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Nos lecteurs ont la parole

Feuille de route pour que le Liban sorte du cycle de guerres dévastatrices

Depuis des décennies, le Liban subit des guerres par procuration sur son territoire et paie un lourd tribut pour la défense de la cause palestinienne. Ces conflits armés ont entraîné une occupation accrue du territoire libanais par les Palestiniens, les Syriens et les Israéliens, des morts innocents et des déplacements de population. Il est donc du devoir national des dirigeants de l’État de rejeter cette amère réalité et de trouver la meilleure solution à la crise libanaise.

Premièrement, l’État libanais doit mener des négociations avec Israël sous l’égide de la communauté internationale et sous l’égide des États-Unis, et plus précisément avec le président libanais, conformément à la Constitution libanaise. Négocier avec l’ennemi n’est pas un acte de trahison si le négociateur libanais respecte la souveraineté de l’État. Les négociations menées par l’Iran avec les États-Unis pour mettre fin définitivement à la guerre au Moyen-Orient en sont un exemple éloquent. Le Liban a les mêmes droits que les autres nations et exige un cessez-le-feu immédiat, le retrait israélien de tous les territoires occupés dans le Sud, le retour des personnes déplacées dans leurs villages et la libération de tous les prisonniers libanais détenus dans les prisons israéliennes. Cette mesure doit s’accompagner de la reddition des armes du Hezbollah à l’armée libanaise, dans le cadre d’une stratégie de défense nationale incluant une force de réserve composée de toutes les confessions et partis libanais, engagée dans la défense du Liban sous l’autorité de l’État, détenteur du pouvoir de décider de la guerre et de la paix. Et que le Hezbollah préserve le Liban des jeux politiques et de tout conflit portant atteinte à ses intérêts supérieurs.

Par ailleurs, tous les partis libanais qui réclament l’annulation de la stratégie de défense nationale doivent aborder cette question avec réalisme. Il convient d’expliquer clairement à ceux qui croient que l’armée israélienne peut accomplir cette tâche qu’elle ne peut désarmer le Hezbollah de tout le territoire libanais sans occuper l’intégralité du Sud, la vallée de la Békaa et Beyrouth – une opération impossible. Le Hezbollah doit donc accepter que la création d’un État dans l’État ou d’une armée parallèle indépendante de l’État soit irréalisable et inacceptable dans le cadre de la souveraineté et des décisions de l’État.

L’État libanais doit également soulever la question du rejet de toute implantation palestinienne au Liban lors des négociations avec Israël. L’administration américaine, en tant que garante des négociations, doit prendre conscience des dangers que représente la présence continue de réfugiés palestiniens dans les camps, et ce sur tous les plans : sécuritaire, social, démographique, économique et environnemental. Elle doit soutenir la demande du Liban de relocaliser ces réfugiés vers d’autres pays arabes capables de les accueillir. La partie libanaise devrait également soulever la question du retour des réfugiés syriens dans leur pays auprès de l’administration américaine, qui détient le véritable pouvoir de décision, et s’assurer qu’elle comprenne les répercussions de cette présence syrienne au Liban, qui constitue un lourd fardeau sur les plans sécuritaire, économique, social, politique, environnemental et démographique.

Le négociateur libanais demande également le déploiement de forces internationales, sous l’égide des États-Unis, aux frontières entre le Liban et Israël et entre le Liban et la Syrie, conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies, afin de dissuader toute agression militaire de la part d’Israël, de la Syrie ou du Liban.

Deuxièmement, après l’acceptation de toutes ces demandes libanaises dans le cadre des négociations libano-israéliennes menées sous l’égide des États-Unis, un traité de paix sera signé avec Israël. Certains partis libanais ne considéreraient pas cela comme de la trahison, à condition que les conditions ne portent pas atteinte à la souveraineté libanaise. Nous devons être convaincus qu’il n’existe aucune solution au problème des guerres au Moyen-Orient sans la conclusion d’un accord de paix avec Israël entre tous les États arabes et les pays de la région.

Troisièmement, maintenir des relations amicales et fraternelles avec tous les États arabes et ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures qui affectent leur sécurité nationale, ainsi qu’avec l’Iran, dans le respect de la souveraineté libanaise.

Elias ABU JAWDEH

Docteur en sciences politiques

Général de brigade à la retraite

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Depuis des décennies, le Liban subit des guerres par procuration sur son territoire et paie un lourd tribut pour la défense de la cause palestinienne. Ces conflits armés ont entraîné une occupation accrue du territoire libanais par les Palestiniens, les Syriens et les Israéliens, des morts innocents et des déplacements de population. Il est donc du devoir national des dirigeants de l’État de rejeter cette amère réalité et de trouver la meilleure solution à la crise libanaise. Premièrement, l’État libanais doit mener des négociations avec Israël sous l’égide de la communauté internationale et sous l’égide des États-Unis, et plus précisément avec le président libanais, conformément à la Constitution libanaise. Négocier avec l’ennemi n’est pas un acte de trahison si le négociateur libanais respecte la...
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