le logo d'une application de messagerie par intelligence artificielle sur l'écran d'un smartphone (à gauche) et les lettres « AI » sur l'écran d'un ordinateur portable, à Francfort-sur-le-Main, le 26 février 2024. Photo Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à l'Intelligence artificielle devrait se tenir la semaine prochaine à l'occasion de l'Assemblée générale, a indiqué lundi une source diplomatique française, au moment où l'inquiétude grandit sur les risques posés par les systèmes les plus avancés.
L'IA sera « très haut dans l'agenda » de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine, a souligné cette source à des journalistes. « Il devrait y avoir une réunion du conseil de sécurité consacrée à l'IA et la sécurité », a-t-elle ajouté.
La France, qui assure la présidence mensuelle du Conseil de sécurité en septembre, souligne la nécessité de discuter de « la menace existentielle que l'IA pourrait constituer pour l'humanité », notant que plusieurs PDG d'entreprises de technologies d'IA ont eux-mêmes exprimé des inquiétudes.
Mais elle risque de se heurter à une fin de non-recevoir du président américain. Donald Trump a fustigé lundi une « conspiration malsaine » contre l'intelligence artificielle, rejetant les appels à plus de régulations pour cette technologie. Il a aussi qualifié de « canular » l'affirmation selon laquelle l'IA pourrait détruire l'humanité.
Fin août, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait, lui, appelé à instaurer une « discipline de l'IA » fondée notamment sur l'évaluation des modèles avant leur déploiement, leur surveillance après mise en service et le partage d'informations entre Etats après des incidents graves survenus pendant l'été.
« L'intelligence artificielle doit elle aussi avoir à rendre des comptes », avait-il estimé, précisant qu'il ne s'agissait pas de « brider l'innovation », de « freiner le progrès » ou de « retarder sa diffusion dans nos économies et dans nos sociétés » mais d'en « conjurer les périls les plus graves ».
Outre l'IA, l'Assemblée générale de l'ONU sera l'occasion d'évoquer la situation au Liban, à Gaza et en Ukraine.
La France utilisera à la fois sa présidence du G7 et sa présidence du Conseil de sécurité en septembre pour défendre le multilatéralisme alors que les institutions internationales sont de plus en plus sous pression, a également indiqué la source diplomatique.
« Nous croyons à la force d'un système international fondé sur le droit plutôt que sur la loi du plus fort », a-t-elle fait valoir.