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Politique - guerre au liban 2026

Israël et le Hezbollah s’affrontent près du village chrétien de Debel ; Netanyahyu veut un élargissement de la zone tampon au Liban-Sud

Le bilan des frappes israéliennes au Liban grimpe à 1 094 morts, le Hezbollah affirme pour la première fois avoir réussi à repousser un hélicoptère venu évacuer des soldats blessés.

Israël et le Hezbollah s’affrontent près du village chrétien de Debel ; Netanyahyu veut un élargissement de la zone tampon au Liban-Sud

Un soldat israélien est assis sur un char déployé en Haute Galilée, dans le nord d'Israël, près de la frontière libanaise, le 24 mars 2026. Photo Jalaa Marey / AFP

Les combats ont encore fait rage mercredi entre Israël et le Hezbollah au Liban-Sud, notamment près du village chrétien de Debel, alors que le conflit armé dure depuis trois semaines et demie, enterrant définitivement un cessez-le-feu imparfait qui avait duré plus d'un an.

Pour l'État hébreu, l'objectif n'a pas changé : il s'agit toujours d'occuper une partie du territoire libanais, officiellement pour désarmer le Hezbollah, alors que la guerre américano-israélienne déclenchée le 28 février contre l'Iran se poursuit malgré de maigres signaux d'un possible début de dialogue entre Téhéran et Washington.

Lors d’un échange avec les directeurs généraux des ministères et des responsables locaux du nord d’Israël, des responsables ont indiqué que l’État hébreu était en train d’élargir sa « zone tampon » au Liban, principalement pour éloigner la menace « antichar » représentée par les combattants du parti chiite et éviter une nouvelle évacuation des habitants du nord d'Israël, comme cela s’était passé lors de la précédente guerre en 2023/2024.

Selon la chaîne israélienne Channel 14, Israël a décidé de déplacer sa « ligne de défense opérationnelle » à au moins 8 km de la frontière afin de contrôler toute la zone jusqu’au fleuve Litani. L’armée israélienne souhaite également établir 18 avant-postes « pour créer un point d’ancrage permanent et empêcher le Hezbollah de réorganiser ses infrastructures terroristes ».

Selon les informations du terrain relayées par notre correspondant régional, Mountasser Abdallah, Israël a ainsi multiplié les bombardements sur plusieurs localités du Liban-Sud, après avoir détruit les ponts traversant le Litani, à 30 km de la frontière au niveau de la côte, et tente de progresser sur de nouveaux fronts. Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a appelé les habitants de maqâm de Nabi Qassem, de Qasmiyé, Borgholiyé, Borj Rahal, Dahr Amoud, Chabriha, à évacuer les lieux. Vers 23 heures mercredi, le quotidien Annahar a fait état d’avancées significatives de l’armée israélienne sur plusieurs points au Liban-Sud, une information que nous n’avons pas encore été en mesure de confirmer

En tout, plus d'une vingtaine de villes et villages ont été bombardés dans la journée de mercredi et jusque dans la soirée, parfois à plusieurs reprises. Trois membres d'une même famille issue de la localité frontalière de Hanine ont été tués par une frappe israélienne dans la maison où ils logeaient à Bayssariyé, dans le caza de Saïda, à plusieurs dizaines de kilomètres du front, et une quatrième victime blessée était encore dans un état critique. Cinq autres personnes ont perdu la vie le même jour, à Harouf et Kounine. En soirée, notre correspondante Sarah Abdallah a indiqué qu’Israël avait mené une attaque aérienne visant les environs de la localité de Zelaya, dans la Békaa-Ouest.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban a grimpé à 1 094 morts, a indiqué mercredi le ministère de la Santé, qui a condamné la frappe israélienne de la veille ayant tué deux ambulanciers à Nabatiyé. Le ministère a ajouté que 42 secouristes ont été tués par l'armée israélienne depuis le début de la guerre, ce qui constitue « une entrave délibérée aux opérations de sauvetage et une violation flagrante du droit humanitaire international ».

En fin de journée, une frappe aérienne a visé un chalet situé sur la route de Srira-Dallafa, blessant un employé syrien. Ce même chalet à Hasbaya avait été visé lors de la guerre précédente en 2024. Le caméraman Ghassan Najjar et son technicien Mohammed Reda, employés par la chaîne d'information pro-Iran Al-Mayadeen, basée à Beyrouth, ainsi que le journaliste Wissam Qassem, de la télévision du Hezbollah Al-Manar y avaient été tués. Une autre frappe sur la localité de Harouf a visé la maison du Cheikh Hussein Naji, qui a été tué avec son épouse.

La situation à Debel

Apparemment encore bloquée dans les localités frontalières de Taybé, Khiam ou encore Kaouzah, l’armée israélienne a tenté mercredi une percée par le village chrétien de Debel.

