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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban ne peut plus payer le prix des guerres des autres

La pire des tragédies pour un peuple n’est pas seulement la guerre, mais l’impuissance face à une guerre qu’il n’a pas choisie.

Aujourd’hui, ce sentiment traverse le Liban et sa diaspora. Les Beyrouthins, comme l’immense majorité des Libanais, sont des civils. Ils n’ont pas choisi la guerre. Ils n’ont jamais eu de sang sur les mains. Pourtant, ils se retrouvent une fois de plus exposés à la violence, à la peur et à l’incertitude.

Le Liban porte encore les blessures profondes de son histoire récente. Nous n’avons pas oublié l’assassinat de Rafic Hariri. Nous n’avons pas oublié Gebran Tueni. Nous n’avons pas oublié les journalistes, responsables politiques et citoyens anonymes qui ont payé de leur vie l’espoir d’un Liban libre et souverain.

Ces crimes ont profondément affaibli l’État et installé un cycle dangereux d’impunité et de violence.

Aujourd’hui, il est impossible d’ignorer une réalité fondamentale : aucun pays ne peut survivre durablement lorsque les décisions de guerre échappent à l’État. L’existence d’une force armée agissant en dehors de l’autorité nationale a entraîné le Liban dans une logique permanente de confrontation. En imposant une stratégie militaire qui dépasse les intérêts nationaux du pays, le Hezbollah a contribué à exposer le Liban et sa population à des crises dont les premières victimes sont les civils.

Mais aucune logique de confrontation ne peut justifier la destruction d’un pays ni l’exposition de sa population à la guerre.

Au-delà de la tragédie humaine, l’avenir économique même du Liban est en jeu. Depuis des décennies, le pays a construit un modèle fragile mais réel fondé sur sa diaspora, ses services, sa capacité d’ouverture et sa position de plateforme régionale. Des millions de Libanais vivent ou travaillent à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe, et soutiennent leurs familles grâce aux transferts financiers qui constituent l’un des principaux piliers de l’économie nationale.

Toute déstabilisation durable de la région, ou toute perte de confiance envers le Liban, menace directement cet équilibre vital pour des millions de familles.

Le Liban possède également des ressources considérables – humaines, intellectuelles et économiques – qui pourraient lui permettre de redevenir un acteur majeur de la région, notamment dans les domaines des services, de la finance et de l’exploitation future de ses ressources énergétiques en Méditerranée orientale.

Mais aucun pays ne peut reconstruire son avenir dans l’ombre permanente de la violence et de l’instabilité.

Face à cette situation, plusieurs principes doivent s’imposer pour préserver l’avenir du Liban :

– Protéger immédiatement les civils et empêcher que Beyrouth ne devienne un champ de bataille.

– Restaurer l’autorité exclusive de l’État libanais sur l’ensemble du territoire.

– Mettre fin à l’existence de milices armées et garantir que les armes soient exclusivement sous l’autorité de l’État.

– Retirer toute présence militaire étrangère du territoire libanais.

– Engager un cadre international de désescalade et de stabilisation, éventuellement accompagné d’un mécanisme multilatéral sous mandat des Nations unies.

Le Liban possède une diaspora exceptionnelle, des talents reconnus et une capacité de résilience qui a souvent surpris le monde. Mais aucun peuple ne peut reconstruire indéfiniment ce que la guerre détruit.

Le peuple libanais mérite un État souverain, capable de protéger ses citoyens et de décider seul de son destin.

Le Liban ne peut plus être condamné à payer le prix des guerres des autres.

Nada CHEHAB

Présidente du Forum des experts libanais, représentant des experts de la diaspora engagés dans les questions économiques, institutionnelles et de reconstruction du Liban

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

La pire des tragédies pour un peuple n’est pas seulement la guerre, mais l’impuissance face à une guerre qu’il n’a pas choisie. Aujourd’hui, ce sentiment traverse le Liban et sa diaspora. Les Beyrouthins, comme l’immense majorité des Libanais, sont des civils. Ils n’ont pas choisi la guerre. Ils n’ont jamais eu de sang sur les mains. Pourtant, ils se retrouvent une fois de plus exposés à la violence, à la peur et à l’incertitude. Le Liban porte encore les blessures profondes de son histoire récente. Nous n’avons pas oublié l’assassinat de Rafic Hariri. Nous n’avons pas oublié Gebran Tueni. Nous n’avons pas oublié les journalistes, responsables politiques et citoyens anonymes qui ont payé de leur vie l’espoir d’un Liban libre et souverain. Ces crimes ont profondément affaibli l’État et...
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Chehab nada

07 h 55, le 12 mars 2026

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    Chehab nada

    07 h 55, le 12 mars 2026

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