Les Phéniciens, peuple sémite du premier millénaire avant J.-C., ont bâti leur civilisation au Liban entre la mer Méditerranée et les montagnes. Maîtres navigateurs, ils ont établi des cités-États côtières comme Sidon et Tyr, fondant une thalassocratie (État dont la puissance repose principalement sur la domination des mers) axée sur le commerce maritime et la construction navale grâce à nos cèdres séculaires.
Nos ancêtres doivent leur influence sur la côte libanaise grâce à son emplacement stratégique : installés sur une étroite bande côtière, ils se sont tournés vers la mer.
Notre héritage ? La civilisation phénicienne a fait du Liban un carrefour façonnant son identité méditerranéenne et commerciale.
Les Phéniciens ont dominé la côte libanaise de 1200 avant J.-C. jusqu’en 332 avant J.-C. Cette période faste s’est terminée avec la conquête de la région par les Grecs, puis les Romains, les Arabes musulmans, les croisés, les mamelouks et les Ottomans…
Par la suite, le mandat français (1920-1946) – qui nous a fait rêver – et l’indépendance du Liban, sa prospérité financière a généré une période que l’on a surnommée « l’âge d’or » qui n’aura duré qu’à peine trois décennies…
Proclamé le 1er septembre 1920 par le général Gouraud, le Grand Liban a élargi le Mont-Liban autonome en y intégrant Beyrouth, le port de Tripoli au nord et la région du Akkar, Saïda, le Liban-Sud (Jabal Amel), et la vallée de la Békaa avec Baalbeck, Rachaya et Hasbaya.
Ce Grand Liban est basé sur un tel pluralisme religieux qu’au fil des ans il a fini par regrouper dix-huit communautés religieuses. Chacune a progressivement acquis une identité culturelle et sociale propre, transformant la société libanaise en une mosaïque religieuse et socioculturelle. D’où une consolidation accrue du système politique fondé sur le confessionnalisme.
La création de ce Grand Liban est considérée comme une « tragédie » en faisant coexister des visions du monde radicalement opposées : le christianisme maronite, porteur d’une idée d’ouverture à l’Occident ; l’identité islamique (sunnite et chiite), enracinée dans des projets arabo-islamiques, méfiante à l’égard des influences occidentales.
Ces divergences sont profondes et traduisent des conceptions antinomiques de la justice, de la liberté et du rôle du sacré dans la société.
Comment la France, mère de la laïcité, a-t-elle pu concevoir un tel système dans un si petit pays truffé de 18 communautés ? Bref, les Français, clamant haut et fort assurer la protection des chrétiens du Liban, s’en sont lavé les mains.
Par ailleurs, les chrétiens ne se considèrent pas comme arabes et rattachent leur héritage aux royaumes cananéen et phénicien. Ce sont les musulmans qui s’identifient comme arabes. Ils sont issus de populations régionales arabisées ou islamisées au fil des siècles, notamment à partir du VIIe et VIIIe siècle, avec des vagues migratoires successives depuis la péninsule Arabique.
Par la suite, avec la présence des Palestiniens et des Syriens, la mosaïque est devenue inextricable.
La volonté d’indépendance du Liban a été précipitée par la Grande-Bretagne, qui a fait pression sur la France pour reconnaître l’indépendance du Liban et de la Syrie afin de limiter l’influence française dans la région.
Dans la déclaration de Balfour du 2 novembre 1917, le gouvernement britannique qui contrôlait la Palestine approuvait la création d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine. Plus d’un siècle s’est écoulé depuis, et la création de l’État d’Israël a changé toute l’histoire du Proche-Orient. Ce document est la pierre angulaire de l’Israël moderne. Les Israéliens n’ont toujours pas eu la paix… L’auront-ils jamais ?
En fin de compte, en tant que « pays », le Liban aura « existé » tout au plus, trois décennies. Ces quelques années qui lui vaudront l’appellation de « Suisse du Moyen Orient ».
À ce jour… Il faut bien le dire et le reconnaître : le Liban n’est pas un pays, c’est une arène. La déliquescence de l’État a transformé le pays en une « arène ouverte », un champ de bataille par procuration, une scène de confrontation pour les puissances régionales et internationales.
Le Liban est un puzzle aux pièces manquantes, un puzzle rafistolé à maintes reprises… Sans succès.