« L’armée israélienne s’approche des alentours de notre village, ainsi que de ceux de Kaouzah et de Aïta el-Chaab. Nous n’osons pas sortir la tête. C’est la guerre, personne ne comprend rien », nous a confié un habitant du village en milieu de journée. Dans un communiqué, la municipalité a affirmé que l'armée israélienne se trouvait toujours aux abords de la localité et n'avait pas réussi à y pénétrer. Elle a également indiqué que les forces de sécurité libanaises étaient déployées dans le village, qui compte environ 1 770 habitants.

En fin de journée, le moukhtar (fonctionnaire local) de Debel a démenti les informations rapportées par les médias locaux affirmant que des soldats israéliens se trouvaient dans le village. « Je me tiens devant l'église de Mar Gergés (Saint Georges) dont les médias ont parlé en disant qu'il y a des Israéliens, des soldats israéliens. Il n'y a rien de tout cela », a-t-il affirmé dans un message vidéo, sur fond de bombardements au loin, aux côtés de membres de la municipalité. « Le village est rempli de ses habitants et nous subissons les bombardements alentours. Nous attendons que l'État trouve une solution », a-t-il renchéri.

Le Hezbollah, qui a fait état d'un nombre d'opérations particulièrement élevé mercredi (plus de 70 avant 23 h locales, un record depuis le début de la guerre) contre le territoire et des positions de soldats israéliens, a indiqué avoir pris à plusieurs reprises pour cible des militaires tentant d'avancer vers Debel, ainsi qu'au moins huitchars Merkava à proximité du réservoir d’eau de la localité entre midi et 20 h.

C'est sans doute sur le front de Taybé qu'ont eu lieu les combats les plus acharnés. Le Hezbollah a notamment fait état de plusieurs attaques de drones lancées contre des soldats israéliens, ainsi que des attaques contre des forces tentant de remorquer des véhicules détruits – dont un char. Le parti-milice chiite a même tiré des roquettes vers Israël depuis la localité. En fin de journée, l'armée israélienne était en train de faire contre-pression en faisant intervenir des hélicoptères, après avoir effectué plusieurs frappes par son aviation et son artillerie pendant la journée.

Tirs d'une centaine de roquettes

Des combats moins soutenus mais intenses se sont produits à Kaouzah, à plus de 750 mètres d’altitude, ou encore à Khiam, qui avait aussi été un des principaux fronts pendant la précédente guerre. Parmi les faits d'armes qui sortent le plus du lot, le parti pro-iranien a notamment contraint un hélicoptère venu évacuer des soldats blessés à se replier sur Kaouzah. Le Hezbollah affirme avoir tiré plus d'une centaine de roquettes contre des soldats israéliens, notamment à Kaouzah et Naqoura, où Israël tente une autre percée.

Le parti chiite a enfin tiré sur des positions israéliennes dans une dizaine de lieux, villes et localités du nord d'Israël comme Kyriat Shmona, Nahariya, Karmiel, Misgav Am ou la zone des Krayot, au nord de la ville de Haïfa.

L'armée israélienne a, de son côté, déclaré avoir appréhendé un commandant des « brigades de la résistance », milice liée au Hezbollah ouverte aux non-chiites, à proximité de la frontière nord d'Israël, et affirmé avoir « éliminé au sol » une cellule du Hezbollah « immédiatement après le tir d’un missile antichar contre une unité au Liban-Sud ». Elle a également revendiqué une frappe qui avait eu lieu entre mardi et mercredi dans la banlieue sud de Beyrouth, assurant avoir ciblé un centre de commandement du Hezbollah.

L'armée israélienne a aussi affirmé avoir trouvé « des documents internes du Hamas dans la bande de Gaza qui montrent comment le mouvement a obtenu l’accord du Hezbollah pour s’implanter dans différentes zones du Liban, avec la coopération totale du Hezbollah et sous l’orientation de l’Iran », sans pour autant dévoiler ces documents. Elle a enfin indiqué avoir frappé des sites de fabrication d'armes aériennes et navales à Téhéran pour les proxys iraniens, dont le Hezbollah.

Les combats ont encore fait rage mercredi entre Israël et le Hezbollah au Liban-Sud, notamment près du village chrétien de Debel, alors que le conflit armé dure depuis trois semaines et demie, enterrant définitivement un cessez-le-feu imparfait qui avait duré plus d'un an.Pour l'État hébreu, l'objectif n'a pas changé : il s'agit toujours d'occuper une partie du territoire libanais, officiellement pour désarmer le Hezbollah, alors que la guerre américano-israélienne déclenchée le 28 février contre l'Iran se poursuit malgré de maigres signaux d'un possible début de dialogue entre Téhéran et Washington.Lors d’un échange avec les directeurs généraux des ministères et des responsables locaux du nord d’Israël, des responsables ont indiqué que l’État hébreu était en train...
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