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Nos lecteurs ont la parole

De la Guadeloupe à Téhéran : l’éternel retour du cynisme géopolitique

L’histoire nous lègue des leçons brutales que nous feignons trop souvent de découvrir. Le sommet de la Guadeloupe de janvier 1979 en fut le point de bascule séminal : les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne de l’Ouest y ont froidement acté le sacrifice du chah, ouvrant la voie à la révolution islamique pour préserver leurs intérêts énergétiques et stratégiques. Ce précédent éclaire violemment nos crises actuelles : il révèle un monde où les calculs de puissance et la logique financière priment systématiquement sur la dignité humaine.

En tant qu’éducateur, mon regard est imprégné d’une amertume profonde. Face au tumulte des crises mondiales, la colère et l’impuissance deviennent inévitables. Ma vision dépeint la réalité d’un capitalisme « sauvage » ou de « catastrophe », où les conflits sont cyniquement alimentés par des intérêts économiques. Le complexe

militaro-industriel a fait de la destruction un levier de profit permanent. Comme le rappelle le bon sens populaire : quand l’argent parle, les intérêts écoutent et les bombes explosent. Nous vivons sous le joug de dirigeants dont la puissance se mesure trop souvent à l’aune du génocide et des complots.

À cette logique brutale s’ajoute aujourd’hui une dimension mystique inquiétante : une confrontation entre des franges évangélistes extrémistes, qui perçoivent ce chaos comme le prélude au retour du Messie, et un pouvoir iranien ancré dans l’attente eschatologique du Mahdi. Ce choc des messianismes transforme une guerre de ressources en un brasier apocalyptique.

Aujourd’hui, le cycle se répète de façon sanglante. Khomeiny est mort, et son successeur de longue date, Ali Khamenei, vient d’être assassiné. Son remplaçant potentiel n’arrangeant pas les intérêts américains, ces derniers ont une nouvelle fois choisi la force pour imposer un ordre nouveau et tenter de placer un pion qui servira leurs propres desseins économiques.

Je veux donc mettre en garde les prétendus alliés des États-Unis : votre fin sera identique à celle du chah. L’histoire prouve que la loyauté de Washington s’arrête là où ses intérêts commencent. Regardez Saddam Hussein, allié indispensable contre l’Iran avant d’être éliminé, ou Hosni Moubarak, pilier stratégique pendant trente ans avant d’être abandonné en quelques jours. Lorsque les intérêts changent, même les partenaires les plus fidèles sont sacrifiés sans hésitation sur l’autel de la Realpolitik.

Omar CHAALAL

Professeur de génie

des procédés et énergie

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L’histoire nous lègue des leçons brutales que nous feignons trop souvent de découvrir. Le sommet de la Guadeloupe de janvier 1979 en fut le point de bascule séminal : les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne de l’Ouest y ont froidement acté le sacrifice du chah, ouvrant la voie à la révolution islamique pour préserver leurs intérêts énergétiques et stratégiques. Ce précédent éclaire violemment nos crises actuelles : il révèle un monde où les calculs de puissance et la logique financière priment systématiquement sur la dignité humaine.En tant qu’éducateur, mon regard est imprégné d’une amertume profonde. Face au tumulte des crises mondiales, la colère et l’impuissance deviennent inévitables. Ma vision dépeint la réalité d’un capitalisme « sauvage » ou de...
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