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Campus - Humanitaire

Le premier campus éphémère organisé par Bioforce au cœur de l’USJ

Le premier campus éphémère organisé par Bioforce au cœur de l’USJ

De gauche à droite : Bernard Sinou, président de Bioforce, Rima Mawad, directrice de l’école supérieure de travail social (USJ), Robert Gemayel, participant à la formation sur l’intelligence artificielle dans le travail humanitaire, et Marwa Harb, responsable senior de l’apprentissage chez DOT Lebanon. Photo DR

Depuis 40 ans, la stratégie de Bioforce (association spécialisée dans la formation et l’orientation professionnelles aux métiers de l’humanitaire) était de former plutôt des Européens qui accompagnaient les acteurs de l’humanitaire et de développement sur les terrains de crise et d’urgence. « Mais ce n’est plus le modèle d’intervention que l’on trouve actuellement, explique la directrice de Bioforce, Florence Villedey. Aujourd’hui, nous formons sur place les différents acteurs des organisations civiles solidaires, là où les crises se déroulent, dans un cadre de partage et de réflexion, en réponse aux besoins des professionnels qui travaillent auprès des populations, à travers ces campus éphémères qui constituent de véritables plateformes collectives d’échanges et de réflexion sur les crises actuelles. Or le Liban, situé au cœur d’une région fragile et volatile, offre aujourd’hui un espace unique pour partager des expériences, favoriser l’engagement de multiples acteurs et relever des défis communs, en veillant à ce que l’action humanitaire et de développement reste responsable et guidée par les priorités, les vulnérabilités des populations concernées. »  Face aux immenses défis humanitaires causés par des catastrophes (Mayotte, océan Indien) et aux besoins criants des populations vulnérables (santé, nourriture, eau, hygiène…), Bioforce a créé le projet Reach (Renforcement des acteurs des crises humanitaires), en partenariat avec la Croix-Rouge française et cofinancé par l’Agence française de développement (AFD), la Fondation Sanochi et l’Institut Mérieux. Le projet a été lancé pour la première fois ici même, au cœur de Beyrouth, en coopération avec l’USJ, avec qui Bioforce avait déjà mis en place un diplôme universitaire l’an dernier.  « Pour bien répondre à une crise, il faut une organisation solide et des individus compétents. Et le projet Reach répond à ce double besoin », explique Gaëlle Julien, coordinatrice de projets internationaux à Bioforce. Dispensé à travers ces campus éphémères, ce projet repose sur deux volets bien distincts : accélérer le travail de renforcement des organisations de la société civile (OSC) locales et nationales en diversifiant les outils et les modalités (plateforme régionale, renforcement mobile, diagnostics organisationnels, etc.) et favoriser la création d’un vivier de futurs professionnels humanitaires locaux qui seront capables de se déployer dans la durée, en s’appuyant sur l’expertise de Bioforce.

Une forte participation

 Dans le cadre de ce campus éphémère, le projet Reach a offert à plus de 64 organisations civiles ainsi qu’à leur personnel trois formations courtes, en coopération avec l’Université Saint-Joseph. « Vu le nombre élevé d’inscriptions, nous avons dû prioriser les acteurs locaux, notamment les ONG membres du projet et leur personnel, mais également inclure des organisations internationales, le but de ces campus éphémères étant d’asseoir autour de la table différents types d’acteurs pour qu’ils puissent échanger », précise Gaëlle Julien en présentant le programme de ces trois jours. Une première formation, animée par une formatrice de Bioforce, Serena Abi Khalil, concernait la levée de fonds et le financement des opérations humanitaires. La deuxième formation, orientée sur l’engagement communautaire inclusif dans l’action humanitaire, était animée par deux formateurs de l’USJ, Nora Daccache et Simon Bachawaty. Le troisième module a quant à lui abordé pour la première fois le rôle de l’intelligence artificielle dans le monde des organisations civiles. Il a été animé par une organisation partenaire, DOT. En parallèle à ces formations, des tables rondes ont eu lieu, autour du thème « Le Liban en tant que pivot central de cette région », où des acteurs sur place travaillant dans le domaine du secteur humanitaire ont été invités à animer ces panels pour réfléchir et proposer des moyens alternatifs de financement en l’absence d’aides extérieures, présentant toutes les initiatives qu’ils ont mises en place pour pallier ce manque (réduction de certains coûts, recherche de moyens de financement locaux…). Des séances de TED Talk, dont la thématique était « Youth and civil society engagements », ont également donné la parole à des jeunes Libanais qui travaillent dans le secteur du développement humanitaire et qui ont créé des initiatives inspirantes dans ce secteur. En parallèle, une exposition de stands réunissant toutes les ONG partenaires du projet Reach, actives dans divers secteurs à travers le Liban, a permis de mettre en contact les acteurs entre eux.

Renforcement des individus au sein de leur organisation

Toujours dans le cadre du programme Reach, un second projet plus structurant, financé par l’AFD, offre aux acteurs qui travaillent dans ce secteur un accompagnement continu tout au long de leur vie, à travers des formations courtes, à l’instar de ces campus éphémères. « Le but de ce projet est de permettre aux organisations de se structurer et de se développer suivant les objectifs pour lesquels elles se sont mises en place », explique Gaëlle Julien. « Au Liban, nous avons ciblé une dizaine d’organisations solidaires, à qui nous avons présenté un programme de renforcement de leurs capacités, leur permettant de réaliser un diagnostic de la situation de leur ONG sur leur territoire, d’évaluer leurs objectifs stratégiques, leur organisation, leurs modalités de fonctionnement et leur modèle économique », indique-t-elle, avant de conclure : « Les initiatives de renforcement des capacités des acteurs, adaptées aux zones touchées par les crises, sont devenues un moteur-clé garantissant que les interventions soient contextualisées et alignées sur les besoins des communautés concernées. Cette évolution améliore l’efficacité, la performance et la durabilité des programmes humanitaires et de développement. Et tels sont là les objectifs de Bioforce. »

Depuis 40 ans, la stratégie de Bioforce (association spécialisée dans la formation et l’orientation professionnelles aux métiers de l’humanitaire) était de former plutôt des Européens qui accompagnaient les acteurs de l’humanitaire et de développement sur les terrains de crise et d’urgence. « Mais ce n’est plus le modèle d’intervention que l’on trouve actuellement, explique la directrice de Bioforce, Florence Villedey. Aujourd’hui, nous formons sur place les différents acteurs des organisations civiles solidaires, là où les crises se déroulent, dans un cadre de partage et de réflexion, en réponse aux besoins des professionnels qui travaillent auprès des populations, à travers ces campus éphémères qui constituent de véritables plateformes collectives d’échanges et de réflexion sur les crises...
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