Il est regrettable de constater que la question des examens officiels au Liban soit devenue un sujet de surenchère politique et de populisme, alors qu’elle devrait demeurer une question exclusivement pédagogique et académique, guidée par les exigences de la qualité de l’enseignement et par l’intérêt supérieur des élèves ainsi que de la nation.
Les examens officiels ne constituent pas une simple formalité administrative que l’on peut maintenir ou supprimer au gré des circonstances politiques. Ils représentent un instrument fondamental d’évaluation des acquis des élèves, de mesure de l’efficacité du système éducatif et de garantie de l’égalité des chances entre tous les candidats. Dès lors, toute décision visant à les supprimer devrait relever d’une analyse pédagogique approfondie et de circonstances véritablement exceptionnelles, et non de considérations électoralistes ou de calculs politiques à court terme.
Et si des circonstances extraordinaires imposaient malgré tout leur annulation, une telle décision ne devrait être annoncée qu’à proximité de l’échéance des examens et non plusieurs mois à l’avance. En effet, lorsqu’un élève sait dès le départ que les examens pourraient être supprimés, sa motivation à étudier, à persévérer et à fournir les efforts nécessaires s’en trouve inévitablement affaiblie, au détriment de son niveau académique et de la qualité globale de l’enseignement.
Le Liban a déjà payé un lourd tribut à l’ingérence politique dans les institutions publiques. Que cette ingérence s’étende aujourd’hui au secteur éducatif constitue un danger direct pour l’avenir des générations montantes. Ce qui se produit parfois autour de la question des examens officiels rappelle certaines approches observées dans le débat sur l’amnistie générale, où les considérations populistes et électoralistes prennent le pas sur l’intérêt national et les principes fondamentaux de l’État.
Les nations ne se construisent ni par les slogans ni par la démagogie. Elles se bâtissent par le savoir, la discipline et la force des institutions. L’éducation, plus que tout autre domaine, exige des décisions responsables fondées sur des critères académiques rigoureux et non sur des discours destinés à séduire l’opinion publique.
Il est dès lors profondément regrettable que la question de l’annulation des examens officiels puisse devenir un argument électoral plutôt qu’un débat scientifique et pédagogique. L’avenir des élèves ne saurait être utilisé comme un outil de conquête politique, pas plus que l’éducation ne doit devenir un terrain de compétition populiste.
Il appartient à l’ensemble des responsables politiques de préserver l’école et l’université des calculs partisans et de laisser les décisions pédagogiques aux spécialistes compétents. Car le véritable investissement dans l’avenir du Liban commence dans les salles de classe et non sur les tribunes de la démagogie.
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