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Société - Télécommunications

Pourquoi le Liban veut se connecter au cable de fibre optique sous-marin Medusa

Avec cette infrastructure, qui viendrait s'ajouter aux deux reliant déjà le Liban à des réseaux sous-marins, le pays disposerait à terme des bases nécessaires pour devenir un point de transit entre l'Europe et le Golfe.

Pourquoi le Liban veut se connecter au cable de fibre optique sous-marin Medusa

Des câbles de fibre optique. Photo d'illustration Fred Tanneau/AFP

Le Liban devrait prochainement se connecter à Medusa, un nouveau réseau de fibre optique sous-marin, qui relie l'Atlantique, la Méditerranée et la mer Rouge. Un projet de raccordement lancé il y a plusieurs années par le ministère des Télécommunications, qui a reçu jeudi l'approbation du Conseil des ministres pour signer l'accord. Cette nouvelle connexion viendra s'ajouter aux deux qui relient actuellement le Liban au réseau internet, via les câbles Cadmos 2 et I-ME-WE.

Qu'est-ce que Medusa, pourquoi ce troisième branchement est-il important et les abonnés verront-ils des changements une fois le projet concrétisé ? Explications.

Le projet de câble sous-marin Medusa

Medusa est un nouveau réseau de fibre optique qui doit relier l’Atlantique, la Méditerranée et la mer Rouge. Selon le site officiel du projet, le câble doit s’étendre sur plus de 8 700 kilomètres, avec 21 points d’atterrissement. Chaque segment peut comprendre jusqu’à 24 paires de fibres, avec une capacité annoncée de 20 térabits par seconde par paire. Sa durée de vie prévue est de 25 ans, comme celle de la plupart des infrastructures de ce type. Medusa se présente comme un « réseau indépendant et en accès ouvert, destiné à accueillir différents opérateurs. » Le tracé actuellement présenté par Medusa passe notamment par Lisbonne, Marseille, Athènes, Chypre, Tartous, Port-Saïd et Aqaba, avec quelques sections jusqu'à présent du câble installées et opérationnelles.

Le projet de raccorder le Liban à ce câble avait déjà été lancé sous le mandat de l’ancien ministre des Télécommunications Johnny Corm, prédécesseur de Charles Hage. L’objectif était de connecter le Liban à une nouvelle infrastructure sous-marine afin de compléter les câbles déjà utilisés par le pays et de préparer leur remplacement à plus long terme, selon Imad Kreidiyé, ancien directeur général d’Ogero entre 2017 et 2025, contacté par L'Orient-Le Jour. Ce dossier a été présenté jeudi au gouvernement, qui a autorisé le ministre Hage à signer l'accord avec Medusa. Aucune date n'a encore été avancée pour cette signature et le ministère n'était pas immédiatement joignable pour fournir un calendrier. Le coût d’investissement de base avancé par le ministère des Télécommunications est de 19,33 millions d’euros. Une première partie des paiements, d’environ 9,08 millions d’euros, était prévue pour 2026, le reste devant être couvert au cours des exercices suivants.

Pourquoi ce branchement ?

Le Liban est aujourd’hui principalement connecté à deux systèmes : I-ME-WE et Cadmos 2 (la nouvelle version de Cadmos 1, dont il reprend le tracé et doté d'une capacité largement accrue), qui le relie à Chypre et qui est interconnecté au câble Alexandros reliant l'île d'Aphrodite à l'Égypte et à Marseille.

Selon les différentes sources interrogées, le problème n’est pas aujourd’hui lié à un manque de capacité : I-ME-WE et Cadmos ne sont pas saturés et peuvent encore supporter davantage de trafic. L’enjeu est plutôt le vieillissement de ces infrastructures et la volonté d'augmenter les capacités de stockage. En effet, selon Imad Kreidiyé, I-ME-WE (qui relie Beyrouth à l'Europe) arrivera en fin de vie dans quelques années seulement, et son remplacement risquerait de coûter cher au Liban.

La situation est différente pour Cadmos. Cadmos 1 est en cours de rénovation avec Chypre et doit devenir Cadmos 2, dont la mise en service est attendue d’ici à 2027, selon M. Kreidiyé. Si le raccordement à Medusa est réalisé, le Liban pourrait donc disposer pendant un temps de trois connexions, ce qui permettrait donc d’alléger progressivement le trafic passant par I-ME-WE.

Une source au sein d'un fournisseur d’accès à internet souligne, elle, que l’intérêt principal de Medusa est la redondance. « Avoir un câble de plus est une bonne chose, car en cas de problème ou de coupure sur une connexion, le trafic peut passer par une autre route », explique-t-elle.

Le Liban pourrait-il devenir un point de transit régional ?

Le projet pourrait aussi avoir un intérêt qui dépasse les besoins du marché libanais. La source chez un fournisseur soulève en effet les risques géopolitiques qui pèsent sur les infrastructures passant par la mer Rouge et le détroit d’Ormuz. Une partie importante des câbles reliant l’Asie, le Golfe et l’Europe emprunte ces zones. À l’inverse, les routes terrestres reliant directement le Golfe à la Méditerranée restent peu développées. Le Liban pourrait donc chercher à utiliser sa position géographique pour devenir un point de raccordement entre les câbles sous-marins de Méditerranée et une future liaison terrestre venant du Golfe.

La source au sein du fournisseur indique d'ailleurs qu'un tel projet de hub de transit fait des envieux : Israël a également des ambitions pour devenir un corridor de transit entre la Méditerranée et le Golfe, notamment à travers un projet passant par Haïfa.

Pas de changements immédiats pour les usagers

Pour les utilisateurs libanais, l’arrivée de Medusa pour laquelle aucun calendrier de déploiement n'a encore été précisé ne devrait toutefois pas entraîner une amélioration spectaculaire de la vitesse de connexion, alors que la question de la lenteur de l'internet au Liban est principalement due, selon Imad Kreidiyé, à la qualité du réseau de distribution à l'intérieur du pays. Celui-ci, construit en grande partie dans les années 1990, repose encore largement sur le cuivre et la conversion vers la fibre optique reste incomplète. Alors même que cette dernière offre de nombreux avantages, comme une capacité très importante, une faible latence et une grande stabilité, notamment face aux intempéries.

Le Liban devrait prochainement se connecter à Medusa, un nouveau réseau de fibre optique sous-marin, qui relie l'Atlantique, la Méditerranée et la mer Rouge. Un projet de raccordement lancé il y a plusieurs années par le ministère des Télécommunications, qui a reçu jeudi l'approbation du Conseil des ministres pour signer l'accord. Cette nouvelle connexion viendra s'ajouter aux deux qui relient actuellement le Liban au réseau internet, via les câbles Cadmos 2 et I-ME-WE. Qu'est-ce que Medusa, pourquoi ce troisième branchement est-il important et les abonnés verront-ils des changements une fois le projet concrétisé ? Explications. Le projet de câble sous-marin MedusaMedusa est un nouveau réseau de fibre optique qui doit relier l’Atlantique, la Méditerranée et la mer Rouge. Selon le site officiel...
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