La façade du département du Trésor américain à Washington. Photo d'illustration/AFP
Le Trésor américain a annoncé jeudi des sanctions inédites visant un responsable au sein de la Sûreté générale et un autre au sein de l’armée libanaise. Sept autres personnes sont également concernées, parmi lesquelles des cadres du Hezbollah et l’ambassadeur iranien à Beyrouth, accusés d’« entraver le processus de paix (avec Israël) dans le pays et de faire obstacle au désarmement du Hezbollah ».
Ces personnalités « font avancer l’agenda du Hezbollah au détriment du gouvernement légitime et du peuple libanais, toutes régions et confessions confondues », a affirmé le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor. Le Hezbollah rejette catégoriquement tout désarmement, ainsi que les négociations directes avec Israël, engagées par l’État libanais le mois dernier pour tenter de mettre fin à la guerre israélienne dévastatrice au Liban-Sud.
« Soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais »
Parmi les sanctionnés figurent trois députés et cadres du Hezbollah : Hassan Fadlallah, Ibrahim Moussaoui et Hussein Hajj Hassan, ainsi que l’ancien ministre et chef du conseil exécutif du parti, Mohammad Fneich. L’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, ainsi que deux responsables du mouvement chiite Amal, Ahmad Assaad Baalbaki et Ali Ahmad Safaoui, sont également visés.
Fait notable, la liste inclut aussi deux responsables sécuritaires libanais : le chef du département de la sécurité nationale de la Sûreté générale, le général de brigade Khattar Nassereddine, et le chef de la branche de la banlieue sud de la direction du renseignement de l’armée libanaise, le colonel Samir Hamadi.
Le Hezbollah aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais, à savoir les Forces armées libanaises et la Direction générale de la Sûreté générale », affirme le Trésor américain. Tous deux, ainsi que M. Chibani et les responsables d’Amal, sont sanctionnés pour avoir « apporté un soutien matériel, financier, technologique ou logistique au Hezbollah, ou fourni des biens ou services au groupe ou en sa faveur ».
Le Trésor américain précise le rôle de chacun des cadres du Hezbollah. Mohammad Fneich est ainsi accusé « de réorganiser la structure administrative et institutionnelle du groupe afin de soutenir sa mission consistant à maintenir une présence armée au Liban ». Hassan Fadlallah, quant à lui, « représente le Hezbollah au Parlement libanais depuis 2005 ». « Il a également contribué à la fondation de la radio Al-Nour, sanctionnée par les États-Unis, et a occupé un poste de haut responsable au sein de la chaîne Al-Manar, également sanctionnée par Washington ». Ibrahim Moussaoui « dirige actuellement la commission des médias du parti et siège également au Parlement ». Hussein Hajj Hassan est, lui, « membre du Hezbollah depuis 1982 et représente le mouvement au Parlement depuis 1996 ». Pour le Trésor américain, « en tant que représentant public du Hezbollah, Hajj Hassan a joué un rôle majeur dans l’opposition au désarmement du groupe ». Il note également que l'ambassadeur iranien avait fait l'objet d'une demande de l'État de quitter le territoire en mars, dans la foulée de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale le 2 mars aux côtés de l'Iran, non exécutée par le diplomate.
« Tous les biens et les intérêts détenus par les personnes désignées ou bloquées mentionnées ci-dessus, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines, sont gelés et doivent être signalés à l’OFAC », précise encore le Trésor américain.
Ces sanctions inédites interviennent à l'heure où les États-Unis parrainent les négociations directes entre Tel-Aviv et Beyrouth, et se disent prêts à aider le Liban dans le désarmement du parti-milice, souhaité depuis août 2025 par l'État libanais. Une réunion militaire doit se tenir le 29 mai à Washington dans ce cadre.



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