Des partisans du Hezbollah rassemblés dans la banlieue sud de Beyrouth, pour un hommage au défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Moins d'une semaine après l'annonce de la saisie, entre la Békaa et Beyrouth, de centaines de kilos d'explosifs, le Hezbollah a publiquement reconnu, lors d'une conférence de presse du député Hassan Fadlallah, que les matières confisquées lui appartenaient. M. Fadlallah a, depuis le Parlement, lancé une mise en garde contre « toute attaque » des parties opposées au parti-milice et qui « appliquent un agenda américain ».
Selon le député, M. Fadlallah a indiqué que dès l'arrestation des deux suspects à Dahr el-Baïdar, le 5 octobre, et la saisie de la voiture et de son chargement, le parti chiite a « tenté de régler l'affaire, à l'écart de toute polémique interne ». « Nous avons rapidement pris contact avec les services de sécurité pour les informer que la voiture appartenait à la Résistance », a-t-il ajouté. Il a déploré qu'il s'est « heurté à l'insistance de certaines parties et de responsables au pouvoir, qui cherchent à atteindre des objectifs qui ne servent que l'ennemi ». « Nous ne tolérerons aucune attaque de la part des parties qui appliquent un agenda américain », a-t-il ainsi menacé.
Après l'annonce vendredi dernier de la saisie, le Premier ministre Nawaf Salam avait promis qu'il n'y aurait « aucune indulgence » vis-à-vis des personnes impliquées dans le transfert de la cargaison de TNT et de C-4, à destination de la banlieue sud de Beyrouth. Le ministre de la Justice, issu de la quote-part des Kataëb au gouvernement, avait, lui, réclamé que le dossier soit envoyé devant la Cour de justice, une juridiction d'exception dont les jugements sont sans appel.
« Nous avons demandé la libération immédiate des personnes arrêtées ainsi que la restitution de ce qui se trouvait à l’intérieur du véhicule, car il s’agit de matériaux utilisés pour défendre le territoire » libanais face à Israël, a encore souligné Hassan Fadlallah. Selon une source judiciaire, l'un des deux hommes arrêtés est le fils d'un responsable au sein du Hezbollah. « Tous les moyens de la Résistance sont exclusivement dirigés contre l’ennemi israélien », a-t-il poursuivi, alors que certains observateurs avaient dit craindre que les explosifs servent à mener des assassinats.
Le parti-milice n'a revendiqué aucune attaque contre Israël depuis la signature, mi-juin, du protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis. L'État hébreu, qui occupe environ 620 km² dans le sud du Liban, poursuit lui ses destructions systématiques dans la bande frontalière et y mène des attaques quotidiennes. Le gouvernement libanais s'est en outre engagé à désarmer le Hezbollah, ce que ce dernier refuse catégoriquement. Le désarmement, prévu dans l'accord de Taëf (1989), la résolution 1701 du Conseil de sécurité (2006) et l'accord de cessez-le-feu de 2024, est la condition sine qua non posée par Washington pour débloquer des financements devant permettre la reconstruction des zones dévastées par les guerres successives entre le parti et Israël.

Le point à 13h : le PM qatari attendu à Beyrouth ; un missile intercepté à Médine ; le Hezbollah veut récupérer ses explosifs saisis à Dahr el-Baïdar
Quel culot, espèce de sauvage, le front est au sud et non à Beyrouth, bref il faudra déjà l’arrêter et le poursuivre en justice, ce député du parti satanique.
13 h 15, le 15 octobre 2026