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Société - Justice

Arsenal du Hezbollah à Ras el-Nabeh : le dossier aux mains de la juge d’instruction militaire

Selon l’enquête préliminaire du parquet , les armes auraient été stockées dans le but de se protéger contre d’éventuels actes hostiles contre le parti chiite.

Arsenal du Hezbollah à Ras el-Nabeh : le dossier aux mains de la juge d’instruction militaire

Les armes saisies à Ras el-Nabeh, le 29 juillet 2026. Photo fournie par une source locale

L’affaire du stock d’armes saisi le 29 juillet, dans le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth, est désormais entre les mains de la première juge d’instruction militaire, Ghada Abou Alouane. Le commissaire du gouvernement près du Tribunal militaire, Claude Ghanem, lui a, en effet, transmis le dossier, mercredi, après avoir engagé des poursuites contre un partisan du Hezbollah (H.J.), au domicile duquel l’arsenal avait été découvert, ainsi que contre trois de ses camarades, actuellement en fuite.

Les quatre individus sont tous poursuivis pour acquisition, détention, et stockage d’armes, H.J. ayant affirmé, lors de son interrogatoire, qu'ils ont également un lien avec ces armes. Ne s’étant pas présentés devant la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) qui les avait convoqués pour être interrogés, ils avaient fait l’objet, le 3 août, de mandats d’amener délivrés par le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami Al-Hajj, mais restés sans effet. Le magistrat avait ensuite lancé à leur encontre des mandats de recherche qui n’ont pas encore abouti. Selon la loi, ces mandats de recherche expirent 30 jours après leur émission.

Kalachnikov et roquettes B7

La saisie des armes, notamment quinze fusils d'assaut de type Kalachnikov, des roquettes B7, et des munitions de différents calibres, découverts à l’occasion d’une altercation familiale ayant dégénéré, intervient alors que le Liban subit une pression croissante d’Israël et des États-Unis pour accélérer le désarmement du Hezbollah, et que le gouvernement a adopté, en avril dernier, une décision visant à réserver la détention des armes dans la capitale aux seules forces légitimes, à faire de Beyrouth une ville exempte d’armes en dehors du cadre de l’État, et à charger l’armée et les forces de sécurité de mettre immédiatement cette décision en œuvre afin d’étendre le plein contrôle de l’État.

Interrogée par L’Orient-Le Jour au sujet d’un éventuel coup de force similaire à celui du 7 mai 2008, lorsque le parti chiite pro-iranien avait pris les armes à Beyrouth après une décision gouvernementale visant son réseau de télécommunications, une source judiciaire a indiqué qu’il ne fallait pas dramatiser « outre mesure » l’affaire de Ras el- Nabeh. Elle a souligné que de nombreux autres stocks d’armes existent dans la capitale et dans différentes régions du pays, « sans pour autant faire susciter autant d’attention ».

Selon cette source, l’enquête a établi à ce stade que l’arsenal avait été entreposé afin de se prémunir contre d’éventuels actes terroristes susceptibles d’être commis par des ressortissants syriens hostiles au Hezbollah. Des pièces et des documents anciens datant de 2015 et découverts au cours des investigations ont ainsi montré que, dans le contexte de la guerre civile syrienne qui a commencé en 2011, des membres du Hezbollah cherchaient à se protéger contre de possibles actions criminelles en soulignant, par écrit, la nécessité de s’armer.

D’après nos informations, la juge Abou Alouane n’a pas encore pris connaissance du dossier en question, les vacances judiciaires ralentissant quelque peu le rythme des permanences. Elle devrait entamer l’examen de l’affaire et poursuivre les investigations dès la semaine prochaine.


L’affaire du stock d’armes saisi le 29 juillet, dans le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth, est désormais entre les mains de la première juge d’instruction militaire, Ghada Abou Alouane. Le commissaire du gouvernement près du Tribunal militaire, Claude Ghanem, lui a, en effet, transmis le dossier, mercredi, après avoir engagé des poursuites contre un partisan du Hezbollah (H.J.), au domicile duquel l’arsenal avait été découvert, ainsi que contre trois de ses camarades, actuellement en fuite.Les quatre individus sont tous poursuivis pour acquisition, détention, et stockage d’armes, H.J. ayant affirmé, lors de son interrogatoire, qu'ils ont également un lien avec ces armes. Ne s’étant pas présentés devant la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) qui les avait convoqués pour...
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