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Nos lecteurs ont la parole

« Et si... » Une lycéenne de 15 ans ose imaginer

Je lisais mon journal préféré en ligne ce matin quand un titre m’a arrêtée net : « L’état d’hostilité doit prendre fin à jamais. » Je suis restée silencieuse un moment, et une seule question a surgi dans mon esprit : et si c’était vraiment possible ?

Et si c’était la dernière guerre du Liban ? Et si le Hezbollah était désarmé et l’influence iranienne sur notre pays définitivement démantelée ? Et si le Liban parvenait à une paix véritable et durable avec ses voisins – y compris son voisin du Sud ? Et si cette paix, jadis impensable, se traduisait par un retrait, un traité de paix et une normalisation officielle, et que nous assistions à la réouverture d’une frontière scellée depuis 1948 ?

Mes parents et mes grands-

parents n’ont jamais vu ce qu’on appelait autrefois la Palestine. Ils ont passé leur vie à rêver de visiter Bethléem, Nazareth et Jérusalem – de prier là où Jésus-Christ est né, là où il a été crucifié, là où il est ressuscité. J’ai partagé ce rêve toute ma vie. Mais je n’ai que 15 ans, et quatre générations de ma famille ont été privées de traverser cette frontière au nom d’une guerre qui ne nous a apporté que des malheurs.

Je tiens à être claire : je ne cautionne pas la spoliation du peuple palestinien. Je porte une tristesse sincère pour ce qu’il a enduré et continue d’endurer. Mais j’ai aussi eu la chance de ne pas avoir été élevée dans l’idée qu’un peuple tout entier – le peuple juif – serait fondamentalement mauvais. La haine transmise de génération en génération n’est pas de la sagesse, c’est une prison.

Je rêve que le moment est venu pour quelque chose de différent. Je rêve de prospérité économique pour mon pays – pas pour la cinquième ou sixième génération, mais de mon vivant. Le Liban a poussé ses habitants à l’émigration pendant des décennies. Des millions de Libanais font vivre leur famille depuis l’étranger parce qu’il n’y a pas assez ici pour les faire vivre. Ce n’est pas un pays qui fonctionne normalement, c’est un pays qui se vide lentement de sa substance.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans les années 1960, le PIB par habitant du Liban était comparable à celui de plusieurs nations européennes.

Bilan depuis la guerre de 2006 : +120 % pour l’économie israélienne, −43 % pour la nôtre. Pendant qu’Israël se renforce même en temps de guerre, le Liban, lui, revient à son PIB d’il y a trente ans. Israël, qui compte deux fois la population du Liban, possède une économie vingt fois plus grande. Ces chiffres m’ont rendue triste, puis mise en colère. Le « et si » dont je suis partie n’est pas une fantaisie. On doit évoluer, c’est une nécessité.

Je rêve de pèlerins libanais musulmans priant à al-Aqsa et de chrétiens libanais debout devant l’église de la Nativité. Je rêve de commerce, de routes ouvertes, d’un Beyrouth qui retrouve le rôle de carrefour régional qu’il occupait autrefois. Et oui – peut-être un jour – je rêve que les Israéliens découvrent que les pentes de Faraya sont extraordinaires, que la cuisine libanaise est unique au monde, et que le houmous et le falafel ne sont pas nés à Tel-Aviv.

Les données ne mentent pas. Les gens – et pendant trop longtemps, ceux qui dirigeaient notre pays – nous ont menti sur où mène le chemin de la résistance. Il mène ici : à la pauvreté, à l’émigration, à une génération de jeunes Libanais qui n’ont connu que la crise.

Je ne suis pas naïve. Je sais que la voie vers toute normalisation sera longue, douloureuse et chargée de griefs légitimes de toutes parts. Le sort des Palestiniens – tant à Gaza qu’au Liban, où ils se voient également refuser des droits fondamentaux – ne peut être écarté d’aucune conversation honnête sur la paix. Pas plus que le fait que les citoyens arabes israéliens restent, à bien des égards, des citoyens de seconde zone dans leur propre pays.

Mais je sais aussi ceci : le gâteau que nous nous disputons tous au Liban est désespérément petit. Le faire grandir en temps de paix n’est pas une trahison envers quelque cause que ce soit. C’est la seule façon pour quiconque – Libanais, Palestiniens, Syriens – d’entrevoir une vie meilleure.

Seule une paix solide et durable avec nos voisins pourra contribuer à cet objectif.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Je lisais mon journal préféré en ligne ce matin quand un titre m’a arrêtée net : « L’état d’hostilité doit prendre fin à jamais. » Je suis restée silencieuse un moment, et une seule question a surgi dans mon esprit : et si c’était vraiment possible ?Et si c’était la dernière guerre du Liban ? Et si le Hezbollah était désarmé et l’influence iranienne sur notre pays définitivement démantelée ? Et si le Liban parvenait à une paix véritable et durable avec ses voisins – y compris son voisin du Sud ? Et si cette paix, jadis impensable, se traduisait par un retrait, un traité de paix et une normalisation officielle, et que nous assistions à la réouverture d’une frontière scellée depuis 1948 ?Mes parents et mes grands-parents n’ont jamais vu ce qu’on appelait autrefois la...
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