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L’ESA, une école à l’épreuve des mutations du Liban

L’ESA, une école à l’épreuve des mutations du Liban

Des étudiants sur le campus. Photo fournie par l’ESA

Née en 1996, dans un Liban encore engagé dans la reconstruction, l’École supérieure des affaires (ESA) a traversé trois décennies au rythme des transformations du pays. Guerre, crises économiques et politiques, révolution, pandémie, explosion au port de Beyrouth, départs massifs de jeunes et bouleversement du marché du travail : depuis sa création, son histoire raconte aussi, en filigrane, celle d’un Liban qui n’a cessé de devoir se réinventer. Créée dans le cadre d’un accord entre la France et le Liban, l’ESA avait été pensée dès l’origine comme une école étroitement connectée aux besoins du monde professionnel.

« L’ESA ne vit pas en vase clos », rappelle Maxence Duault, son directeur général. L’école a progressivement élargi son rôle, passant de la formation diplômante à un accompagnement beaucoup plus large des professionnels et des entreprises. Formations sur mesure, accompagnement des sociétés, entrepreneuriat, enseignements multidisciplinaires : l’évolution de ses programmes témoigne de la nécessité de répondre à un environnement économique et professionnel devenu plus instable et plus complexe.

Cette adaptation concerne aussi la conception même de l’enseignement. Pour Maxence Duault, l’une des transformations majeures tient désormais à la place accordée à l’apprentissage continu. Le modèle selon lequel un étudiant obtient son diplôme, entre dans la vie professionnelle et n’a plus besoin de se former, appartient au passé. Face aux mutations des métiers et à la complexité croissante du monde professionnel, savoir se remettre en question et accepter de s’adapter deviennent des compétences à part entière.

L’ESA observe également ces mutations à travers les entreprises qu’elle accompagne. Des centaines de sociétés sont passées par l’école au fil des années. L’institution se veut ainsi un rouage de l’économie libanaise : en formant les futurs cadres, mais aussi en intervenant directement auprès des entreprises et de leurs collaborateurs. Cette proximité avec le monde professionnel permet à l’école de mesurer les transformations qui touchent les entreprises et les compétences qu’elles recherchent. Les profils attendus ne sont plus les mêmes qu’auparavant et les parcours professionnels sont devenus moins linéaires. Évolution technologique, transformation des métiers et incertitude économique obligent les entreprises comme les salariés à revoir régulièrement leurs pratiques. Pour l’ESA, cette réalité implique de ne pas considérer la formation comme un moment limité aux premières années de la vie professionnelle, mais comme un processus susceptible d’accompagner les individus tout au long de leur parcours. C’est aussi ce qui explique la diversification progressive de l’offre de l’école et l’importance prise par les formations destinées aux professionnels et aux entreprises.

Les crises ont, elles aussi, imposé leur propre rythme. L’école a dû adapter ses moyens, son fonctionnement et ses priorités à un pays dont les repères économiques ont profondément changé.

Car c’est peut-être là que se résume l’histoire de l’ESA : l’école a changé parce que le Liban a changé. « Et si elle a pu traverser ces bouleversements, c’est aussi parce qu’elle a eu trois directeurs, à chaque fois adaptés à la situation du moment », explique Claude Abou Chedid, directrice des affaires académiques.

« Chaque décennie de l’ESA a, en quelque sorte, été marquée par une étape différente de son développement et par la personnalité de son directeur. Le premier a été celui de la construction et de la mise en place des projets. Avec Stéphane Attali, l’ESA a ensuite gagné en rayonnement et en visibilité, portée par son charisme et sa capacité à en être l’ambassadeur, au Liban comme à l’international.

La dernière décennie a été marquée par des défis d’une tout autre nature, avec trois crises majeures : économique, sanitaire et sécuritaire. Maxence Duault a su accompagner l’école à travers cette période particulièrement difficile, préserver ses fondamentaux et, au-delà, projeter l’école avec assurance vers l’avenir. »

Cette capacité d’adaptation, Maxence Duault la revendique également, en rappelant combien les besoins du pays, qu’ils soient financiers ou autres, ont été pris en compte, notamment à travers l’octroi de bourses conséquentes.

L’ESA, historiquement reconnue pour ses programmes de niveau MBA et masters, a par ailleurs fait le choix, il y a douze ans, de développer un programme de bachelor. « L’objectif était aussi d’offrir aux jeunes la possibilité de poursuivre au Liban une formation d’excellence, ouverte sur l’international », souligne Claude Abou Chedid. Maxence Duault rappelle toutefois que, même s’il souhaite voir le plus grand nombre de jeunes revenir au pays, la mission première de l’ESA reste de préparer les leaders de demain et de les accompagner là où ils souhaitent aller.

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Née en 1996, dans un Liban encore engagé dans la reconstruction, l’École supérieure des affaires (ESA) a traversé trois décennies au rythme des transformations du pays. Guerre, crises économiques et politiques, révolution, pandémie, explosion au port de Beyrouth, départs massifs de jeunes et bouleversement du marché du travail : depuis sa création, son histoire raconte aussi, en filigrane, celle d’un Liban qui n’a cessé de devoir se réinventer. Créée dans le cadre d’un accord entre la France et le Liban, l’ESA avait été pensée dès l’origine comme une école étroitement connectée aux besoins du monde professionnel.« L’ESA ne vit pas en vase clos », rappelle Maxence Duault, son directeur général. L’école a progressivement élargi son rôle, passant de la formation diplômante à un...
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