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Économie - Rapport

L’économie libanaise a tenu le choc mieux que prévu cet été, affirme Bank Audi

Les dépôts en dollars frais ont augmenté à un rythme de 144 millions de dollars par mois sur les premiers mois de l'année, selon des chiffres de la banque.

L’économie libanaise a tenu le choc mieux que prévu cet été, affirme Bank Audi

Vue de Beyrouth depuis un tour à Dekwene le 13 octobre 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour

Dans son dernier rapport trimestriel, le département de recherche de Bank Audi estime que l’économie libanaise a « relativement bien résisté durant l’été », malgré la crise financière qui perdure depuis 2019 et la guerre intermittente entre le Hezbollah et Israël depuis 2023. Un constat partagé par Blom Bank, dont l’indice PMI, qui mesure le moral des directeurs d’achat, s’est maintenu légèrement au-dessus de son point d’équilibre.

Sans considérer la situation comme bonne, Bank Audi souligne que le recul de 6,4 % du PIB attendu en 2026, selon la Banque mondiale et le gouvernement, aurait pu être plus marqué. Par exemple, les arrivées à l’Aéroport international de Beyrouth ont reculé de 5,8 % sur un an au troisième trimestre 2026, contre 44,4 % au trimestre précédent. Cette amélioration atténue le recul cumulé sur neuf mois : 2,11 millions d’arrivées et 4,24 millions de passagers au total, départs et transits compris, soit une baisse de près de 22 %.

Dans l’immobilier, les ventes ont diminué de près de 24 % en huit mois, à 34 083 transactions, selon le ministère des Finances, mais leur valeur n’a reculé que de 4,8 %, portant la valeur moyenne par transaction en hausse de plus de 26 %.

Certains secteurs de l’économie réelle sont en plus grande difficulté, notamment l’agriculture – 22,5 % des terres cultivées sont affectées et 78 % des agriculteurs du Sud n’ont plus accès à leurs terres – ou l'industrie, pénalisée par la hausse des coûts de l’énergie et des intrants.

Restructuration bancaire et stabilisation financière

Parmi les indicateurs relativement plus positifs figurent les prix des eurobonds – les titres de dette en dollars émis par le Liban avant son défaut de paiement de mars 2020 et toujours négociés sur le marché. Ils sont passés de 24 cents pour un dollar fin juin à 27,5 cents à la mi-octobre, souligne Marwan Barakat, directeur du département de recherche de Bank Audi. Ces prix, qui reflètent les anticipations des détenteurs d’obligations quant à une éventuelle restructuration de la dette libanaise, ont grimpé à 29 cents en moyenne après l’interview accordée jeudi à Bloomberg par le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid.

Depuis son arrivée en 2025, le gouverneur s’oppose à plusieurs recommandations du Fonds monétaire international sur la réforme du secteur financier. Dans un entretien accordé depuis Washington, il a toutefois affirmé que les discussions avec le FMI « progressent à un bon rythme ». « Nous espérons atteindre un consensus d’ici à fin novembre sur certains points concernant la restructuration bancaire (…) et la loi de stabilisation financière et de restitution des dépôts. (...) Ce sera une étape importante vers un nouvel accord préliminaire », a déclaré le gouverneur.

Le Liban avait sollicité le FMI en 2020, sans parvenir à conclure un programme d’assistance financière, malgré un premier accord préliminaire signé en 2022, aujourd’hui caduc. Les partenaires institutionnels et les acteurs privés susceptibles d’investir dans le pays conditionnent leur soutien au lancement d’un tel programme, qui permettrait d’envisager le refinancement de l’économie et de la reconstruction.

Parmi les autres indicateurs positifs, Bank Audi relève un excédent nominal de 1,426 milliard de dollars de la balance des paiements sur les huit premiers mois de 2026, ramené à 844 millions hors effet de la hausse des réserves d’or. Ce montant reste inférieur aux 3,289 milliards enregistrés sur l’ensemble de 2025. La banque souligne également la stabilité du taux de change, favorisée notamment par la maîtrise de la masse de livres en circulation, ainsi que la « discipline budgétaire » du gouvernement.

Le rapport fait aussi état d’une hausse mensuelle de 144 millions de dollars des dépôts « fresh » (en dollars frais, par opposition aux dollars bloqués dans les banques depuis le début de la crise), dont le total dépassait 5,6 milliards de dollars en août. « Cette progression est plus importante que celle enregistrée l’an dernier, lorsque les nouveaux dépôts avaient augmenté de 107 millions de dollars par mois, contre 33 millions en 2024 », indiquent les auteurs du rapport.

Bank Audi maintient enfin ses précédentes projections, avec une contraction du PIB comprise entre 5 % et 11 %, selon l’intensité des conflits en cours.

Dans son dernier rapport trimestriel, le département de recherche de Bank Audi estime que l’économie libanaise a « relativement bien résisté durant l’été », malgré la crise financière qui perdure depuis 2019 et la guerre intermittente entre le Hezbollah et Israël depuis 2023. Un constat partagé par Blom Bank, dont l’indice PMI, qui mesure le moral des directeurs d’achat, s’est maintenu légèrement au-dessus de son point d’équilibre.Sans considérer la situation comme bonne, Bank Audi souligne que le recul de 6,4 % du PIB attendu en 2026, selon la Banque mondiale et le gouvernement, aurait pu être plus marqué. Par exemple, les arrivées à l’Aéroport international de Beyrouth ont reculé de 5,8 % sur un an au troisième trimestre 2026, contre 44,4 % au trimestre précédent. Cette amélioration atténue le...
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