Alison Massoud, étudiante en 2e année d’études prémédicales. Photo DR
Qu’ils soient sociaux, culturels, économiques, sportifs, technologiques ou politiques, les sujets des articles de « The Spirit » sont laissés au libre choix des étudiants, toutes filières confondues, à condition de respecter l’éthique journalistique, adopter une approche académique et scientifique et éviter les questions polémiques.
Mensuel, en ligne et trilingue, « The Spirit » a été initié par le département de journalisme de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) et réalisé en collaboration avec le département de marketing. « J’insiste sur l’identité de chaque étudiant. Pour cette raison, l’e-gazette laisse aux jeunes de l’université la liberté de s’exprimer de la manière qui leur convient le mieux. Et comme la liberté d’expression ne s’arrête pas à un domaine précis, nous avons pensé à tous les étudiants de l’USEK », note Edmond Bou Dagher, chef du département de journalisme. En plus des articles, « ils peuvent publier des poèmes, de courtes histoires ou des témoignages », poursuit ce professeur assistant.
Alison Massoud, étudiante en 2e année d’études prémédicales (pre-med), note d’ailleurs que c’est pour cette liberté qu’elle a rejoint « The Spirit ». Y contribuer est également une occasion de donner libre cours à sa passion pour l’écriture qu’elle cultive depuis son enfance. « La filière scientifique que j’ai choisie exige beaucoup de travail et la pression est énorme. J’ai voulu ainsi avoir quelque chose à côté, quelque chose qui soit vraiment pour moi. Lorsque j’ai découvert « The Spirit », j’y ai vu l’opportunité de mettre mes compétences à profit et de les améliorer pour l’avenir », souligne cette étudiante de 18 ans qui avoue écrire souvent des poèmes. Préparant actuellement un livre, elle considère l’écriture comme « une façon de s’évader. Quand j’ai besoin d’échapper à la pression et au stress des études, je me plonge dans l’écriture, notamment en racontant des moments que j’ai vécus personnellement », confie-t-elle.
« Collaborer à « The Spirit » me permet d’acquérir de l’expérience tout en pratiquant mon métier », note pour sa part Christy Bassil, étudiante en 2e année de journalisme. Racontant qu’elle a déjà publié sur d’autres sites, notamment sur des sujets liés au mode de vie (lifestyle), elle souligne préférer écrire pour
l’e-gazette sur des sujets qui la touchent, surtout que les jeunes contributeurs bénéficient d’une grande « liberté d’expression ».
Après avoir évoqué la nécessité de refléter les multiples backgrounds des jeunes de cet établissement, Edmond Bou Dagher précise que comme « l’e-gazette « The Spirit » est affiliée à l’Université Saint-Esprit de Kaslik, elle représente la culture et l’identité de cette université privée catholique ».
Christy Bassil, étudiante en 2e année de journalisme. Photo selfie
Une diversité dans les sujets qui reflète les affinités des étudiants
Pour sa première édition, « The Spirit » a rassemblé des textes signés par neuf étudiants, reflétant les défis de notre époque, les soucis de cette génération ou les événements qui ont marqué les jeunes auteurs. Ces derniers ont ainsi couvert diverses thématiques, allant du sport à la vie étudiante ou la religion, jusqu’aux questions liées au déplacement de la population et à l’enseignement dans les écoles publiques en temps de guerre, en passant par l’éducation à l’information et l’intelligence artificielle.
« Je préfère écrire des articles à caractère social, économique ou culturel. Ce qui m’intéresse, ce sont les émotions et les préoccupations de la société, tout ce qui touche à la vie des gens », affirme Christy Bassil. Cette étudiante de 19 ans a abordé, dans son papier, les conditions de vie des déplacés du Liban-Sud, un sujet qui l’avait « particulièrement touchée ».
Quant à Alison Massoud, elle s’est penchée sur la pression de la performance qui peut conduire à l’épuisement, avant de prodiguer des conseils qui privilégient le bien-être mental. « Mon objectif en écrivant cet article n’est pas de m’adresser uniquement aux étudiants. J’aime écrire sur des sujets auxquels n’importe quel lecteur, quel que soit son âge ou son parcours, peut s’identifier. Nous sommes tous confrontés aux mêmes difficultés, même si nous les vivons de manière différente. J’aime donc écrire sur ce qui peut nous rapprocher et sur ce que nous avons profondément en commun », affirme cette étudiante qui avoue préférer se baser, dans sa réflexion, sur son expérience personnelle, en espérant être utile aux autres. D’ailleurs, évoquant les conditions difficiles que les jeunes ont vécues ces dernières années, ainsi que l’exigence de progresser sur le plan académique, elle explique qu’écrire sur ce sujet « est aussi une façon de leur montrer qu’il est normal de traverser ce genre de difficulté. L’important est d’apprendre à gérer ses responsabilités et à trouver un équilibre entre sa vie universitaire et sa vie personnelle, sans tout mélanger ».
Bientôt, des vidéos d’étudiants s’ajouteront à « The Spirit »
Par ailleurs, Edmond Bou Dagher souligne que l’e-gazette permet aux étudiants « de préparer leur portfolio » et « d’obtenir une visibilité académique ». Alison Massoud avoue ainsi souhaiter « toucher le plus grand nombre de personnes possible, leur transmettre un message et leur faire découvrir ce que la lecture peut réellement apporter, à travers ce type d’article. J’espère aussi que les lecteurs qui s’y intéressent seront à leur tour encouragés à écrire sur des sujets sur lesquels ils souhaitent s’exprimer». «C’est avant tout une manière de faire circuler les idées et de faire passer le message », estime cette jeune étudiante.
Quant au comité éditorial de « The Spirit », il est composé d’étudiants et d’enseignants du département de journalisme, mais aussi d’autres filières. « C’est une plateforme dédiée aux étudiants de l’université. Il est important que les étudiants soient présents avec nous dans le comité éditorial. De cette façon, il est possible pour nous de recueillir leurs points de vue, de les écouter exprimer leurs sentiments et leurs idées. Peut-être qu’en tant que professeurs, nous n’avons pas les mêmes opinions, rêves ou visions que les étudiants. Ils forment le nerf essentiel de l’université en fin de compte », affirme Edmond Bou Dagher.
Ce dernier souligne par ailleurs que le département de journalisme collabore désormais avec le département des arts de la communication, afin que les étudiants puissent contribuer à l’e-gazette, à travers des films, des reportages ou des documentaires qui seront publiés dans les prochaines éditions, notant que la date de parution du deuxième numéro de « The Spirit » est prévue pour le début du mois de septembre.
Pour accéder à « The Spirit » : https://www.usek.edu.lb/academics/faculty-of-arts-and-sciences/the-spirit

