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Économie - Télécoms

Coopération avec l'Irak, Medusa, Starlink… Charles Hage évoque sur Télé Liban les projets de son ministère

Le ministre a indiqué que les discussions commerciales avec le réseau par satellite d'Elon Musk sont toujours en cours et que les modalités d'exploitation devraient être arrêtées d'ici une à deux semaines.

Coopération avec l'Irak, Medusa, Starlink… Charles Hage évoque sur Télé Liban les projets de son ministère

Un centre d'Ogero à Hazmiyé. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient Le Jour

Le ministre des Télécoms, Charles Hage, a dressé, dans une longue interview accordée à Télé Liban mardi soir, un état des lieux des projets en cours au sein de son ministère depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam, début 2025.

Un entretien accordé dès son retour d'Irak, où il faisait partie d'une délégation conduite par le Premier ministre Nawaf Salam pour une visite axée sur la coopération économique, comprenant un volet consacré aux télécoms.

« Le Liban pourrait devenir une voie d'exportation du pétrole irakien via ses ports et les câbles de fibre optique longeant les oléoducs offrent l'occasion de transformer le pays en débouché méditerranéen pour l'Irak, tout en développant les services numériques entre les deux pays grâce à une véritable "autoroute numérique" », a déclaré le ministre lors de l'entretien. Le ministre a ajouté que le redécoupage des corridors régionaux offrait au Liban l'occasion de retrouver son rôle historique, en coordination avec la Syrie, porte d'accès terrestre vers l'Irak, la Jordanie et les pays du Golfe.

Les risques géopolitiques qui pèsent sur les infrastructures passant par la mer Rouge et le détroit d'Ormuz, où est déployée une partie importante des câbles reliant l'Asie, le Golfe et l'Europe, renforcent effectivement l'intérêt stratégique des routes terrestres reliant directement le Golfe à la Méditerranée, qui restent peu développées, même s'il s'agit là de projets à long terme.

Fibre optique

Le ministre a également abordé plusieurs dossiers liés au développement des télécoms au Liban.

Il a annoncé le lancement d'un plan d'extension du réseau de fibre optique couvrant un grand nombre de centraux téléphoniques sélectionnés en fonction de la densité des abonnés. « Cette première phase permettra de desservir environ 350 000 logements, avant une poursuite du projet dans les budgets 2026 et 2027 », a-t-il insisté. Le ministre n'a pas précisé s'il s'agit de 350 000 logements supplémentaires aux quelque 220 000 déjà raccordés au moment du départ de l'ancien PDG d'Ogero, Imad Kreidiyé, en 2025. Il a toutefois reconnu que le réseau actuel, déployé dans les années 1990, était « en fin de vie ».

Le plan du ministère ambitionne que « 60 à 70 % des connexions haut débit passeront par la fibre optique, 30 à 40 % par le Fixed Wireless Access (FWA) et 5 à 7 % par satellite, avec un développement progressif de la 5G », tandis que « le nombre d'abonnés au haut débit devrait passer d'environ 50 000 aujourd'hui à 500 000 en trois ans ». Le ministre a aussi rappelé qu'une augmentation de 10 % de la pénétration du haut débit se traduit, selon les études, par une hausse de 1,3 point de PIB. Il a également souligné que les appels via WhatsApp représentent désormais près de 93 % de l'ensemble des communications dans le pays.

L'Autorité de régulation, formée en 2025, délivrera les licences pour les réseaux FWA (Fixed Wireless Access) et de fibre optique lorsque le processus de libéralisation du secteur sera enclenché.

Charles Hage a confirmé que le Liban projetait de se connecter à Medusa, le nouveau réseau de fibre optique sous-marin reliant l'Atlantique, la Méditerranée et la mer Rouge, évoquant une entrée en service « dans les trois ans ». Il a aussi expliqué que la mise en service de Cadmos 2, le câble Cadmos 1 modernisé, accusait un retard en raison des conditions régionales et de l'impossibilité pour les navires italiens chargés de sa pose entre Chypre et le Liban d'obtenir une couverture d'assurance.

