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Nos lecteurs ont la parole

La ville et le bourdonnement

Au Liban, le ciel n’est jamais vraiment silencieux. Depuis quelques années, les drones israéliens survolent quotidiennement le territoire, parfois à basse altitude, parfois à peine audibles, mais toujours présents. Leur bourdonnement s’est glissé dans la bande-son du pays, au point de devenir un bruit de fond parmi d’autres. Ce qui, ailleurs, évoquerait la guerre ou l’urgence fait, ici, partie de la routine urbaine.

Dans les rues de Beyrouth, de Saïda ou de Tyr, on distingue difficilement ce son mécanique des autres bruits familiers : le marchand de kaak avec sa clochette, les klaxons impatients, les appels des vendeurs ambulants, le grondement des générateurs. Le ronflement du drone se superpose à cette cacophonie, discret mais constant, comme une fréquence ajoutée à la ville. Les enfants jouent sans lever la tête, les cafés restent pleins, les conversations continuent. Au-dessus, pourtant, flotte un appareil militaire capable de tirer un missile à tout moment.

Ce paradoxe, une vie ordinaire sous un outil de guerre, résume une forme d’adaptation collective. Les premiers mois, le bruit suscitait tension et colère. Aujourd’hui, il déclenche à peine un regard. Les habitants ont intégré ces engins dans leur quotidien, comme s’il s’agissait d’un élément naturel, un composant du paysage sonore plutôt qu’une menace.

Cette normalisation ne traduit ni indifférence ni acceptation, mais une stratégie de survie psychologique. Le cerveau humain possède ce mécanisme de défense : lorsqu’un danger permanent ne peut être évité, il finit par l’apprivoiser pour préserver la stabilité mentale. Les Libanais n’ont pas choisi de vivre sous ces drones, mais ils ont appris à continuer malgré eux. Ils vivent, travaillent, rêvent, rient, sous un ciel qui rappelle sans cesse la fragilité de leur quotidien, parce que l’être humain, pour avancer, a la capacité de rendre supportable l’insupportable.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Au Liban, le ciel n’est jamais vraiment silencieux. Depuis quelques années, les drones israéliens survolent quotidiennement le territoire, parfois à basse altitude, parfois à peine audibles, mais toujours présents. Leur bourdonnement s’est glissé dans la bande-son du pays, au point de devenir un bruit de fond parmi d’autres. Ce qui, ailleurs, évoquerait la guerre ou l’urgence fait, ici, partie de la routine urbaine. Dans les rues de Beyrouth, de Saïda ou de Tyr, on distingue difficilement ce son mécanique des autres bruits familiers : le marchand de kaak avec sa clochette, les klaxons impatients, les appels des vendeurs ambulants, le grondement des générateurs. Le ronflement du drone se superpose à cette cacophonie, discret mais constant, comme une fréquence ajoutée à la ville. Les enfants jouent sans lever la...
commentaires (1)

No! No! Henry ! on ne s’adapte pas, on ne supporte pas… on reste là par désespoir… et avec l’espoir…

Yann Amar

11 h 37, le 20 décembre 2025

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Commentaires (1)

  • No! No! Henry ! on ne s’adapte pas, on ne supporte pas… on reste là par désespoir… et avec l’espoir…

    Yann Amar

    11 h 37, le 20 décembre 2025

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