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Politique - Diplomatie

Salam : Le Liban, prêt à dialoguer avec Israël, va solliciter une médiation américaine

Pour désarmer plus rapidement le Hezbollah, il faut recruter plus de militaires et mieux les payer, affirme le Premier ministre libanais dans un entretien avec Bloomberg.

Salam : Le Liban, prêt à dialoguer avec Israël, va solliciter une médiation américaine

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, lors d'une interview avec Bloomberg, le 20 novembre 2025. Capture d'écran Bloomberg

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a réitéré que le Liban était prêt à dialoguer avec Israël et solliciterait l'aide des États-Unis pour faciliter les négociations, estimant que les raisons pour lesquelles Tel-Aviv n'a pas encore répondu à cet appel à négocier était « un mystère » pour lui. Dans une interview publiée jeudi par l'agence Bloomberg, il a par ailleurs assuré que le désarmement du Hezbollah « suit son cours », tout en appelant à mieux équiper l'armée libanaise, à l'heure où l'Etat hébreu intensifie ses frappes aériennes contre le parti chiite au Liban-Sud.

« Je réitère ma proposition de négocier avec Israël », a déclaré M. Salam, se disant convaincu qu'une solution diplomatique est possible. Or, déplore-t-il, les appels lancés par Beyrouth depuis mi-octobre, lorsque le président libanais Joseph Aoun a ouvert la porte à des pourparlers, sont restés sans réponse. « C'est un mystère pour moi. Ils demandent des négociations et, lorsque nous nous montrons prêts, ils refusent de nous rencontrer », a-t-il déclaré. « C'est un point que j'aborderai avec les Américains », a ajouté le chef du gouvernement.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé pour sa part à plusieurs reprises que la négociation reste la seule voie pour rétablir la stabilité dans le Sud et dans le pays. Début novembre, le Hezbollah avait réitéré quant à lui son opposition à son désarmement, et exprimé son refus de « négociations politiques » avec Israël.

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Un an après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu négocié par les États-Unis et la France entre Israël et le Hezbollah, les tensions restent vives. L'Etat hébreu s'est acharné mercredi sur le Liban-Sud, frappant plusieurs localités de la région, après des avertissements et des appels à évacuer lancés en ligne, et a tué 13 jeunes dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué mardi soir.

Le désarmement « suit son cours »

Abordant la question du désarmement du parti chiite, Nawaf Salam a assuré que cette opération « suit son cours » et que l'armée libanaise renforce sa présence au Liban-Sud, notamment dans les zones frontalières avec Israël. Il a par ailleurs précisé que la première phase de ce processus, axée sur le Liban-Sud, devrait être finalisée d'ici la fin du mois, tandis que Beyrouth et la vallée de la Békaa seront concernées dans les phases ultérieures. Le Premier ministre a par ailleurs assuré que c'est Israël qui ne respecte pas les termes de l'accord de cessez-le-feu.

Israël et les Etats-Unis accusent le gouvernement libanais de ne pas respecter ses engagements, qui exigent un désarmement rapide du parti chiite. C'est dans ce contexte que les Etats-Unis avaient annulé mardi les rendez-vous du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, qui était attendu à Washington, l'administration américaine reprochant à la troupe de ne pas être assez active pour démanteler l'arsenal du Hezbollah.

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S'exprimant à propos du travail de l'armée, Nawaf Salam a encore évoqué les défis rencontrés par la troupe, qui parallèlement au désarmement doit se déployer dans toute la bande frontalière. « Pourquoi ne pouvons-nous pas agir plus vite ? Premièrement : nous devons recruter davantage de soldats, mieux les équiper et augmenter les salaires des militaires », a affirmé M. Salam. Bien que le gouvernement libanais affirme ne pas disposer de preuves des tentatives de réarmement du Hezbollah, le Premier ministre a déclaré que l'armée devait rester vigilante et avait renforcé son contrôle sur les routes de contrebande, notamment à la frontière syrienne.

Concernant en outre l'occupation israélienne d'au moins six collines du côté libanais de la frontière, malgré que le retrait total de ses troupes soit prévu dans l'accord de trêve de novembre 2024, Nawaf Salam a assuré que les positions occupées « n'ont aucune valeur militaire ou sécuritaire. C'est un moyen de pression sur les Libanais ».

