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Politique - Guerre

L'occupation israélienne se prolongerait « pendant des années », mouvements militaires dans plusieurs secteurs du Liban-Sud

Une source militaire israélienne affirme à SkyNews qu'il y a encore des infrastructures du Hezbollah « partout » dans la zone occupée.

L'occupation israélienne se prolongerait « pendant des années », mouvements militaires dans plusieurs secteurs du Liban-Sud

Un incendie dans un bâtiment attaqué par l'armée israélienne à Zaoutar el-Charqiyé, le 22 septembre 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Les forces israéliennes continueront d'occuper le Liban-Sud « pendant des années », a déclaré une source militaire israélienne à SkyNews Arabia, alors que des mouvements de véhicules militaires israéliennes et des attaques se poursuivent sur la « zone tampon », en cette journée marquant les trois ans depuis l'attaque du Hamas du 7-Octobre et le début de la guerre israélienne multi-fronts dans la région.

Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, l'armée israélienne continue de mener des opérations à Zaoutar el-Charqiyé, où elle creusait la veille une nouvelle route entre le lieu-dit de la « citadelle de Safita », à la périphérie de Yohmor el-Chaqif, et la rive de Zaoutar el-Charqiyé, quelques kilomètres à l'ouest, dans le caza de Nabatiyé. Des véhicules militaires ont également été observés à Haddatha (Bint Jbeil), sous couvert de tirs de mitrailleuse et d'artillerie, ainsi qu'à Srebbine et Beit Lif. Dans le même caza, des obus ont ciblé le bois proche de Kounine. Des mouvements de troupes ont encore été signalés à Taybé, dans le caza de Marjeyoun. Dans le secteur est, d’intenses tirs de mitrailleuses ont été signalés depuis la position israélienne de Roueissat el-Alam, sur les hauteurs contestées de Kfarchouba, en direction de ce village, toujours habité et situé à la limite de la « zone tampon ». Des tirs d'artillerie ont par ailleurs visé Mansouri (Tyr) et Kfartebnit (Nabatiyé).

Durant la nuit de mardi à mercredi, deux frappes aériennes avaient visé Wadi Slouki, une vallée stratégique séparant les cazas de Marjeyoun et Bint Jbeil, tandis que l’artillerie israélienne avait bombardé Wadi al-Nafkha à Zebqine, Mansouri (Tyr) et Nabatiyé el-Faouqa. Des tirs de mitrailleuse avaient en outre été signalés sur la périphérie de Chebaa.

Des infrastructures du Hezbollah « partout » dans la zone occupée

Ces attaques sur des zones quasiment toutes situées à la lisière de la zone d'occupation ont eu lieu alors qu'une source militaire israélienne a affirmé mercredi au média SkyNews Arabia que les forces israéliennes ne se retireraient pas du sud du Liban et que les habitants n'y reviendraient pas « avant des années ». Cette source anonyme a ajouté que le Hezbollah disposait encore d'infrastructures « partout » au sud de la « Ligne jaune » qui délimite la « zone tampon » et que retrouver toutes ces infrastructures « prendrait des années ». La zone occupée s'étend sur une profondeur d'environ 8 à 10 kilomètres au nord de la « Ligne bleue », la frontière reconnue par l’ONU entre le Liban et Israël. Israël étudie également l’option d’une « ligne grise » plus étroite, à environ 3 à 4 kilomètres du tracé bleu, comme éventuel futur axe de redéploiement. L'armée israélienne annonce régulièrement avoir découvert des tunnels et caches d'armes du Hezbollah au Liban-Sud, alors que Beyrouth s'est engagé à démanteler le parti-milice, à commencer par la zone au sud du Litani. Dans le cadre de l'accord-cadre signé par Beyrouth et Tel-Aviv en juin, l'armée libanaise doit se déployer dans des « zones pilotes » dont doivent se retirer les Israéliens. Ce processus est toutefois gelé, après l'application d'une première zone à Zaoutar el-Gharbiyé, depuis août, dans l'attente de nouvelles négociations qui devraient avoir lieu à partir du 20 octobre à Tampa, en Floride. Dans ce contexte, la source militaire israélienne a accusé l'armée libanaise d'être « infiltrée » par le Hezbollah et de ne pas mener à bien sa mission, des accusations régulièrement portées par des sources israéliennes pour faire pression sur Beyrouth.

Rencontre ONU-Araghchi

Avant la réunion en Floride, les contacts diplomatiques se poursuivent pour mettre un terme aux attaques israéliennes et pousser pour un retrait du Sud. Ces contacts se sont notamment matérialisés avec une rencontre à Téhéran entre le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jean Arnault, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Téhéran est le parrain du Hezbollah et refuse, à l'instar du groupe, son désarmement. Au lendemain d'une déclaration du chef du parti chiite, Naïm Kassem, qui a affirmé être prêt à « coopérer avec l'Etat pour le désarmement, mais loin de tout diktat » étranger, M. Arnault a espéré, selon l'agence de presse iranienne IRNA, une fin prochaine de la guerre et l'instauration d'une « paix et d’une sécurité durables dans la région, en particulier au Liban. » Le ministre Araghchi a, lui, fait part de la disponibilité de l’Iran à « poursuivre les consultations et la coopération avec les Nations unies et les pays de la région afin de contribuer au maintien de la stabilité et de la sécurité au Liban. »

Malgré les attaques israéliennes persistantes sur le Sud, le Hezbollah n'a revendiqué aucune attaque depuis juin et la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran, qui prévoit une trêve « sur tous les fronts ». L'Iran met un point d'honneur, dans ses négociations avec les Etats-Unis, qui continuent de bloquer, à réclamer la fin des attaques et le retrait israéliens du Liban.

Revenant de son côté sur les trois ans de guerre menée par Israël depuis octobre 2023, sur différents fronts, la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya, a publié sur X un récapitulatif en chiffres des actions militaires de l'État hébreu. Selon les chiffres publiés, l'armée israélienne a visé « environ 100 000 cibles » au cours des trois dernières années, dont 28 000 au Liban et en Syrie, 65 000 dans la bande de Gaza, 4 500 en Iran et 80 au Yémen. Israël a par ailleurs essuyé « environ 10 200 tirs depuis Gaza, environ 20 000 depuis le Liban, près de 1 200 depuis l'Iran, une cinquantaine en provenance de la Syrie et près de 90 depuis le Yémen ». Quant aux actions israéliennes en Cisjordanie occupée, l'armée a procédé à « l'arrestation d'environ 45 000 personnes recherchées, saisi plus de 3 800 armes et équipements de combat ainsi que plus de 46 millions de shekels destinés au financement du terrorisme ».

Les forces israéliennes continueront d'occuper le Liban-Sud « pendant des années », a déclaré une source militaire israélienne à SkyNews Arabia, alors que des mouvements de véhicules militaires israéliennes et des attaques se poursuivent sur la « zone tampon », en cette journée marquant les trois ans depuis l'attaque du Hamas du 7-Octobre et le début de la guerre israélienne multi-fronts dans la région. Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, l'armée israélienne continue de mener des opérations à Zaoutar el-Charqiyé, où elle creusait la veille une nouvelle route entre le lieu-dit de la « citadelle de Safita », à la périphérie de Yohmor el-Chaqif, et la rive de Zaoutar el-Charqiyé, quelques kilomètres à l'ouest, dans le caza de Nabatiyé. Des véhicules...
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