La crête de Ali al-Taher, dans le sud du Liban, le 6 juin 2026 (en haut) et les conséquences d’une démolition israélienne le 10 septembre 2026 qui a déclenché une secousse de magnitude 4,1 (en bas). Photo AFP
Au moment où le Hezbollah fait face à une pression croissante sur la question de ses armes, y compris au nord du Litani, et où les initiatives visant à renforcer la présence de l’État dans les régions chiites se multiplient, le Hezbollah et Amal ont lancé lundi un appel à préserver la paix civile. Une « ligne rouge », selon les deux formations, qui ont appelé à éviter l’escalade interne et à privilégier le dialogue.
« La paix civile constitue une ligne rouge et une responsabilité nationale partagée. Nous rejetons toutes formes d’incitation à la haine et de discorde, ont souligné lundi les deux mouvements chiites alliés, le Hezbollah et Amal. « Le traitement des questions litigieuses ne doit pas se faire par l’escalade, mais par le dialogue à travers les institutions, afin d’éviter d'accentuer des divisions qui menaceraient la paix civile. Il faut aborder cette étape avec un sens élevé des responsabilités nationales et s’éloigner des calculs étriqués », ont souligné les directions des deux formations, dans une déclaration commune, à l’issue d’une réunion entre le président du Conseil exécutif du Hezbollah, Ali Daamouche, et le président exécutif du mouvement Amal, Moustafa Fawwani.
Le tandem chiite a de plus appelé l’État à assumer ses responsabilités, à résoudre notamment les crises économiques et sociales, de manière à renforcer la capacité du Liban à faire face aux prochaines échéances. Il a aussi rappelé à l’Etat ses responsabilités en matière de reconstruction, d’indemnisation des personnes touchées (par la guerre) et de retour des habitants dans leurs villages du Sud. « Ces dossiers ne peuvent être reportés, mais constituent une priorité nationale qui exige la mobilisation rapide des moyens officiels et populaires », a insisté le communiqué, invitant l’Etat à « mettre à profit le soutien arabe et international » dont il bénéficie, pour permettre aux populations sinistrées de rentrer chez elles.
« Le Liban ne peut supporter davantage de blocage ou de tensions et a plus que jamais besoin d’entente, d’action constructive et de mise en commun des efforts », a conclu le communiqué d’Amal et du Hezbollah qui a par ailleurs, invité à donner la priorité à l’intérêt national, à la protection du Liban, à la relance de l’Etat et de ses institutions.
Ces propos interviennent alors que l'armée israélienne s'acharne toujours sur le Liban-Sud, et particulièrement sur le village côtier de Mansouri après le dynamitage du site de Ali Taher (Nabatiyé), ancienne position clé du Hezbollah passée sous contrôle israélien. Samedi dernier, le président libanais, Joseph Aoun, s'est rendu au Liban-Sud où il a répété la nécessité d'un retrait israélien de la région, d'un retour des déplacés et de la reconstruction des localités détruites. Accompagné par le chef de l'armée Rodolphe Haykal, il s'est rendu dans la ville de Nabatiyé, à quelques kilomètres de la crête de Ali Taher, en signe de « solidarité » avec les habitants de cette ville, durement touchée cette semaine par les attaques israéliennes.