C'est dans ce cadre de tensions autour de la situation dans le Sud que dans des déclarations jeudi à la chaîne al-Jadeed, l'ambassadeur égyptien à Beyrouth, Alaa Moussa, a insisté sur l'importance de « désamorcer les tensions actuelles au Liban ». « Si la situation perdure, le risque d'une escalade plus importante augmente », a-t-il averti. M. Moussa a ajouté que « le monopole des armes par l'Etat libanais est inévitable et il n'est plus à débattre », soulignant que le dossier libanais a été abordé mardi lors d'un appel entre le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdellaty, et son homologue français, Jean-Noël Barrot.

Collaboration avec le FMI

Commentant la crise économique et la refonte du secteur financier, Nawaf Salam a déclaré que le gouvernement progresse sur un projet de loi visant à combler un déficit estimé à 80 milliards de dollars dans le secteur financier, ce qui, espère-t-il, permettra de débloquer des fonds indispensables auprès du Fonds monétaire international (FMI). Il a par ailleurs déclaré que si le Liban « parvenait à obtenir trois ou quatre milliards de dollars, ce serait un véritable exploit ». « Nous avons un besoin urgent de ces fonds », a-t-il ajouté. « Faire partie d'un programme avec le FMI est, pour les investisseurs, publics comme privés, un gage de la solidité de votre situation financière. », a encore souligné le Premier ministre, au lendemain de la clôture de la conférence Beirut One, au cours de laquelle il avait déclaré que la stabilité et la sécurité du Liban sont essentielles pour attirer les investissements au Liban.

Le Liban collabore par ailleurs avec la France et l'Arabie saoudite à l'organisation d'une conférence des donateurs afin de soutenir la reconstruction et le redressement du pays, a précisé M. Salam. Il a en outre affirmé qu'une opportunité de changement se présentait dans la région et que le Liban « ne laisserait pas passer cette chance ».

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a réitéré que le Liban était prêt à dialoguer avec Israël et solliciterait l'aide des États-Unis pour faciliter les négociations, estimant que les raisons pour lesquelles Tel-Aviv n'a pas encore répondu à cet appel à négocier était « un mystère » pour lui. Dans une interview publiée jeudi par l'agence Bloomberg, il a par ailleurs assuré que le désarmement du Hezbollah « suit son cours », tout en appelant à mieux équiper l'armée libanaise, à l'heure où l'Etat hébreu intensifie ses frappes aériennes contre le parti chiite au Liban-Sud.« Je réitère ma proposition de négocier avec Israël », a déclaré M. Salam, se disant convaincu qu'une solution diplomatique est possible. Or, déplore-t-il, les appels lancés par Beyrouth depuis mi-octobre, lorsque le président...
commentaires (12)

Quel mystère?? Àn'en point douter, ça prouve à quel point le prédateur vous respecte

Hitti arlette

15 h 22, le 21 novembre 2025

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Commentaires (12)

  • Quel mystère?? Àn'en point douter, ça prouve à quel point le prédateur vous respecte

    Hitti arlette

    15 h 22, le 21 novembre 2025

  • Cher Nawaf, tu le sais mieux que personne : pour négocier en tant que chef d’État et homme d’État, il faut avoir un État et représenter un État. Mais malheureusement, vous n’avez ni État ni pouvoir. Le pouvoir appartient au Hezbollah et à ses armes. Par conséquent, vous n’êtes pas dignes de négocier au nom d’un pays qui ne vous appartient pas. Et je sais que la vérité te fait mal. Dis-le clairement et à haute voix, et ne tombe pas dans le jeu des autres !

    Khal

    11 h 15, le 21 novembre 2025

  • Toujours des excuses Mr le Premier Ministre. Beaucoup de décisions et d'actions de votre part peuvent améliorer la vie des Libanais sans trop de financement. Tous ces employés qu'on paient toujours et qui ne foutent rien, c'est pas la faute a Israël ou les Etats Unis. Vous nous taxez pour payer des vaux riens et le service publique est le dernier de vos soucis.

    Ma Realite

    08 h 42, le 21 novembre 2025

  • "Le désarmement du Hezbollah suit son cours"? On aimerait savoir combien de missiles ont été saisis.

