Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, s'exprime lors d'une conférence de presse à Doha le 9 septembre 2025. Photo Karim JAAFAR / AFP

Le Premier ministre qatari, Mohammad ben Abdelrahmane Al-Thani, doit arriver dans la journée à Beyrouth, une visite durant laquelle il doit s'entretenir avec les trois pôles du pouvoir, le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry. Il pourrait apporter avec lui des initiatives de financement dans divers domaines, notamment dans le secteur énergétique et pour un soutien à l'armée libanaise.
Ce déplacement coïncide avec celui du ministre adjoint iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadé, qui est arrivé mercredi à Beyrouth et a rencontré jeudi le chef du législatif. La visite du responsable iranien fait moins consensus que celle du Premier ministre qatari, et aucune rencontre ne semble prévue entre MM. Khatibzadé et le chef de l'État ni le Premier ministre.
Pourquoi c'est important
Le Qatar a été l'un des principaux bailleurs de fonds de la reconstruction au Liban après la guerre de 2006 ayant opposé pendant un mois le Hezbollah à l'armée israélienne. Il avait également été à l'initiative de l'accord de Doha, en 2008, qui avait mis un terme à une grave crise politique interne et des affrontements. Ces dernières années, alors que le pays du Cèdre a connu une crise économique et financière sans précédent, l'émirat a notamment versé des dizaines de millions de dollars pour financer les salaires des militaires libanais ainsi que des aides dans le secteur de l'énergie. Dans un Liban dont des régions entières ont été dévastées par deux offensives israéliennes successives, entre 2023 et 2024 et depuis mars 2026, et après des années de crises, tous les yeux seront donc tournés sur les annonces que pourrait faire le cheikh Al-Thani.
Le Qatar est en outre l'un des principaux médiateurs entre Israël et le Hamas et fait partie des États impliqués dans les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis. C'est dans le cadre du protocole d'accord entre Téhéran et Washington que le Hezbollah n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël depuis juin, tandis que les négociations sont au point mort entre le Liban et Israël.

Le Hezbollah a reconnu de manière explicite que la cargaison des centaines de kilos d'explosifs saisie à Dahr el-Baïdar lui appartenait. « Nous avons informé les autorités libanaises que le camion d’explosifs saisi appartient à la résistance », a déclaré Hassan Fadlallah, député de la formation chiite, appelant les autorités à « prendre rapidement la mesure des risques et à revenir sur les procédures engagées ».
Parallèlement, au Liban-Sud, les attaques israéliennes se poursuivent et se sont étendues à plusieurs reprises ces derniers jours hors des limites de la « zone tampon » occupée, notamment au niveau de la périphérie de Aïta el-Jabal, dans le caza de Bint Jbeil. Mercredi, une frappe aérienne à la périphérie de ce village a fait deux blessés, dont un enfant. Dans le village de Kfarchouba, plusieurs agriculteurs ont en outre été empêchés de se rendre dans leurs oliveraies jeudi par l'armée israélienne, arguant attendre une autorisation pour commencer la récolte.

- Alors que le ton se durcit en Israël, à moins de deux semaines des législatives du 27 octobre, sur fond de regain des tensions avec l’Iran et de nouvelles menaces contre le Hezbollah et la banlieue sud de Beyrouth, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a affirmé qu’Israël avait « renforcé ses effectifs sur l’ensemble des fronts » et « relevé le niveau de préparation » en raison de « la multiplication des alertes ».
- La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, engagée contre les houthis au Yémen, a annoncé ce matin avoir intercepté un missile dans la région de Médine. L’incident survient après une série d’attaques attribuées aux rebelles pro-iraniens contre le royaume, dont celle qui a fait au moins 12 morts samedi à l’aéroport de Riyad, ainsi qu’une frappe contre le siège du géant pétrolier Aramco à Dhahran. Les houthis ont toutefois réfuté être à l'origine de ce tir sur Médine, l'une des villes saintes de l'Islam.
- L’armée américaine envisage d’utiliser la GBU-43/B, surnommée la « mère de toutes les bombes », contre des sites nucléaires et énergétiques iraniens si Donald Trump relance les opérations militaires, rapporte CNN, citant plusieurs responsables américains. Cette bombe est la plus puissante munition non nucléaire de l’arsenal américain, mais son efficacité contre des installations profondément enfouies est mise en doute.



