Des enfants d'une famille yéménite, déplacés de leur foyer avec leurs familles en raison de la reprise des affrontements entre les forces gouvernementales du Yémen soutenues par l'Arabie saoudite et les houthis, sont assis dans une boutique utilisée comme abri temporaire dans la province de Taëz, au sud-ouest du Yémen, le 8 octobre 2026. Photo AFP

Les rebelles houthis ont attaqué jeudi à coups de missiles et de drones le palais présidentiel d’Al-Maachiq, à Aden, où siège le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Au moins quatre personnes ont été tuées et plus d’une dizaine blessées, selon des sources gouvernementales citées par l’AFP. Le mouvement pro-iranien affirme avoir visé le centre des opérations militaires saoudiennes dans le palais, et prévient que toute présence militaire saoudienne constitue une cible légitime. Une autre attaque a visé Marib, ville stratégique du centre du Yémen.
Dans le même temps, Riyad a accusé Téhéran d’encourager l’escalade des attaques houthis, devenues quasi quotidiennes contre le royaume wahhabite. Selon la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, l’aéroport international de la capitale a été visé à 20 reprises depuis début octobre. Après une attaque meurtrière contre l’aéroport samedi, qui a fait 13 morts selon le bilan rapporté, et de nouvelles explosions à Riyad mercredi, les tensions régionales ont conduit au report du sommet entre l’Union européenne et les pays du Golfe, prévu le 24 octobre dans la capitale saoudienne.
Pourquoi c'est important
Cette situation est importante parce qu’elle dépasse le cadre de la guerre au Yémen : elle risque d’aggraver la confrontation entre l’Arabie saoudite et l’Iran et de déstabiliser davantage le Moyen-Orient. Le conflit au Yémen peut aggraver la confrontation indirecte entre l’Arabie saoudite et l’Iran, Téhéran étant accusé de soutenir militairement les houthis. Les attaques contre Aden menacent la stabilité du gouvernement yéménite, tandis que l’utilisation de missiles et de drones renforce les capacités militaires des houthis. L’escalade pourrait de plus perturber le trafic maritime en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, affectant le commerce mondial et les coûts de transport.
Mais encore ...
Une deuxième information importante aujourd’hui : Benjamin Netanyahu a révélé jeudi avoir eu un échange téléphonique avec le président syrien Ahmad el-Chareh en 2025, reconnaissant pour la première fois un contact direct entre les deux hommes. Selon le Premier ministre israélien, cet appel visait à faire cesser les violences contre les druzes en Syrie. Sans en préciser la date, il a laissé entendre qu’il avait eu lieu en juillet 2025, lors des affrontements entre druzes et Bédouins dans le sud du pays. « J’ai appelé (Ahmad) el-Chareh. C’était une conversation très courte, très franche, et le massacre a cessé », a-t-il déclaré lors d’un meeting électoral avec la communauté druze en Israël, selon la chaîne publique KAN. D’après le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, Netanyahu aurait pris l’initiative de l’appel et averti son interlocuteur qu’Israël interviendrait si les violences ne cessaient pas.

L’entretien Aoun-Rubio. Le président libanais Joseph Aoun s’est entretenu jeudi soir par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio au sujet de la situation au Liban et dans la région. Selon un communiqué de la présidence, Aoun a demandé à Washington « de faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à ses attaques dans le sud du Liban, respecte les dispositions de l’accord-cadre, cesse les travaux de terrassement et permette aux agriculteurs d’accéder à leurs champs ». Le président a également assuré que l’armée et les forces de sécurité « s’acquittent pleinement de leurs missions » dans l’application des décisions visant à lutter contre la présence d’armes, à saisir les armes et les munitions et à combattre la contrebande. Il a affirmé qu’« aucune indulgence ne sera accordée aux contrevenants » et que les lois seront appliquées « sans favoritisme ». Cet entretien intervient après la saisie d’une cargaison d’explosifs C4 à Dahr el-Baïdar, dont le Hezbollah a reconnu être propriétaire, et la mise en garde du député Hassan Fadlallah contre « toute attaque » visant les opposants au parti qu’il accuse d’« appliquer un agenda américain ».

- Un Conseil des ministres électrique. La crise de l’électricité ravive les tensions au sein du gouvernement libanais, alors que le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, est en visite à Beyrouth. Jeudi, trois ministres des Forces libanaises (FL) ont quitté la séance du Conseil des ministres pour protester contre l’absence de décision sur le financement d’Électricité du Liban (EDL). L'électricité devrait être au menu des discussions avec le responsable qatari, dont le pays soutient notamment des projets de remise en état des infrastructures gazières et pétrolières susceptibles de contribuer à l’approvisionnement énergétique du Liban.
- La BDL révoque la licence d'une banque iranienne. La Banque du Liban (BDL) a révoqué la licence de Bank Saderat, l’une des principales banques iraniennes, dans un contexte de pressions américaines accrues sur Téhéran. Le gouverneur Karim Souhaid justifie cette décision par la nécessité de protéger le secteur bancaire libanais des sanctions et de favoriser la sortie du Liban de la liste grise du GAFI, attendue à l’examen la semaine prochaine à Paris.
- Beyrouth évoque une reprise des liaisons aériennes avec le Canada. Le président Joseph Aoun a évoqué avec l’ambassadeur canadien à Beyrouth, Gregory Galligan, la possibilité d’une reprise des vols canadiens vers le Liban. Les discussions interviennent quelques jours après la levée par le président Donald Trump de restrictions entravant les liaisons aériennes directes entre les États-Unis et le Liban, sans que leur rétablissement soit pour autant garanti.
- Arrestation d’un chef de milice pro-Assad accusé du massacre de centaines de civils. Les autorités syriennes ont annoncé l’arrestation d’Ali Kayali, dit Mihrac Ural, ancien chef d’une milice pro-Bachar el-Assad, accusé d’être l’un des principaux responsables des massacres de Banias et de Baïda en mai 2013. Kayali est également soupçonné d’être impliqué dans les attentats de Reyhanli, en Turquie, qui ont fait plus de 50 morts la même année.
- Washington envisage la « mère de toutes les bombes » contre l’Iran. Selon la chaîne aCNN, l’armée américaine a élaboré de nouveaux plans de frappe prévoyant le recours à la MOAB, sa plus puissante bombe non nucléaire, contre des infrastructures énergétiques et des sites nucléaires iraniens. Une telle opération constituerait une escalade majeure, alors que Donald Trump n’a pas ordonné de reprise des frappes. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a accusé Washington de chercher à provoquer des manifestations en aggravant les difficultés de la population par son blocus naval, imposé en riposte au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran.


