Le commandant en chef de l’armée libanaise, Rodolph Haykal. Photo @Lebarmy/X
Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a affirmé samedi que « l’institution militaire demeure cohérente et solide grâce à la foi inébranlable de ses soldats dans leur mission et la sacralité de leur devoir, ainsi qu'à leur détermination à assurer la stabilité et la paix civile, en dépit des rumeurs et des campagnes de doute et de calomnie qui les visent ».
Les propos du général Haykal ont été tenus au cours d’une réunion exceptionnelle qu’il a présidée au siège du commandement de l'armée à Yarzé, en présence de l’état-major au complet, des commandants d’unités et de régiments opérationnels ainsi que de plusieurs officiers à l'occasion de la fête de l'Indépendance.
La rencontre a débuté par une minute de silence à la mémoire des « martyrs de l’armée et de la nation », les plus récents étant les deux militaires tués dans un raid le 17 novembre 2025 sur le quartier de Charawné à Baalbeck.
L’importance de l’unité interne
Au cours de la réunion, le général Haykal a félicité les officiers à l’occasion de la fête de l’Indépendance, exprimant l’espoir que cette « commémoration s’accomplira à travers la libération de l’ensemble des territoires libanais occupés ». Il a souligné « l’importance de l’unité interne face aux difficultés engendrées par les récents événements, notamment au niveau régional et leurs répercussions à l’intérieur du pays ». Pour lui, « l’unité et la solidarité des Libanais revêtent une importance primordiale durant cette phase, en particulier concernant le rôle national de l’armée, la nécessité de renforcer ses capacités, affirmer l’autorité de l’État sur tout le territoire, mettre fin aux agressions et faire cesser l’occupation israélienne des terres libanaises ».
Revenant sur le plan de l’armée dans la zone au sud du fleuve Litani, Rodolphe Haykal a fait savoir qu'il « progresse selon le calendrier établi ». « Les étapes franchies lors de la phase précédente constituent une réalisation majeure. L’institution a sacrifié de nombreux martyrs et blessés dans l’accomplissement de leurs devoirs, et nous devons honorer leur sang et leurs sacrifices. Nous devons également saluer la population du Sud pour son soutien à l’armée et à son rôle national », a-t-il ajouté.
Le commandant en chef de l'armée a par ailleurs précisé que « le Liban reste attaché à l’accord de cessation des hostilités et à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, en coopération avec la Finul ». Il a insisté sur le fait que « les unités militaires accomplissent pleinement leur mission avec le plus haut degré de professionnalisme dans l’ensemble du pays ».
Les soldats libanais ont notamment pour mission de désarmer les milices, en particulier le Hezbollah, affaibli par sa dernière guerre avec Israël. Cette mission a débuté au sud du Litani, où le Hezbollah ne s’oppose pas au démantèlement de son infrastructure. Cependant, le parti chiite refuse d’abandonner ses armes dans le reste du Liban, où le désarmement sous la direction de l’armée devrait commencer début 2026.
Le général Haykal a enfin révélé que l’institution militaire restait attachée à ses relations avec les pays et armées amis et à rechercher la coopération avec eux au service des intérêts de la troupe et de la nation.
Un an après la trêve négociée par les États-Unis et la France, la tension reste vive entre le Hezbollah et Israël. Les forces israéliennes occupent toujours au moins cinq collines du côté libanais de la frontière et mènent des frappes quasi quotidiennes dans le Sud et la plaine de la Békaa. Cette situation intervient alors que plusieurs rencontres prévues entre Rodolphe Haykal et des responsables américains à Washington ont été brusquement annulées. Plusieurs sénateurs américains ont exprimé leur mécontentement face à la gestion par l’armée libanaise du désarmement du Hezbollah. L’annulation de ces rencontres a été interprétée comme une marque de désapprobation de la part de Washington envers l’armée. Après le discours du chef de l'État Joseph Aoun, dans lequel il a affirmé depuis le Liban-Sud qu’il était prêt à engager le Liban pleinement et efficacement dans le processus de paix, le président américain Donald Trump s'est dit prêt à l'inviter à la Maison Blanche.



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L’armée demeure solide et cohérente, pour notre plus grand bonheur, en espérant que cela dure et nous prouve qu’elle est digne de notre confiance. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Des jours difficiles sont à venir et il est de notre intérêt de croire qu’elle est inébranlable et à la hauteur de la tâche. Bon courage jaïchna.
11 h 55, le 24 novembre 2025