    Yves Prevost

    07 h 45, le 21 novembre 2025

  • Le juge Salam dit les choses telles qu’elles sont et on le remercie pour cela, c’est une qualité bien rare chez nous. Une seule remarque concernant les preuves du réarmement de la milice. Ce brave Naïm nous répète inlassablement dans son sketche hebdomadaire que ses hordes conquérantes se sont reprises et qu’elles sont préparées, avec l’aide de Dieu bien sûr, à de nouvelles victoires divines. Ça mériterait bien qu’il soit interrogé ce monsieur. Mais c’est impossible dira-t- on puisqu’il est introuvable le vaillant guerrier. Un dicton libanais dit la fuite est le meilleur des défis.

    Goraieb Nada

    06 h 43, le 21 novembre 2025

  • Rééquiper l’armée Libanaise je dis oui mais il faut aussi en changer la doctrine et sans doute beaucoup de ses commandants nourris à la sauce Baasiste alors que cette doctrine est caduque. Il faut redéfinir comme ennemi celui qui phagocyte l’état aussi bien à l’intérieure qu’a l’extérieur

    Liban Libre

    21 h 19, le 20 novembre 2025

  • Un premier Ministre que l’on croyait faible mais qui fait preuve, de courage, d’ouverture et de vison et un président que l’on disait fort car militaire qui démontre malheureusement chaque jour qu’il fait partie du système honni et qu’il n’est pas capable de prendre les décisions qui s’imposent pour nous faire sortir du cercle vicieux. Les 2 têtes de l’exécutif doivent absolument travailler de pair

    Liban Libre

    21 h 15, le 20 novembre 2025

  • Allez y Monsieur le Premier Ministre et lancez les négociations avec ou sans l’accord du président. N’est ce pas la mode en ce moment où le président de la chambre se prend pour l’empereur pour nous anéantir et un président qui observe un silence assourdissant à ses agissement et se rebelle contre ceux qui veulent nous sauver? Alors que la fête commence et que chacun dans son coin, tire sur l’élastique jusqu’à, soit, le rompre soit qu’il lui revienne dans la tronche. Le problème est que ce sont les libanais qui paient les conneries de ceux qui décident pour eux sans jamais les consulter.

    Sissi zayyat

    20 h 46, le 20 novembre 2025

  • Hormis le bla bla sur tous les sujets... Armes..négociations.etc..Que faites vous "CONCRETEMENT"?RIEN !! RIEN ...VOUS NE FAITES RIEN, bon sang...Vous agissez ..=> en paroles exclusivement.Vous ne vous faites même pas obéir par les forces de sécurité ( la grotte de raouché par ex? ). Pendant que vous parlez,J AOUN lui aussi parle et voyage:Il a vendu des "paroles" "de belles promesses" mais les promesses n'ont qu'un temps .Il faut passer à l'action et là?? RIEN RIEN RIEN.Même pour le mode du scrutin, il vous a fallu du temps pour réagir..et encore y a l'autre gars du parlement qui bloque tout

    LE FRANCOPHONE

    17 h 47, le 20 novembre 2025

  • P.M. SALAM, dialoguer avec Israel je le comprend. Choisir pour seul intermediaire l,Americain, c,est accepter avant le debut meme les seules propositions Israeliennes Trumpo-consacrees deja. Je ne proposerais pas d,ajouter quelques Arabesques Abrahamises ou soumis. Ca ne changerait rien. Quelques europeens ? Plus soumis que les soumis ? Qui Alors ? Je proposerais la seconde puissance mondiale : La Russie. J,ai plus confiance en les Libres et pesees propositions dictatorielles mais justes POUTINIENNES qu,en les combines pre-programmees Trumpo-Netanyahiennes. GARE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 23, le 20 novembre 2025

  • Israël ne veut pas la paix il veut le sud Liban coute que coute et le Hezbollah vendu aux iraniens il detruit son pays

    Eleni Caridopoulou

    16 h 34, le 20 novembre 2025

  • M. Le 1er ministre, pour empecher la projection (meme pas rassemblement) sur la grotte aux pigeons, il n'aurait fallu que de quelques soldats. Pas besoin pour cela de plus de moyens. La grotte aux pigeons a malheureusement servi de test des intentions. Le Liban Officiel a failli à ce test. Les circonvolutions avec le FMI montrent eux aussi que la classe politique n'est pas sérieuse. Aujourd'hui pour les négociations avec Israel et compte tenu de l'absence de progrès dans la réalisation des deux promesses du mandat, est ce que le Liban Officiel est sérieux ou c'est pour faire passer le temps?

    Moi

    15 h 39, le 20 novembre 2025

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