Des enfants se rassemblent devant un magasin du camp de détention de Roj, construit pour accueillir les proches de jihadistes présumés, dans le nord-est de la Syrie, le 5 octobre 2026. Photo Delil SOULEIMAN / AFP
Quelque 2.200 proches de jihadistes d'une cinquantaine de nationalités se trouvent toujours dans un camp du nord-est de la Syrie sous le contrôle des Kurdes malgré un accord d'intégration des institutions kurdes au sein de l'Etat syrien.
Une équipe de l'AFP qui s'est rendue lundi dans le camp de Roj, où se trouvent notamment des Russes, des Français et des Britanniques, a pu voir des femmes en niqab, des enfants et des adolescents circuler parmi les tentes de toile. Certains ont refusé d'être filmés.
Deux sources officielles syriennes ont indiqué à l'AFP que le transfert de la gestion du camp au pouvoir central allait encore prendre du temps.
« Le camp de Roj abrite 729 familles de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, NDLR), soit plus de 2.200 personnes », déclaré à l'AFP la responsable du camp, Hakmieh Ibrahim.
« Il n'y a pas eu de changement dans l'administration jusqu'à présent », a-t-elle ajouté.
Le camp, gardé par des forces de sécurité kurdes, abrite selon elle des familles d'une cinquantaine de nationalités, les Russes formant le groupe le plus important.
Les Français sont évalués à une quarantaine de familles, et le camp compte également des proches de jihadistes originaires d'Allemagne, de Turquie, et de pays arabes dont la Tunisie et le Maroc.
« Le transfert de son administration prendra du temps », a dit mardi un responsable du gouvernement syrien qui suit la question des combattants de l'EI et de leurs familles.
Les Kurdes, qui contrôlaient pendant la guerre de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie, avaient conclu en janvier un accord avec Damas pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat.
L'accord était intervenu sous la pression d'une offensive lancée par les forces du président Ahmad el-Chareh, qui veut réunifier la Syrie après avoir renversé Bachar el-Assad en décembre 2024.
En août, le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) Mazloum Abdi avait annoncé leur dissolution.
Roj est le dernier camp resté sous contrôle kurde, après le retrait des forces kurdes de celui, plus grand, d'al-Hol lors de l'offensive du gouvernement.
Les FDS avaient défait, avec l'appui d'une coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, l'EI en Syrie en 2019 et capturé des milliers de combattants du groupe jihadiste ainsi que des membres de leurs familles.