Liban Telecom

Le ministre a également indiqué qu'il entendait toujours faire appliquer la loi n° 431 sur la libéralisation du secteur des télécoms, « plus de vingt-deux ans après son adoption », un texte dont la mise en œuvre est restée bloquée pendant des années faute de décrets d'application. La situation a commencé à se débloquer en 2025 avec la nomination des membres de l'Autorité de régulation des télécoms, mais l'un des principaux chantiers reste la création de Liban Telecom, une société publique appelée à regrouper les activités actuellement assurées par le ministère, Ogero ainsi qu'à terme, les opérateurs mobiles Alfa et Touch. Cette restructuration doit constituer l'une des principales étapes de la réforme avant l'ouverture progressive du secteur à la concurrence, conformément à la loi 431.

Charles Hage a expliqué que la création de Liban Telecom se déroulera en trois étapes : finalisation de l'organigramme du ministère, évaluation de ses actifs, d'Ogero, d'Alfa et de Touch, puis nomination d'un conseil d'administration chargé de conduire la transition. Il a assuré que tous les employés d'Ogero et du ministère souhaitant rejoindre l'entreprise seront acceptés, sans perdre leurs acquis.

Alfa et Touch

S'exprimant sur la situation des opérateurs mobiles, Charles Hage a affirmé que son ministère était parvenu à réduire les dépenses d'Alfa et de Touch, permettant d'investir plus de 50 millions de dollars dans les réseaux en 2025, tout en augmentant d'environ 25 millions de dollars les transferts au Trésor par rapport aux prévisions.

S'agissant du déploiement du réseau 5G, le ministre a expliqué qu'il fallait d'abord achever la modernisation du réseau 4G, la mise à niveau d'environ 3 000 stations devant coûter près de 200 millions de dollars par opérateur. « Le ministère prévoit de lancer prochainement des appels d'offres pour moderniser les réseaux 4G et 5G, soit par financement public, soit via des investisseurs privés. La couverture 5G pourrait atteindre environ 30 % du réseau dès la première année », a encore estimé le ministre.

Il a précisé que la coordination entre Alfa et Touch comprenait l'augmentation du partage des sites radio et le déploiement du National Roaming dans les régions reculées.

Starlink

Le ministre a rejeté les accusations d'illégalité concernant la licence accordée le 8 octobre 2025 à Starlink, précisant que le Conseil des ministres avait approuvé le projet à l'unanimité, après qu'un ministre eut demandé l'avis de l'Autorité de régulation. Le service de législation et de consultation a conclu qu'aucune nouvelle loi n'était nécessaire. Les services de sécurité ont donné leur accord après avoir vérifié les mécanismes de contrôle.

Le décret ministériel accordant une licence de deux ans au fournisseur d'internet par satellite d'Elon Musk pour opérer dans le pays fait l'objet de plusieurs recours devant la justice administrative depuis l'automne dernier.

Charles Hage a indiqué que les discussions commerciales avec Starlink sont toujours en cours et que les modalités d'exploitation devraient être arrêtées d'ici une à deux semaines. Il a ajouté que le service sera, dans un premier temps, réservé aux entreprises et aux grandes institutions afin d'assurer une connexion de secours aux quelque 200 entreprises internationales présentes au Liban, employant près de 20 000 personnes.

La capacité actuelle des satellites Starlink au-dessus du Liban étant limitée, la priorité sera donnée à ces entreprises et un tarif plancher d'environ 100 dollars sera appliqué afin de préserver l'équilibre du marché et de ne pas concurrencer les opérateurs locaux. Il a également indiqué que certaines administrations publiques utilisent déjà Starlink en cas d'urgence et que le Liban bénéficie aussi, dans une moindre mesure, des services de OneWeb et d'Eutelsat, dont l'usage pourrait être étendu à l'avenir aux entreprises, aux ambassades et aux institutions publiques.

Le ministre des Télécoms, Charles Hage, a dressé, dans une longue interview accordée à Télé Liban mardi soir, un état des lieux des projets en cours au sein de son ministère depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam, début 2025.Un entretien accordé dès son retour d'Irak, où il faisait partie d'une délégation conduite par le Premier ministre Nawaf Salam pour une visite axée sur la coopération économique, comprenant un volet consacré aux télécoms.« Le Liban pourrait devenir une voie d'exportation du pétrole irakien via ses ports et les câbles de fibre optique longeant les oléoducs offrent l'occasion de transformer le pays en débouché méditerranéen pour l'Irak, tout en développant les services numériques entre les deux pays grâce à une véritable "autoroute numérique"...
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