Le climat politique s’assombrit de plus en plus, et les déclarations des décideurs oscillent entre des menaces d’ordre nucléaire et des signes d’apaisement qui ne suscitent pas l’espoir tant attendu d’un retour au calme et à la paix dans la région.
C’est dans ce contexte que début mai, une figure emblématique de la scène politique internationale, le président français Emmanuel Macron, a fait un geste qui a réjoui les cœurs : lors d’une rencontre qui l’a réuni avec le Premier ministre de l’Arménie, Nikol Pashinyan, où il était en visite, il a dépassé le cadre des formalités du sommet politique européen qui se tenait à Erevan, et s’est mis à chanter La Bohème, avec bonne humeur et émotion. À travers l’une des chansons qu’Aznavour a interprétées, le président français a voulu rendre hommage au peuple arménien. Le chanteur né sous le nom de Shahnour Varenagh Aznavourian a, comme des milliers d’autres qui se sont installés en France, changé de nom, et pris le nom de
Charles Aznavour.
Même s’il ne semble pas avoir la voix d’un chanteur, Emmanuel Macron a tenu à rendre hommage à cet artiste franco-arménien au répertoire riche de 1 200 chansons en quelque huit langues, que la célèbre Édith Piaf avait soutenu sans réserve et qui a été une des sources de joie des auditeurs pendant des décennies. Sa présence en tant qu’acteur dans plusieurs films occupe également une place particulière dans le cœur des Français.
Les personnalités présentes, notamment les Premiers ministres britannique, espagnol et canadien, ont écouté avec enthousiasme ce compagnon de route politique entonner la célèbre chanson, accompagné au piano et à la batterie du président et du Premier ministre arménien.
Ce geste de la part du président Macron s’était déjà produit sous une autre forme lors des funérailles exceptionnelles de l’une des stars du cinéma français, Jean Belmondo. Tout au long de sa carrière artistique, l’acteur a connu une popularité sans précédent, dont les Français ont témoigné en se rassemblant par milliers lors de l’hommage national qui lui a été rendu aux Invalides. Une cérémonie qui sortait des sentiers battus qu’a ainsi voulue le président français
Est-ce que ces gestes resteront exceptionnels ou ce sera dorénavant une tradition de la présidence.
Entretemps dans ce monde, les discours de menaces et les destructions se poursuivent, surtout dans notre pays.
Que Dieu nous protège des missiles de toutes sortes et de la haine de ceux qui se réjouissent de leur production. Et si seulement ceux-là réfléchissaient à ce qu’a fait le président Macron : bien qu’il dispose de missiles puissants, il laisse à ses sentiments humains une marge de manœuvre pour agir avec noblesse… De quoi tous les dirigeants ont tant besoin !
Fouad MATAR
Écrivain
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