Quelle influence a encore le Liban aujourd’hui ? Elle est paradoxale, sinon quasi inexistante. Alors que ses structures étatiques et économiques subissent un effondrement historique, sa diaspora et son rayonnement culturel restent des piliers de la présence de notre pays dans le monde. Soit.
Mais est-ce cela un pays qui a une influence sur le reste du monde ? Je ne le crois pas. Reconnaissons quand même que la diaspora constitue le principal levier de survie du pays. Avec plus de huit millions au Brésil et des millions d’autres répartis mondialement, la diaspora dépasse largement la population du Liban. Elle constitue un soutien économique vital : les transferts de fonds en dollars fresh ont été la véritable « bouée de sauvetage » du pays, finançant les services de base (santé, éducation).
Nous avons cru qu’elle pèserait de manière décisive sur la politique intérieure, comme lors des élections législatives de 2022. Son influence s’est manifestée par une mobilisation record et un soutien marqué aux candidats du changement. Une grande partie de ces votants étaient porteurs d’une forte volonté de réforme.
Leur participation a contribué à l’élection de sept candidats du changement.
Et si ceux-ci n’ont rien changé, ils ont transformé l’espoir en amertume, la confiance en trahison. Ce qui est pire. Très vite, la supercherie s’est révélée. Derrière les discours enflammés, pas de vision, pas de cohérence. Juste des individus désunis, englués dans l’amateurisme qui, pour certains, ont profité de la « révolution » de 2019 pour servir leurs intérêts propres.
Aujourd’hui, la justice enquête sur les associations satellite de certains de ces « acteurs du changement ». Financements opaques, versements venus de l’étranger, conflits d’intérêts… Chaque jour apporte son lot de découvertes troublantes. La corruption est dans notre ADN.
Les dernières élections municipales ont confirmé qu’ils ne représentent plus rien. Discrédités, rejetés. Leur légitimité a fondu comme neige au soleil. Soit. La diaspora fait ce qu’elle peut.
Malgré nos innombrables crises successives (conflits, explosion du port, hyperinflation), la scène culturelle libanaise fait preuve d’une résilience remarquable. Le cinéma, la musique, le design et l’édition restent des vecteurs essentiels de l’image du Liban à l’étranger.
Des personnalités d’origine libanaise occupent des postes de premier plan dans les affaires, les sciences et les arts à l’échelle mondiale, maintenant un soft power constant. Cela ne nous sert pas à grand-chose : on est flattés, voire fiers… Ce n’est qu’un peu de baume au cœur…
Quid des défis persistants comme la pauvreté qui touche 80 % de notre population et une dévaluation massive de notre monnaie ?
Pendant ce temps, le Liban, lui, continue d’attendre ses vrais réformateurs.
Mais ce n’est pas, voire ce n’est plus de la résilience.
Le monde glorifie sans discontinuer « la résilience des Libanais »…
Nous ne sommes même pas dans le déni. Nous nous adoptons à tout. Bravo ? !
Non, nous acceptons tout. Pourquoi ? Comment ?
C’est ça le Liban… Point barre. Cette petite phrase résume notre abandon collectif, notre
non-respect des lois.
Elle sous-entend des fonctionnaires s’adonnant à la petite corruption, cette fameuse wasta qui signifie le recours à ces relations privilégiées avec des personnes haut placées, à savoir des intermédiaires pour accomplir des tâches illégales ou obtenir des faveurs.
Des gouvernements qui se succèdent sans rien changer. Des fonctionnaires nommés à des postes stratégiques en fonction de leur appartenance communautaire.
Comment expliquer la perduration d’un système politique maintes fois décrié, d’une équipe dirigeante majoritairement honnie ?
Il ne faut surtout pas chercher à comprendre. L’idée que ce pays est ainsi et qu’il n’en sera jamais autrement est tellement enracinée dans nos mentalités…
Mais le Liban n’est pas un pays. C’est une arène de guerre ouverte, jusqu’à ce qu’il soit spolié, dépouillé d’une partie de son territoire.
En attendant, l’ancienne « Suisse du Moyen-Orient » tente de se réinventer !
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des accusations insipides/. Depends how do you define "Arab".Genetically, modern Lebanese are primarily descendants of ancient Canaanite and Phoenician populations, not the Arabian Peninsula, showing strong genetic continuity from local Levant inhabitants. While they are culturally and linguistically Arab, studies indicate they are not descendants of the 7th-century Arab migrations, but rather Levantines with a distinct, stable genetic heritage.
17 h 21, le 23 avril 2026