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Nos lecteurs ont la parole

Lettre ouverte à Sa Sainteté le pape Léon XIV

Très Saint-Père,

J’espère que ces mots vous parviendront en bonne santé.

Je me permets, très Saint-Père, de vous adresser cette lettre avec une grande joie et un profond respect, à l’approche de votre visite historique au Liban, prévue pour la fin de ce mois. Elle est attendue avec ferveur par tous les fidèles, qui voient en votre venue un message d’unité, de solidarité et, surtout, de paix.

Je souhaite également attirer votre attention sur la situation préoccupante de la curie au Liban, afin de souligner l’ampleur de l’anarchie, du désordre et encore plus de la corruption qui font souffrir une grande partie des croyants.

Très Saint-Père,

C’est avec une profonde douleur que je me fais le porte-voix de la souffrance de nombreux fidèles au sein de l’Église.

Un prêtre est censé être le représentant du Christ sur terre, c’est-à-dire qu’il doit prêcher la bonne nouvelle et attirer les âmes vers Dieu, non vers lui-même, par la parole et surtout par l’exemple – sans préjugé, sans jugement, sans rigidité d’esprit.

Un prêtre, ou tout(e) religieux(se), doit être marqué par la modestie ; il doit renoncer aux richesses du monde et posséder la sagesse nécessaire pour accompagner chaque personne avec discernement et bienveillance.

Puisque, dans notre réalité, il existe, à côté des opprimés véritables, des personnes qui feignent l’être.

De même, à côté des victimes de violence physique, verbale ou morale, se trouvent celles qui simulent ces souffrances.

Ces individus, que la psychologie moderne qualifie de narcissiques, sont souvent des manipulateurs habiles : ils se posent en victimes, excellent dans le mensonge et inversent la vérité.

En réalité, ces narcissiques sont des coupables – parfois même des criminels – qui renversent les rôles en accusant d’innocentes personnes de leurs propres fautes, voire de leur propre « meurtre », pour continuer à se plaindre et à plaire…

La question est la suivante : quel est le rôle des prêtres face à cela ?

Souvent, ils sont les confesseurs de ces âmes. Mais lorsqu’ils exercent un pouvoir – dans une école, une paroisse, un diocèse ou un tribunal ecclésiastique –, il arrive qu’ils se laissent aller à juger les fidèles, à les blâmer ou à les accuser sans preuves, mais uniquement sur la seule base d’apparences ou de paroles mensongères de personnes manipulatrices.

Ce comportement, très Saint-Père, est contraire à la morale chrétienne et au vrai sens de la justice.

Il est vrai que tout pouvoir est exposé à la tentation de l’arrogance, du favoritisme et de la corruption.

Au Liban, prêtres et religieux(ses) détiennent une grande autorité – ils sont donc, eux aussi, exposés. Mais ne devraient-ils pas recevoir une formation qui les prémunisse contre ces dérives ? Ne devraient-ils pas bénéficier d’une éducation qui les rende plus vigilants face aux tentations du monde ?

Combien de prêtres, par exemple, s’improvisent médiateurs dans les conflits conjugaux sans avoir la moindre connaissance en psychologie !

Et ce au lieu d’orienter les couples vers des spécialistes, ils interviennent en imposant leurs propres doctrines, parfois mal fondées, aggravant ainsi les tensions et prenant parti pour le plus fort – souvent à l’aveuglette.

Certains vont même jusqu’à s’ériger en pédagogues auprès des enfants, après avoir écouté un seul parent – souvent le bavard, voire le menteur.

Aussi, de telles interventions ne mènent pas à la réconciliation, mais à l’injustice, où la partie empathique se voit condamnée au nom de la religion.

Le pouvoir des religieux atteint son apogée dans les tribunaux ecclésiastiques et les diocèses. Là, certains se prennent pour des dieux.

N’est-il pas vrai que le sort des fidèles dépend parfois du tempérament de ces « juges », ou de l’impression que leur laisse une partie manipulatrice ?

Ainsi, la personne honnête, qui parle avec franchise, peut être mal jugée, tandis que la personne narcissique, calme et faussement posée, gagne la faveur des juges – même contre toute évidence.

Très Saint-Père,

Je conclus en regrettant profondément que certains de ces prêtres exploitent la souffrance des familles en détresse, prenant parti au lieu de rendre une justice impartiale.

Souvent, ils penchent en faveur de la femme, même lorsqu’elle n’est pas digne de la garde des enfants, et qu’elle représente par conséquent un danger pour leur équilibre psychologique et leur avenir.

Comment remédier à ce vice, très Saint-Père ?

La sanction est parfois le seul moyen de corriger un comportement.

Tant que les coupables d’abus au sein du corps ecclésiastique demeureront impunis, il se dégradera davantage.

C’est pourquoi je me permets de suggérer la création, sous votre autorité, d’un comité de surveillance chargé de suivre le travail des prêtres et des religieux(ses), afin qu’ils (1) ne deviennent plus une cause d’éloignement de l’Église, mais un instrument de conversion et de paix ; (2) que, dans les tribunaux ecclésiastiques, ils fassent véritablement régner la justice, en tenant compte avant tout de l’intérêt supérieur des enfants.

Ainsi, plus personne ne sera opprimé par des jugements injustes, et nul n’aura plus à dire : « Mon crime est l’innocence. »

Veuillez agréer, très Saint-Père, l’expression de mon profond respect et de ma filiale dévotion.

Avocate à la cour

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Très Saint-Père,J’espère que ces mots vous parviendront en bonne santé.Je me permets, très Saint-Père, de vous adresser cette lettre avec une grande joie et un profond respect, à l’approche de votre visite historique au Liban, prévue pour la fin de ce mois. Elle est attendue avec ferveur par tous les fidèles, qui voient en votre venue un message d’unité, de solidarité et, surtout, de paix.Je souhaite également attirer votre attention sur la situation préoccupante de la curie au Liban, afin de souligner l’ampleur de l’anarchie, du désordre et encore plus de la corruption qui font souffrir une grande partie des croyants.Très Saint-Père,C’est avec une profonde douleur que je me fais le porte-voix de la souffrance de nombreux fidèles au sein de l’Église.Un prêtre est censé être le représentant du Christ...
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J'ai aimé vous lire Madame.

KHL V.

14 h 42, le 25 novembre 2025

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  • J'ai aimé vous lire Madame.

    KHL V.

    14 h 42, le 25 novembre 2025

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