mène une campagne visant à isoler économiquement l’Iran afin de contraindre la République islamique à accepter ses conditions pour mettre fin à la guerre.

Bloomberg rappelle que Bank Saderat est l’une des plus anciennes banques commerciales iraniennes et dispose de plusieurs agences à l’étranger.

« Nous avons constaté que d’autres économies plus importantes et plus puissantes, comme celles des Émirats arabes unis et de la Turquie, se sont conformées à ce type de demandes afin de préserver les liens de leurs banques avec le système financier international, a déclaré Karim Souhaid en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), à Bangkok, en Thaïlande. Le Liban ne peut pas se permettre de prendre un tel risque. » Et d’ajouter : « Nous devons parfois prendre des décisions politiquement sensibles, car nous voulons protéger notre secteur bancaire contre d’éventuelles sanctions ou pressions extérieures », a-t-il ajouté.

Sortir de la liste « grise »

Karim Souhaid a par ailleurs réaffirmé la nécessité pour le Liban de sortir de la « liste grise » des pays présentant des lacunes dans la lutte contre le blanchiment d’argent, le Groupe d’action financière (GAFI), qui l’y a placé en 2024, devant se prononcer la semaine prochaine à Paris. Il a également insisté sur la nécessité d’« assainir l’économie de tous les fonds illicites, illégaux ou issus du blanchiment d’argent ». La BDL a fait appel à une société américaine spécialisée afin de cartographier l’économie fondée sur les espèces dans le pays et de repérer toute activité suspecte, a-t-il précisé.

Le Liban cherche à redresser son économie après l’effondrement financier qui a conduit, en 2020, au défaut de paiement d’environ 30 milliards de dollars d’eurobonds. Le pays négocie actuellement avec le FMI en vue d’obtenir un éventuel prêt, une étape essentielle pour amorcer son redressement. « Il s’agit d’un enjeu important », a déclaré Karim Souhaid. Même si cette question ne figure pas parmi les conditions imposées par le FMI pour l’octroi d’un éventuel programme d’aide, « il existe une règle non écrite selon laquelle le Fonds et les bailleurs de fonds qui participeront au programme exigeront un secteur financier sain et transparent », a-t-il affirmé.



La Banque du Liban (BDL) a révoqué cette semaine la licence de la banque iranienne Bank Saderat, l’une des principales banques commerciales de la République islamique, dans un contexte de pressions américaines accrues sur les pays pour qu’ils réduisent leurs liens économiques avec Téhéran.Cette décision vise à « envoyer un signal clair au monde extérieur : nous sommes déterminés à protéger notre secteur bancaire de toute entité susceptible de présenter un risque de contamination », a déclaré le gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, dans un entretien accordé à Bloomberg.Cette mesure s’inscrit dans un durcissement régional des restrictions visant le système financier iranien, notamment aux Émirats arabes unis et en Turquie, sur fond d’intensification des pressions américaines à l’échelle...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut